L'art a continuellement changé au cours du temps. Nous l'avons vu, l'art moderne s'est bâti au 20ème siècle comme une rupture avec l'art classique, figuratif. Puis  toutes les normes, les acteurs, les institutions, les pratiques séculaires des beaux-arts ont été successivement mis en cause par les artistes contemporains. Le marché de l'art a remplacé "le goût de la cour et du monarque".

L'art contemporain se caractérise par un dépassement perpétuel de ce qui existe déjà. L'œuvre d'art n'est plus obligatoirement belle, comme le pop art l'annonçait déjà, elle est une vérité puisée dans le réel qui encercle nos contemporains. L'artiste vit avec nous mais il regarde différemment de nous. Ainsi l'œuvre n'est plus une idée transmise par la toile, elle devient une expérience partagée dans un lieu chargé d'histoire (la rue, l'usine ou le Grand Palais de l'exposition universelle de 1900).
Autre site avec vidéo sur la "performance" de Boltanski.
L'artiste peut y trouver une satisfaction, de toutes façons l'œuvre d'art pour être reconnu en tant que telle sera toujours unique, originale, rare et susciter l'intérêt des initiés aidés par les collectionneurs et les galeristes qui jouent un rôle de plus en plus important dans la consécration parfois rapide des artistes repérés par les spéculateurs au moins initiés dans le fonctionnement des marchés.
Ne dit-on pas que Duchamp avec son urinoir industriel était un précurseur de l'art contemporain. On dirait maintenant qu'il a pris un "ready-made",mais il s'agit de l'urinoir exposé par Duchamp en 1917 et pour que nul ne s'y trompe, il a ajouté l'inscription " R. Mutt, 1917".

Je me bornerai à quelques exemples d'art contemporain qui m'ont frappé ou qui simplement ont retenu mon attention.
Pour commencer, l'actualité a braqué ses feux sur Jeff Koons au château de Versailles. Plasticien américain, il a osé exposer ses œuvres  d'aujourd'hui dans ce vénérable château que visitent de nombreux troupeaux de visiteurs qui foulent la Galerie des Glaces dans les traces du monarque du grand Siècle, Louis XIV qui préférait rassemblait sa cour à la campagne plutôt qu'au Louvre.
Koons a été controversé par les nombreux visiteurs, c'est le résultat de sa provocation innée.

Après avoir été longtemps trader à Wall Street, Jeff Koons se lance dans l'art «en tant que vecteur privilégié de merchandising». Ses œuvres sont réalisées dans un atelier, situé à Chelsea, près de New York, avec plus de 100 assistants, Il ne réalise aucune œuvre lui-même mais impulse des idées qu'il fait exécuter par ses collaborateurs professionnels.

Son Inflatable Rabbit, lapin gonflable réalisé en inox en 1986, et ses Balloon Dogs sont aujourd'hui reconnus par les plus grands collectionneurs, dont François Pinault, comme des œuvres  emblématiques. L'art de Jeff Koons peut être considéré comme le point de rencontre entre plusieurs concepts : les ready-mades de Marcel Duchamp, les objets du quotidien démesurés et l'artisanat d'art et l'imagerie populaire

 

  Le lapin gonflable              et Koons à Versailles

J'ai parcouru aussi l'art contemporain à Nice qu'abrite le MAMAC, appelé MICMAC par ses détracteurs. Il est vrai qu'il fut "construit" par Jean Médecin, Maire débauché de cette ville et amateur d'art et accessoirement d'armes !

Dans ce Mamac j'ai découvert beaucoup de contemporains Niçois qui trouvaient un lieu pour les faire découvrir du Grand Public parmi lesquels je me promenais. Là j'ai pu voir Arman, César, Ben, Klein et d'autres peut-être Niçois d'adoption


       Les accumulations d'ARMAN                                                       CESAR (BALDACCINI) :                              
COMPRESSION DE      FERRARI                  

 

En 1935, César Baldaccini entre à l'École des beaux-arts de Marseille puis accède en 1943 à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. En 1952, il fait ses premiers essais de soudures et ses premières sculptures en ferraille, tout cela dans le sud de la France en Provence. En 1954, il obtient le prix Collabo pour sa sculpture intitulée "le poisson". Deux années passent et il participe à la Biennale de Venise. En 1959, il réalise ses premières plaques et dès 1961, participe à plusieurs expositions à New York. Son travail est désormais consacré à la compression dirigée.

César décède le 6 décembre 1998 à Paris.
Ses héritierst bénéficié de facilité fiscale de la part du pouvoir sarkoziste et plus particulièrement du ministre du budget de l'époque, Eric Woerth, en même temps trésorier de l'UMP,  lerti au pouvoir...Ces héritiers sont parmi les plus gros contributeurs du parti en question. Mais  César n'est pas responsable des personnes auxquelles il lègue sa fortune. Pas plus que Picasso qui donna son nom à une voiture

 

Ben au MAMAC de Nice

 

Niki de Saint-Phalle qui a légué ses   
toiles et ses sculptures à la ville de  Nice 

                                                                                                              Yves Klein - Monochrome bleu
Dans ce tableau Niki réhabilite le chassis de la toile

      

                               Sans titre  musée d’Art moderne et d’Art contemporain, Nice


 

A la Fondation Maeght, en 2006, lors de"l'exposition le noir est une couleur"

"Le noir est une couleur", un mot d'ordre lancé par Matisse - peintre de la couleur par excellence -, qui fournit le thème d'une exposition majeure organisée en 1946 à la galerie Maeght, rassemblant Braque, Matisse, Bonnard, Van Velde...
Soixante ans après, c'est aussi le titre d'une exposition organisée à la Fondation Maeght, installée à Saint-Paul-de-Vence, rendant hommage à cet événement fondateur - ainsi qu'à son initiateur, Aimé Maeght - d'une fondation qui possède à présent une des plus importantes collections d'art moderne au monde.

 

 

 

 

Georges Braque   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Je voudrais aussi saluer des peintres qui ont jalonnés mon existence :

Christo qui a emballé le Pont-neuf en 1985

Du 22 septembre au 7 octobre 1985, malgré la controverse et les difficultés techniques et juridiques, il recouvre le plus vieux pont de Paris, le Pont Neuf, de toile polyamide. L'opération est un franc succès et Christo renouvelle la démarche en investissant des lieux symboliques, comme le Reichstag de Berlin en 1995. En 2005, il revisite poétiquement Central Park avec The Gates, parcours de portiques tendus de toile couleur safran. L'œuvre de Christo s'inscrit directement dans le courant de « l'art éphémère », ce qui incite l'artiste à être également réalisateur en filmant son travail pour en conserver une trace et le restituer

Le pont neuf 1985 enveloppé.

- Tinguely et Niki de Saint Phalle

- la Fontaine Stravisky de Beaubourg

- Basquiat au musée Maillol à Paris

- Ron Mueck
Ron Mueck se joue des proportions car ses sculptures sont rarement de taille humaine, mais bien souvent disporportionnées. La fascination de ses admirateurs pour ses réalisations peut d'abord tenir en partie dans le choix des colorations, le sens du détail, et un savoir faire unique. Toutes les sculptures de Mueck ont des caractéristiques humaines très détaillées: membres, peau, pores, poils et cheveux posés un à un, traits, rides et express.

- Anselm Kieffer (Artiste allemand)
dont Louise, une copine, a vu l'exposition. Roland, un collègue n'a pas, à mon avis, en tout cas c'est  comme ça que j'ai interprété ses paroles, était touché par cet art qu'il trouve redondant avec une réalité déjà assez laide . Pour lui, l'art doit sublimer la laideur...N'a-t-il avec Umberto ECCO qui a écrit "Histoire de la beauté" puis "Histoire de la laideur'" de quoi réconcilier ces deux aspects de la réalité ?  Il voit dans l'art contemporain une certaine réhabilitation du figuratif, même présent chez kieffer qui représente, dans le Grand Palais, une certaine réalité de l'architecture destructible d'aujourd'hui, dans ce qu'il est convenu d'appeler les grands ensembles où s'entassent  ceux qui vivaient naguère dans ce qu'il était convenu d'appeler des bidonvilles. Quoi de plus réel que ce qui est "bidon" (dans tous les sens du terme ?)

Figure majeure de l'art contemporain, le peintre allemand inaugure le cycle d'expositions du Grand Palais, à Paris.
Chaque année désormais, la nef du Grand Palais accueille, l'œuvre d'un artiste vivant de renommée internationale. L'événement s'intitule Monumenta, eu égard au défi consistant à se confronter à l'architecture monumentale du lieu. C'est Anselm Kiefer, peintre de la démesure, qui a été choisi pour inaugurer le cycle. Si le créateur allemand, 62 ans, a exposé dans les musées les plus réputés du monde - le Metropolitan Museum, à New York, la National Gallery, à Londres et, en ce moment, le Guggenheim, à Bilbao - jamais encore la France, où il vit depuis 1993, ne l'avait honoré d'une manifestation d'envergure.

Kiefer au Grand Palais- Monumenta 2007

- Ousmane Sow sur la Passerelle du Pont des arts

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- Calder
Naissance  :philadéphie - 1898 / Décès  :  New York,  1976
Fils de Alexande stirling Calder

Alexander Calder est le fils de deux artistes. Ingénieur de formation, il a surtout réalisé des mobiles, assemblages de formes animés par les mouvements de l'air, des stabiles "la sublimation d'un arbre dans le vent" d'après Marcel Duchamp.

 

Calder

Alexander Calder - Têtes et Queue


 

La question de l'opposition entre le figuratif et l'abstrait qui a marqué l'ère de la peinture moderne.

Le 20ème siècle a produit beaucoup d'oppositions et de manichéismes, sans admettre le bénéfice du doute, qui dans notre cas est un principe de précaution. La peinture ne saurait être envisagée comme purement figurative ni purement abstraite.

Le peintre figuratif peut dépasser la réalité à travers son réalisme, et y apporter une notion autre que descriptive, sinon son oeuvre devient une sorte d'illustration de la réalité.
Le peintre abstrait quant à lui peut avoir gommé les éléments suggestifs de la réalité, sans perdre pied pour autant, sans oublier la préoccupation du réel et son expérience. Dans les deux cas, on peut dire que la  liberté du peintre est celle de la création. Le peintre n'a pas à cjoisir dans le combat entre le camp du figuratif ou celui de l'abstrait ; encore moins à être dans la condamnation de l'autre camp ! Tout simplement parce que le terrain qui sépare les deux camps n'est pas un champ de bataille, mais un jardin à cultiver !