L'année 1950 marque l'éclatement des thèmes daliniens.
Après sa visite à Rome en 1950 et sa rencontre avec le pape Pie XII, Dali explore l'iconographie de la Renaissance avec ses thèmes religieux catholiques. Ne possédant pas la foi mais tout le mysticisme espagnol, il oriente sa peinture vers des thèmes célestes et sacrés, avec comme toujours comme personnage central Gala.

 

visuel

L’Ascension du Christ,
huile sur toile  datée de 1958, de Dali 

Toutes ces œuvres sont basées sur des rapports mathématiques rigoureux et thèmes rappelant le sacré avec comme icône Gala. Dali fait la synthèse entre mystique nucléaire et classicisme et en énonce les grands principes dans le « Manifeste mystique » publié en 1951. Il veut peindre notre époque avec les recettes des grands maîtres du passé.


Galatée aux sphères, 1952

Depuis ses tous débuts en peinture, Dali a attaché une grande importance à la construction de ses tableaux. Fasciné par la dynamique de la spirale logarithmique, sa théorie paranoïa-critique l'a amené à étudier certains tableaux classiques sous l'angle mathématique. Faisant un parallèle (paranoïaque) entre ces courbes parfaites et la corne mystique du rhinocéros, symbole de puissance et d'érotisme, Dali va générer une nouvelle iconographie phallique.

 

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La Leda de Leonard   de  Vinci

 

1954 - Dali nu, en contemplation            
devant 5 corps réguliers
métamorphosés en corpuscules
dans lesquels apparait
soudainement la Leda de Leonard

chromosomatisée par le visage de
Gala


Ce nouveau délire créatif va le conduire à l'analyse d'un tableau de Vermeer qui le fascinait depuis son enfance, dans une
esthétique cornue : « La dentellière ». Il en fera un sujet délirant de documentaire filmé : Histoire prodigieuse de la dentellière et du rhinocéros, publiera plusieurs articles et fera des conférences.

La dentellière de Jan Vermeer en 1669-1670

 

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La dentellière de Dali peinte en 1954


La notion de double qui conditionne tout un aspect de la vie et de l'œuvre de Salvador Dali commence avec la mort prénatale de son frère continue avec sa méthode paranoïa-critique décelant le double langage des choses, comme pour la fusion entre Vermeer et la spirale logarithmique.


Jeune vierge autosodomisée par sa propre chasteté (1954)

Obsession de la corne de rhinocéros

Grâce à sa méthode paranoïa-critique, dans les années 50, Dali découvre un nouveau centre d'intérêt artistique : la corne de rhinocéros. D'une symbolique sexuelle évidente (aphrodisiaque, puissance), Dali se prend de fascination pour cette animal et son attribut mystique, et lui découvre des vertus de proportion divine. En analysant son cheminement artistique et social, Dali constate que très jeune il fut stimulé par la présence de cet animal (adoration pour une table en ivoire, adoration de la canne au pommeau d'ivoire de rhino comme élément fétichiste, croyance mystique, sceptre de pouvoir). Dans son oeuvre, il retrouve également la présence constante de cette forme géométrique

À la fin des années 50, Dali s'intéresse aux images en trois dimensions, travaille sur des œuvres en relief et réalise une série d'œuvres stéréoscopiques, des images doubles presque similaires qui observées simultanément deviennent, par la magie des lois de l'optique, une seule et même image avec une profondeur.

Velazquez Painting the Infanta Margarita with the Lights andShadows of His Own Glory (1958)

Dali développe également une nouvelle technique de peinture : le boultisme, ou peinture à l'arquebuse, par «éclaboussure immaculée».


En 1954, c'est le début du tournage du film « Histoire prodigieuse de la dentellière et du rhinocéros » réalisé par Robert Descharnes.

En 1959, il présente à Paris son invention : « l'Ovocipède ».

 

Les années 60-70

 

Dossier: Le Conseil œcuménique par Salvador Dali.jpg

The Ecumenical Council
    1960

 

Toujours passionné par toutes les recherches scientifiques, Dali rapporte d'un de ses voyages outre-Atlantique en 1962 le « monocle électrocular ». Destiné à l'aéronautique, cet appareil de prises de vues capte les images et les transmet par télévision à une lunette qui joue le rôle d'écran. Cette lumière était conçue de manière à permettre à l'oeil de distinguer l'image télévisée tout en continuant à voir normalement ce qui se trouve dans son champ visuel. La double vision est réalisée, un peu comme les visions provoquées par l'irritation de la rétine ou l'effet de drogue comme la mescaline, le LSD ou autres champignons hallucinogènes.

Dali s'intéresse également de proche à la cybernétique, science constituée par l'ensemble des théories relatives aux communications et la régulation dans l'être vivant et la machine.

L'œuvre de Salvador Dali durant les années 60 est marquée par 2 tableaux majeurs, synthèses remarquables des techniques picturales passées et présentes : la Pêche aux thons (1966-67) et le Torero hallucinogène (1968-70).


La pêche aux thons (1967)

 

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Le torero hallucinogène (1968-1970)

Avez-vous trouvé le toréro parmi les Vénus et le petit garçon avec le béret et le cerceau ?

La Pêche aux thons est le résultat de 40 années d'expériences picturales mêlant surréalisme, pointillisme, pop et op art, et l'art psychédélique.

On retrouve dans la dualité des images du Torero hallucinogène l'illusion d'optique et toute l'imagerie dalinienne, la mouche, Gala, la vénus, le thème de la mort, etc.

En 1963 paraît le « Mythe tragique de l'Angélus de Millet », suivi en 1964 du « Journal d'un génie ».

Durant le début des années 70
, Dali se consacre à la création d'un musée dans sa ville natale, dans l'ancien théâtre de Figueras. Inauguré le 23 septembre 1974, on y retrouve dans un décor surréaliste, des reproductions de tableaux, des objets, une pièce trompe l'œil. C'est un happening permanent, un véritable « ready made » dalinien.


En parallèle, Dali explore les nouvelles technologies modernes de l'image en trois dimensions et plus particulièrement les images holographiques. Il présente en mai 1973 son premier chrono-hologramme, technologie qu'il délaissera rapidement fautes d'avancées technologiques majeures dans ce domaine.

A l'intérieur du musée :

Dali Salvador - 'Gala Contemplating the Mediterranean Sea Which at Twenty Meters Becomes the Portrait of Abraham Lincoln - Homage to Rothko' (first version)

Gala Contemplating the Mediterranean Sea Which at Twenty Meters Becomes
    the Portrait of Abraham Lincoln - Homage to Rothko (first version)
    1974-75

 

En 1978, c'est la première de son scénario de film Babaouo au théâtre du musée Dali, basé sur le livre paru en 1932.

Faute d'immortalité garantie, Dali croule sous les honneurs. En 1978, il est décoré de la Grande Croix d'Isabelle la Catholique, la plus haute distinction espagnole, et est élu à l'Académie des Beaux-arts de l'Institut de France comme membre associé étranger.

The Railway Station at Perpignan 
1965

Se voulant le sauveur de la peinture moderne, Dali consacre les dernières années de son existence à l'étude de tableaux majeurs de Velasquez et de Michel-Ange sous différents angles esthétiques (Les Ménimes, l'Infante Marguerite, la Pieta).

 

Il se lance dans l'étude des phénomènes des catastrophes. Grâce aux travaux du mathématicien René Thom, l'inventeur de la théorie des catastrophes.

Terrifié depuis toujours par la mort, il recherche une solution pour son immortalité dans l'étude de l'hibernation.

Le 10 juin 1982, une catastrophe majeure s'abat sur un Salvador Dali déjà affaibli par son grand âge : Gala décède à l'âge de 87 ans, abandonnant Dali à la solitude. Dans le désespoir, Dali décide de se suicide par déshydratation, état facilitant d'après lui l'hibernation.

En 1983 il crée les parfums Dali pour homme et pour femmes et leurs flacons en forme de lèvres et de testicules. En mai de la même année, il peint son dernier tableau : La queue d'aronde.

Autre catastrophe presque fatale en 1984, presque grabataire, il échappe de justesse grâce à Robert Descharnes, son homme de confiance et d'affaires, à l'incendie de sa chambre à coucher provoquée par l'abus de l'interrupteur électrique lui permettant d'appeler ses infirmières. Dali est gravement brûlé et devient aphone.

Dali meurt le 23 janvier 1989. Il repose dans la crypte de son musée à Figueras. Par testament, il a légué l'ensemble de ses biens et de son œuvre à l'État espagnol.

 

"Les Vins de Gala et du Divin" (1977)

Dali est mort, vive Dali.