Le Crédit Lyonnais, la Société Générale, la Samaritaine, le Printemps ou les montres Lip mais aussi l'endiguement de la Camargue et la création de la forêt des Landes datent de cette époque, le second empirLa société française s'est transformée sous l'impulsion de Napoléon III plus vite qu'en aucune autre période de son Histoire. C'est à cette époque qu'elle a accompli sa révolution industrielle  L'empereur prend lui-même en main la politique économique et sociale du gouvernement

Convaincu des bienfaits du libre-échange, il signe en 1860 un traité de libre-échange avec le Royaume-Uni. Il institue aussi une union monétaire, l'Union latine, qui a englobé jusqu'à la Première Guerre mondiale de nombreux pays. Enfin, il accorde le droit de grève aux ouvriers

 Napoléon III est un des souverains qui s'intéressa le plus à l'économie, comme en témoigne les livres qu'il a écrit en exil sans attendre d'être au pouvoir :

  • Analyse de la question des sucres (1842)
  • et" Extinction du paupérisme (1844)

Napoléon III a été initié à la pensée de Saint-Simon.
Il y a  pour Louis-Napoléon un problème social qu'il veut comprendre, approfondir. Aussi lit-il avec passion Saint-Simon, Proudhon, Fourier, le Père Enfantin, Victor Considérant, Jean-Baptiste Say, Louis Blanc, Blanqui, Caget et son Icarie, Pierre Leroux.
Il est en relation avec Edgar Quinet, Michelet, Carnot, Georges Sand.
Il apparaît si bien informé des théories de Saint-Simon que Louis Girard le surnommera plus tard le « César saint-simonien ». Ayant fait le tour des diverses doctrines socialistes, il s'en tient, en effet, à l'essentiel des théories de Saint-Simon qui le satisfont le mieux, parce que correspondant le plus à ses propres tendances, à sa sensibilité, à sa raison.

Claude Henri de Rouvroy, comte de Saint-Simon (1760-1825) est le fondateur d'une doctrine économique (doctrine du progrès par l’industrie, d’un réformisme politique technocratique, et d’une religion laïque proche du socialisme. La modernité, plus un zeste d’utopie concrète.)
Ses idées ont eu une postérité et une influence sur la plupart des philosophes du 19 ème siècle.
Il est le penseur de la société industrielle française, qui était en train de remplacer l'ancien régime. Un historien  le décrit par la formule : « le dernier des gentilhommes et le premier des socialistes ».
Saint-Simon propose un changement de société. Il préconise une société fraternelle dont les membres les plus compétents (industriels, scientifiques, artistes, intellectuels, ingénieurs…) auraient pour tâche d'administrer la France le plus économiquement possible, afin d'en faire un pays prospère, où règneraient l'esprit d'entreprise, l'intérêt général et le bien commun, la liberté, l'égalité et la paix.

NIII se sent parfaitement en accord avec un régime qui associe l'autorité de l'Etat à l'écnomie de marché et à la liberté du libre-échange (à partir de 1860 avec la Grande-Bretagne, les droits de douane sur les matières premières et la plupart des produits alimentaires sont abolis. D’autres accords commerciaux sont conclus avec le Piémont-Sardaigne, la Belgique ou l’Autriche..

Napoléon III mena une politique économique active en lançant un programme de grands travaux :
« Nous avons d’immenses territoires incultes à défricher, des routes à ouvrir, des ports à creuser, des rivières à rendre navigables, des canaux à terminer, notre réseau de chemins de fer à compléter. [...] Nous avons tous nos grands ports de l’Ouest à rapprocher du continent américain par la rapidité de ces communications qui nous manquent encore. » (Discours de Bordeaux, 1852).
L’empereur pensait relancer la croissance par la consommation en donnant du travail aux inactifs, d’autre part, il était certain que les retours de ces investissements compenseraient largement le coût des travaux.


A partir de 1850, le chemin de fer joue un rôle essentiel dans l’expansion de l’ industrie métallurgique. Entre 1850 et 1880, la métallurgie, la transformation des métaux et la houille (industrie minière ) accusaient les taux de croissance de 3 à 6%.

De fait, le Second Empire connut une période de croissance soutenue : de 1850 à 1869, le PIB passe de 11 milliards à 20, soit une croissance annuelle de +1,4 % (en moyenne).
L'ation de l'Etat a été déterminante dans le processus de modernisation et de décollage industriel. L' Etat donne l'impulsion. Il en est ainsi dans 2 domaines jugés prioritaires :

1 - Il lança des travaux d'infrastructure qu'il considère d'intéret général:

  • en 1851, la France compte 3500 kilomètres de voies ferrées (10.000 en Grande-Bretagne), ce chiffre passe à 17.000 en 1870 (2000 km de plus qu’en Grande-Bretagne).
  • les routes, dont la progression en kilomètres est supérieure de +43 % en moyenne par rapport aux deux régimes précédents (le kilométrage des voies carrossables triple).

    Viaduc de Garabit, France, ouvrage ferroviaire métallique de 565 m, construit par la société Gustave Eiffel en 1884.

  • nouvelles voies d'eau à partir de 1860 pour concurrencer le rail : nouveaux canaux et surtout amélioration  de la navigabilité de voies d'eau naturelles.

    Viaduc en pierre de 1849, de 752 m de long, pour voie ferrée, franchissant la vallée de l'Indre par 59 arches de 20 m de hauteur en moyenne, à Monts, Indre-et-Loire,





    2 - L’Empire favorise la mise en place d’un système moderne de crédit :
  •  naissances du Crédit Foncier et du Crédit Mobilier en 1852, du Crédit Industriel et Commercial (1859), du Crédit Lyonnais (1863), de la Société Générale (1864) et de la Banque de Paris (1869). Une loi de 1865 autorise l’usage des chèques. La loi du 23 mars 1863 créé les sociétés anonymes à responsabilité limitée (SARL), la loi du 24 juillet 1867 les sociétés anonymes (SA).

Essor du commerce maritime et des télécommunications, équipement des grands ports : Marseille, le Havre, Bordeaux et Nantes

Fiche technique
Ville du Havre (paquebot à roues ).
Materiau de la coque : ............fer
anciens noms du navire : ..........napoléon III
type de navire : ..................paquebot fer.
année de construction du navire : .1866

Le port du Havre est totalement livré au commerce, il bénéficie alors de l'extraordinaire période d'expansion – qui fait suite au marasme des guerres de l'empire napoléonien – marquée par l'apparition de la navigation à vapeur. Grâce à l'achèvement en 1847 de la liaison ferroviaire Paris-Le Havre, le transport des passagers au long cours, qui avait commencé aussitôt après la proclamation de l'indépendance des États-Unis, devient l'activité prépondérante et, pendant plus d'un siècle, l'histoire du port du Havre se confond avec celle des grands paquebots de ligne.

Sur le plan social, l'empereur :

  •  créa une Caisse nationale des retraites pour la vieillesse (1850),
  • Il créa une assistance judiciaire gratuite pour les travailleurs pauvres (1851),
  • interdit le travail le dimanche et les jours fériés (loi de 1851, abrogée en 1880 par la IIIe République avant d’être revotée en 1906 seulement). 
  • Le 26 mars 1852, il permit aux sociétés de secours mutuels de se constituer librement (caisse commune où chaque ouvrier verse une petite partie de son salaire, qui sert d’aide financière pour tout ouvrier malade, invalide ou trop âgé).
  •  La même année, une partie des biens confisqués aux princes d’Orléans fut attribuée au logement ouvrier.
  • En 1854, il interdit aux patrons de confisquer et d’annoter l’impopulaire livret ouvrier (le posséder était nécessaire pour pouvoir retrouver un travail).
  • En 1862, il autorisa une délégation de 200 ouvriers à partir en Angleterre pour y étudier l’organisation des syndicats anglais ;
  • en 1864, il autorisa les coalitions (c’est-à-dire le droit de grève) ;
  • en 1868, il permit les réunions publiques à condition de ne pas parler de politique ou de religion.

    Cela peut paraître encore peu, mais aucun des régimes précédents n’en a fait autant !



    Napoléon III remet au baron Haussmann   -   Boulevard Haussman
    le décret d'annexion à Paris des communes
    suburbaines (1860) -

Les transformations de Paris :

Napoléon III en fut le véritable maître d’œuvre.
Élu président, il indiqua les aménagements qu’il voulait effectuer : percer de longues avenues, construire de nouveaux immeubles, créer des parcs et espaces verts. En 1853, il fit appel au préfet Haussmann auquel il présenta lors de la première entrevue un plan de Paris parcouru de lignes de différentes couleurs, en fonction des priorités.

Un an avant la nomination d’Haussmann, l’empereur expropria des milliers de Parisiens (décret du 26 mars 1852).Napoléon III parlait souvent des travaux en conseil des ministres, consultait plusieurs fois par semaine Haussmann, se rendait sur place voir l’avancement. De grands immeubles d’aspect bourgeois et uniforme remplacèrent les maisons insalubres. Églises, hôpitaux, casernes, écoles et parcs virent le jour. L’empereur prit à cœur l’aménagement du bois de Boulogne ; n’hésitant pas à venir tôt le matin pour prendre la direction des opérations, se saisissant d’un marteau et d’un piquet pour montrer la ligne que devaient prendre les allées.

L’éclairage au gaz se répandit, un système d’égout fut mis en place, le système d’adduction d’eau fit des progrès.

En vingt ans, Napoléon III fit plus pour Paris que ce qui avait été fait en un siècle.