La légende de Phèdre dans la mythologie.

Phèdre, épouse de Thésée, roi d'Athènes, tombe amoureuse de son beau-fils Hippolyte (Thésée avait eu ce fils avec une Amazone, Antiopé) et devant son refus, elle l'accuse de viol (Thésée le fit châtier par Poséidon qui fit apparaitre un monstre marin qui affola les coursiers de son char. Hippolyte fut piétiner à mort) et Accablée de remords, Phèdre se suicide en buvant un poison et Thésée apprend trop tard la vérité.


"Mort d'Hippolyte" par Rubens (1611 ou13)

Phèdre était la fille de Pasiphaé et de Minos, roi de Crète, sœur cadette d'Ariane (d'abord promise à Thésée puis adandonnée par lui bien qu'elle lui eut sauvé la vie dans son combat avec le minotaure)  et de Deucalion. (Voir le sens mythologique de l'expression "le fil d'Ariane" en cliquant ici).


L'histoire de phèdre est à l'origine de nombreux récits, pièces et opéra (Sophole, Euripide, Sénèque...)


"
Voici encore une tragédie dont le sujet est pris d'Euripide. Quoique j'aie suivi une route un peu différente de celle de cet auteur pour la conduite de l'action, je n'ai pas laissé d'enrichir ma pièce de tout ce qui m'a paru le plus éclatant dans la sienne."( Dans la préface de Racine)
Elle est devenue grâce à Racine, le symbole de la passion amoureuse.

Résumé de la pièce de Racine (première représentation de la pièce en 1677) , d'après Wikipédia :

Portraits de Jean Racine

Personnages de la pièce de Racine :

  • Thésée, fils d’Égée, roi d’Athènes
  • Phèdre, femme de Thésée, fille de Minos et de Pasiphaé
  • Hippolyte, fils de Thésée et d’Antiope, reine des Amazones'
  • Aricie, princesse de sang royal, fille de Pallas écarté du trône par Égée
  • Œnone, nourrice et confidente de Phèdre
  • Théramène, gouverneur d'Hippolyte
  • Ismène, confidente d'Aricie
  • Panope, femme de la suite de Phèdre
  • Gardes

Commentaires de Racine dans sa préface à cette pièce :

 « Je ne suis point étonné que ce caractère [...] ait encore si bien réussi dans notre siècle, puisqu'il a toutes les qualités qu'Aristote demande dans le héros de la tragédie, et qui sont propres à exciter la compassion et la terreur. En effet, Phèdre n'est ni tout à fait coupable, ni tout à fait innocente. Elle est engagée, par sa destinée et par la colère des dieux, dans une passion illégitime, dont elle a horreur toute la première. Elle fait tous ses efforts pour la surmonter. Elle aime mieux se laisser mourir que de la déclarer à personne. Et lorsqu'elle est forcée de la découvrir, elle en parle avec une confusion qui fait bien voir que son crime est plutôt une punition des dieux qu'un mouvement de sa volonté. [...]Au reste, je n'ose encore assurer que cette pièce soit en effet la meilleure de mes tragédies. Je laisse aux lecteurs et au temps à décider de son véritable prix. Ce que je puis assurer, c'est que je n'en ai point fait où la vertu soit plus mise au jour que dans celle-ci. Les moindres fautes y sont sévèrement punies. La seule pensée du crime y est regardée avec autant d'horreur que le crime même. Les faiblesses de l'amour y passent pour de vraies faiblesses; les passions n'y sont présentées aux yeux que pour montrer tout le désordre dont elles sont cause ; et le vice y est peint partout avec des couleurs qui en font connaître et haïr la difformité. »

 

La scène est à Trézène, ville du Péloponnèse.

 

Acte I (5 scènes)

 Hippolyte, fils de Thésée, annonce à son confident Théramène son intention de quitter Trézène pour fuir sa belle-mère Phèdre qu'il n'aime pas et surtout pour fuir son amour pour Aricie, sœur des Pallantides, un clan ennemi. Phèdre, épouse de Thésée, avoue à Œnone, sa nourrice et confidente, la passion qu’elle ressent pour son beau-fils Hippolyte. On annonce la mort de Thésée.

Acte II (6 scènes)

Hippolyte propose à Aricie de lui rendre le trône d'Attique, laissé vacant par la mort de Thésée, et lui avoue son amour. Leur entretien est interrompu par Phèdre, venue prier Hippolyte de prendre soin de son fils mais qui finit par lui révéler son amour. Comprenant son erreur, elle prend l'épée d'Hippolyte pour en finir avec la vie mais Œnone l’arrête. Théramène annonce qu’on a peut-être vu Thésée.

Acte III (6 scènes)

Thésée, qui n’est pas mort, arrive à Trézène et s’étonne de recevoir un accueil si froid : Hippolyte, qui envisage d’avouer à Thésée son amour pour Aricie, évite sa belle-mère ; Phèdre est submergée par la culpabilité.

Acte IV (6 scènes)

Œnone, qui craint que sa maîtresse ne se donne la mort, déclare à Thésée qu’Hippolyte a tenté de séduire Phèdre en la menaçant, donnant pour preuve l'épée qu'elle a conservée. Thésée bannit Hippolyte et prie Neptune, dieu de la mer, de le venger. Phèdre veut le faire changer d’avis mais elle apprend qu’Hippolyte aime Aricie. Furieuse d’avoir une rivale, elle renonce à le défendre.

Acte V (7 scènes)

Hippolyte part après avoir promis à Aricie de l’épouser hors de la ville. Thésée commence à avoir des doutes sur la culpabilité de son fils, mais la nouvelle de sa mort, causée par un monstre marin, survient. Après avoir chassé Œnone qui, de désespoir, s’est jetée dans les flots, Phèdre révèle la vérité à Thésée ; ayant pris auparavant du poison, elle s’effondre sur scène.

Né à la Ferté-Milon (un village à 75 km de Paris, entre L'Oise et l'Aisne) et orphelin très tôt : la mère de Racine meurt en 1641 et son père en 1643 ; Racine appartient à une famille de petite bourgeoisie sans fortune. Lui et sa soeur seront élevés par leur grand mère avant qu'il ne soit admis comme élèvede Port-Royal, parce qu'une de ses tantes y est religieuse. Il y reçoit l'instruction la plus en pointe de son époque, et sera helléniste en sus de latiniste, comme il se doit en ce temps-là.

Pourquoi jouer Phèdre de Racine aujourd'hui ?

Tentative de réponse dans cette vidéo où des metteurs en scène, des comédiens... sont interwievés.
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