Quand on pense Degas (1834-1917), on pense au jolie petite danseuse en tutu blanc ou à l'opéra, mais Degas restera également célèbre pour ses pastels (moins contraignant pour son problème de vue que la peinture à l'huile)  de femme où l'observation et le réalisme atteignent à une crudité souvent démystifiante :



"Degas, écrit Huysmans, a jeté à la face de son siècle le plus excessif outrage, la femme qu'il avilit lorsqu'il la représente en plein tub, dans les humiliantes poses des soins intimes."
De son côté, Jean Cassou écrit : " Là s'exhale toute la misogynie d'un célibataire grognon..."
De cette époque datent : Femme dans son Tub (1880), Après le Bain (1883), Le Tub (1886), La Toilette (vers 1886), Après le Bain, Femme s'essuyant les Pieds (1886), Après le Bain, Femme nue s'essuyant le Cou (1895), etc.
Comme Manet, Degas, le "peintre des danseuses ", mais aussi des modistes, des champs de courses et des cafés, suscitera l'admiration de ses contemporains et le respect des jeunes artistes de son temps.

Degas est une personnalité trop indépendante pour pouvoir se fondre totalement dans le mouvement impressionniste. S'il en est historiquement une des pièces maîtresses, ce qui le lie au mouvement impressionniste, c'est bien plus son esprit frondeur, anticonformiste, son goût de la modernité et le désir d'une peinture contemporaine, que ses conceptions artistiques qui sont souvent en opposition avec celles des impressionnistes.

Degas ne cessa toute activité artistique qu'à partir de 1911, lorsqu'il devint tout à fait aveugle.

Né en 1834 à Paris, il était le fils d'un riche banquier, d'Auguste de Gas. Son vrai nom était
Il était, lui, dépourvu des problèmes matériels.
De 1845 à 1853 il étudie au célèbre lycée Louis-Le-Grand et abandonnera les cours de la faculté de droit. Il veut devenir peintre. Il fait d'abord un stage dans l’atelier du peintre Félix Joseph Barrias où il copie des œuvres de la Renaissance.Son père  qui fait preuve de compréhension quant au choix de son fils, l'amène souvent, le Dimanche, au Louvre. Degas est dans un milieu favorable a ses ambitions artistiques
Il s’inscrit dans l'atelier de Louis Lamothe,un élève d'Ingres. En 1855, il fait la connaissance de ce grand et vieux maître qui l'encourage à faire "beaucoup de lignes" (comme un modeste écolier ?).
Le choix de ses modèles que sont Delacroix et Ingres montre que Degas est tiraillé entre tradition et novation.

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Delacroix en 1855                                  et Ingres un portrait en 1854

En 1856, Degas fait un voyage en Italie préférant approcher directement l’art des grands maîtres classiques tels Luca Signorelli, Sandro Botticelli et Raphaël, il entreprend de 1856 à 1860 de nombreux voyages en Italie, d’abord dans sa famille à Naples, puis à Rome et Florence, où il se lie d’amitié avec le peintre Gustave Moreau.

Ses œuvres de jeunesse comptent quelques peintures d’inspiration néoclassique, mais surtout de nombreux portraits des membres de sa famille. De 1865 à 1870, il propose au Salon son œuvre en cours, comme le portrait de Madame Camus à l'éventail. Il s'enrôle dans l'infanterie lorsque la guerre éclate avec la Prusse en 1870. Entre octobre 1872 et mars 1873, il séjourne chez son frère René à La Nouvelle-Orléans.

Par exemple "la famille Bellelli" (1857-1860) :

Son premier chef-d’œuvre de jeunesse : "La famille Bellelli"


Ce tableau représente sa tante paternelle, Laure, avec son époux, le baron Bellelli (1812-1864) et ses deux filles, Giula et Giovanna. Ce portrait évoque les tensions familiales qui murent chacun des personnages dans leur solitude, son format imposant, les couleurs sobres, les jeux structurés de perspectives ouvertes (portes et miroirs), tout concourt à renforcer un climat de malaise et d'oppression.

Son père d'ailleurs l'incitait à  peindre des portraits, Degas représentera en 1857, son Grand-père âgé de 87 ans.10 Ce chef de famille représente une autorité désinvolte.

 

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 Premier autoportrait de Degas en 1855

Autres auportraits de Degas jeune

La danse est uns des grands thèmes de l’œuvre de Degas. Il le développe dès le début des années 1870

N'ayant pas à vendre ses tableaux pour vivre, il va continuer à travailler, sans commande, sur ses thèmes favoris : portraits contemporains, courses de chevaux, scènes de café, monde du spectacle. Dans ce dernier, il va de plus en plus s'intéresser particulièrement au ballet, qui va devenir pour lui le sujet artistique dominant.

Il voit dans le ballet, un sujet idéal d'observation du mouvement rapide, et une vaste possibilité de composition spatiale, offerte par toute la surface de la scène.

Rapidement, Degas sera sensible, à travers ses observations des artistes dans les coulisses lors de leur travail - exercices, répétitions - , au décalage existant entre la féerie des costumes et des spectacles et la situation sociale misérable des danseurs.

Pour Degas, le microcosme du théâtre, de la musique et de la danse, qui focalise l'attention de la riche société qui peut s'offrir le luxe des spectacles, va devenir un lieu d'observation privilégié des rapports humains et des rapports contradictoires entre l'art, le travail et les affaires.

Danseuse sur la scène (1878)                       Ecole de danse (1874)

 

Degas et l'impressionnisme.

Les thémes quotidiens qu'il choisit, surtout dans les années 70 l'éloignent du traditionnalisme des pompiers qui sont plutôt à l'aise avec les thèmes mythologiques, religieux ou historiques...et le rapprochent des impressionnistes qu'il fréquente volontiers, notemment en participant  de 1874 à 1886 aux expositions des impressionnistes.

A partir de 1861, il devait commencer à abandonner les sujets historiques et s'intéresser au thème des courses de chevaux, coutume aristocratique importé d'Angleterre, que Géricault (1791-1824) avait traité avant lui. A Longchamp, qui venait d'ouvrir, Degas étudiera attentivement l'animation des champs de course - l'univers des jockeys, les préparatifs et le départ des courses... -.

Edgar DEGAS «Les Chevaux de course»

Hilaire Germaine Edgar de GAS dit Edgar DEGAS - "Les Chevaux de course" Peint en 1871-1872

- Huile sur toile 32,5 cm x 40 cm-

Courses de chevaux,devant les tribunes (1866-68)                          Courses de chevaux (1883-85)

Mais il choisit une voie indépendante vis à vis des impressionnistes. Il avait peu d’intérêt pour la nature. IL pote une grande attention aux individus, à leur émotions, à leurs gestes.
Il se lie d'amitié avec Manet dont il partage la grande culture.
Il s'intéresse cependant à la vie quotidienne austère qu'il traduit dans les personnages qu'il peint : danseuses en répétitions ardues et fastidieuses, parfois harassantes.

  Fichier:Edgar Germain Hilaire Degas 012.jpg

L'absinthe vers 1875-76

Degas représente un couple isolé dans un café parisien (au premier plan c'est le vide), s'alcoolisant, ayant une absence de perspectives dans cette vie. La femme, aux épaules tombantes baisse son regard vitreux, plongée dans ce néant qui l'encercle. Un instant de la vie moderne ?

 Il occupait un rôle de chef de file avec Manet parmi les artistes du café Guerbois.

Mais Degas est une personnalité trop indépendante pour pouvoir se fondre totalement dans le mouvement impressionniste. S'il en est historiquement une des pièces maîtresses, ce qui le lie au mouvement impressionniste, c'est bien plus son esprit frondeur, anticonformiste, son goût de la modernité et le désir d'une peinture contemporaine, que ses conceptions artistiques qui sont souvent en opposition avec celles des impressionnistes.

Dès la deuxième exposition, Degas est remarqué par les critiques, qui louent ou dénigrent le réalisme de son travail. La défense du « mouvement réaliste », pour reprendre sa propre expression, est d’ailleurs au cœur de sa démarche dans ces années-là.

C’est vers cette époque qu’il commence à explorer certains thèmes nouveaux, comme les repasseuses, les modistes ou les ...null

Edgar Degas, ""Chez la modiste, pastel, 1881,
Met New York

 Femmes à leur toilette

A partir des années 80, sa vue commençant à baisser, Edgar Degas se tourna vers le pastel et représenta la femme, depuis longtemps un de ses sujets préférés, dans  leur intimité, sans une vision romantique,mais dans des positions qui pourrait paraître vulgairealors que la femme semble  alors aussi vulnérable que lui.
Il peint une réalité non idéalisée, dans des poses parfois classiques qui rappellent le classicisme de sa formation.

Bain du matin (1883)
Pastel
 sur papier 
Art Institute of Chicago

 

Edgar DEGAS «Femme s'essuyant après le bain»Edgar DEGAS «Le Tub»Edgar DEGAS «Femme au tub»

Edgar DEGAS «Femme nue s'essuyant le pied»Edgar DEGAS «Femme se peignant»Edgar DEGAS «Femme après le bain»Edgar DEGAS «Le Petit Déjeuner à la sortie du bain»

 

Peintre du mouvement :

 

Avec les chanteuses

 

File:Edgar Germain Hilaire Degas 037.jpg

ou d'autres qui se bougent (qui travaillent en lui livrant un spectacle) pendant qu'il flâne :

1901 -Degas est presque aveugle et ne peut plus travailler. Il retouche des œuvres anciennes.
Degas ne cessa toute activité artistique qu'à partir de 1911, lorsqu'il devint tout à fait aveugle.

1917 Degas meurt et inhumé dans le caveau familial au cimetière de Montmartre

 

Fantasmagories colorées de paysages mémorisés

 

Chevaux dans un paysage (1894)