Eros et Thanatos, dieux grecs, forment un bien étrange couple.
Contraire ou complémentaire ?

"Qui dit romantisme, dit art moderne, c’est-à-dire intimité, spiritualité, couleur, aspiration vers l’infini, exprimés par tous les moyens que contiennent les arts ». (Baudelaire).

  • L’art en a fait ses deux thèmes centraux, parce qu’ils sont probablement les deux grands tabous de l’humanité.




    'La mise en tombeau d'Atala' de Anne-Louis Girodet (1808)

  • Anne-Louis Girodet-Trioson (18 ème-19 ème siècles). Élève de Jacques Louis David, s'éloigne de son maître dans le traitement du sujet. Dans les Funérailles d'Atala (1808), il joue sur l’opposition des lumières, le romantisme et la mélancolie du sujet, la disposition des personnages et la croix lointaine.

  • La psychanalyse les a réuni
  1. Sigmund Freud nomme "éros" :
    - la pulsion de vie qui, selon lui, habite chaque être humain.
    Dès ses premiers écrits, puis de manière approfondie dans Trois essais sur la théorie de la sexualité, Freud insiste sur la sexualité infantile s'opposant au pulsion du moi. La sexualité est d'abord génétiquement « non génitale »; avec les pulsions partielles qui s'étayent sur des fonctions organiques (la faim notamment)

         - Il l'oppose à la pulsion de mort, ou pulsion de destruction ou "thanatos". ( Freud, pose ces deux pulsions de base dans    le but de rendre compte de la naissance de la civilisation, elles sont constitutives de l’homme et se retrouve comme fondement de la communauté).

Ces deux pulsions fondamentales ne peuvent être pensées séparément, elles œuvrent toujours ensemble, en une sorte d'amalgame et sont indissociables.
Mais l’antagonisme entre ces deux instincts (pulsions) ne serait que superficiel, puisque ceux-ci répondraient à une tendance commune, soit maintenir une excitabilité nulle ou, à tout le moins, minimale. En outre, Thanatos se manifeste le plus souvent qu’en relation avec le principe de plaisir, par exemple :
•  dans le sadisme, Thanatos se manifeste pour le plaisir du sadique  ;
•  dans le masochisme, Thanatos se manifeste pour le plaisir du masochiste ;
•  dans le suicide, Thanatos se manifeste pour l’absence de douleur que recherche le suicidaire.

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Dans la mythologie grecque, Éros est le dieu de l’Amour. Thanatos la personnification de la mort.

En peinture, la première période du romantisme (1770-1820) se développe en parallèle du néoclassicisme (1760-1800) ou plutôt en opposition à ce courant. En effet, le néoclassicisme prône une beauté idéale, le rationalisme, la vertu, la ligne, le culte de l’Antiquité classique et de la Méditerranée.
Le romantisme s’oppose au néoclassicisme et promeut le cœur et la passion, l’irrationnel et l’imaginaire, le désordre et l’exaltation, la couleur et la touche, le culte du Moyen Âge et des mythologies de l’Europe du Nord.


Anne-Louis Girodet (xviiie ‑ xixe siècles).
Élève de 
Jacques Louis David 
il s'éloigne de son maître dans le traitement du sujet.
  Dans les 
Funérailles d'Atala (1808),
il joue sur l’opposition des lumières, le romantisme et la mélancolie du sujet, la disposition des personnages et la croix lointaine.

    2.  Les post-romantiques nous montrent une image déchue de l'amour qui se pose comme illusoire (et mène à la souffrance, à la mort), s'affirmant à l'encontre du réel, loin d'offrir une communication avec l'horizon universel. Les figures érotiques remplacent les images sacrées: ce qui signifie que l'absolutisation du plaisir s'est substitué au désir d'absolu : l'horizon ne satisfait pas le désir d'absolu donc on fait de l'objet du désir un absolu en le plaçant à l'horizon.


L'amour pimente un horizon vide => d'où une sexualisation des spectacles de l'horizon (la scène crépusculaire devient une scène érotique car toutes les deux sont envisagées comme l'occasion d'une déperdition d'énergie)

La rime horizon / pâmoison (= évanouissement) insiste sur le caractère fatal de l'amour => Eros / Thanatos. L'amour est une illusion, la volupté un mensonge qui masque la mort.


  • Poètes romantiques :

                 - Nerval,

 

Gérard Labrunie est né à Paris le 22 mai 1808. Il adoptera plus tard un nom de plume : Nerval. Le 26 janvier 1855, Nerval est retrouvé pendu à une grille de fer, rue de la Vieille Lanterne, à Paris.

Dans les bois

Au printemps l'oiseau naît et chante :
N'avez-vous pas ouï sa voix ?...
Elle est pure, simple et touchante,
La voix de l'oiseau - dans les bois !

L'été, l'oiseau cherche l'oiselle ;
Il aime - et n'aime qu'une fois !
Qu'il est doux, paisible et fidèle,
Le nid de l'oiseau - dans les bois !

Puis quand vient l'automne brumeuse,
il se tait... avant les temps froids.
Hélas ! qu'elle doit être heureuse
La mort de l'oiseau - dans les bois !

                 - Baudelaire

 

Description de cette image, également commentée ci-après

Charles Baudelaire par Étienne Carjat, vers 1862

 

Pour illustrer les sentiments qu'éprouvent Baudelaire, en amoureux d'une jolie femme qu'il compare à une charogne :
la mort suggère l'érotisme,

  • par le vocabulaire qu'il emploie : "« jambes en l’air, femme lubrique » ,
  • par le double sens des mots qu'il utilise : double sens du mot" brûlante"(= fièvre qui peut nous conduire à la mort, mais aussi peut nous faire brûler de désir),
  • par des associations verbales désignant l’amour : « manger de baisers »...
  • "ventre" qui évoque la douceur, la sensualité...
  • par les oxymores à effet ironique « carcasse superbe »...

 Une Charogne


Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d'été si doux:
Au détour d'un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,
Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d'exhalaisons.
Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu'ensemble elle avait joint;
Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s'épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l'herbe
Vous crûtes vous évanouir.
Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D'où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.
Tout cela descendait, montait comme une vague
Ou s'élançait en pétillant
On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
Vivait en se multipliant.
Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l'eau courante et le vent,
Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.
Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
Une ébauche lente à venir
Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
Seulement par le souvenir.
Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d'un oeil fâché,
Epiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu'elle avait lâché.
- Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion!
Oui! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Apres les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.
Alors, ô ma beauté! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
De mes amours décomposés!

          Les Fleurs du mal, Charles Baudelaire

Indissociable lien entre le beau et le laid, entre les « fleurs » et le « mal », le choc des contraires !

                  - Lamartine  Afficher l'image d'origine

Automne 1816. Alphonse de Lamartine se rend à Aix-les-Bains pour soigner ses troubles hépatiques. La ville thermale l'accueille à la pension Perrier, et le jeune homme passe ses journées entre cures et promenades. Un jour d'orage, le 10 octobre, il sauve une jeune femme d'un naufrage. Elle s'appelle Julie Charles. Hasard complice, la demoiselle est venue en Savoie en convalescence d'une tuberculose et n'est autre que la voisine de chambre du poète. L'auteur tombe éperdument amoureux et écrit alors : "J'ai sauvé avant-hier une jeune femme qui se noyait, elle remplit aujourd'hui mes jours." Ensemble, ils goûtent aux charmes des promenades dans le décor montagneux du lac, sur les "flots harmonieux" et "les riants coteaux". Leurs cures terminées, ils se donnent rendez-vous pour l'été 1817. Mais Lamartine revient seul car Julie se meurt. Eperdu, le poète erre sur les rives de l'onde. Il l'exhorte à lui ramener son amour et immortaliser leur histoire : "Oh temps suspends ton vol ! Et vous heures propices ! / Suspendez votre cours : / Laissez nous savourer les rapides délices / Des plus beaux de nos jours."

Le lac.


Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
Jeter l'ancre un seul jour ?

Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s'asseoir !

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,
Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.

Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.

Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos ;
Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère
Laissa tomber ces mots :

Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !

Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
Oubliez les heureux.

Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m'échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l'aurore
Va dissiper la nuit.

Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;
Il coule, et nous passons !

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,
Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,
S'envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?

Eh quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus !

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?

Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
Vous, que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !

Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux.

Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface
De ses molles clartés.

Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire,
Tout dise : Ils ont aimé !
                                                                         ------------


"Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé."
Alphonse de Lamartine

  • Écrivains romantiques :

    - Goethe (Werther)
    Les Souffrances du jeune Werther (en allemand Die Leiden des jungen Werthers), est un roman épistolaire de Goethe. La première édition est parue en 1774.

    Suite à la publication de l'œuvre, la « fièvre de Werther » fit fureur en Allemagne, mais aussi partout dans l'Europe. Des femmes se retrouvaient en Charlotte, des hommes en Werther, et la mode vestimentaire elle même s'en trouva transformée : ces hommes s'habillaient de costumes jaune et bleu, comme la tenue de bal de Werther, et ces femmes portaient des robes roses et blanches, comme Charlotte.

    Voici un résumé de cette histoire d’amour entre Charlotte et Werther :



    Werther  rencontre dans un bal une jeune fille Lotte, immédiatement ils tombent amoureux l'un de l'autre.
    Werther croit tout de suite à cet amour et il est persuadé d'avoir trouvé la femme de sa vie mais Lotte est promise à un autre qui est alors en voyage et se nomme Albert. A son retour, Werther fait sa connaissance et se rend compte de la qualité de cet homme, il décide alors de fuir sa passion afin de ne plus revoir Lotte. Pour tenter de l'oublier, il se met au service d'un ambassadeur et croit être sauvé car il pense aimer une autre femme mais les mœurs de la société mondaine où celle-ci évolue le mette hors de lui, il démissionne et rejoint Lotte à Walheim.
    Mais sa passion grandissante pour Lotte est dévastatrice car elle et Albert sont maintenant mariés. Malgré le mal que cela lui fait, il reste auprès du jeune couple puis se rendant compte qu'il ne pourra jamais posséder la femme qu'il adore, il se suicide.
    Ce film retrace l’histoire du roman écrit par Goethe les souffrances du jeune Werther ou Die Leiden des jungen Werthers


    - Chateaubriand (Atala)

    François-René de Chateaubriand est considéré comme  le créateur du premier véritable héros romantique
    « René », titre d’un roman publié en 1802 qui connaîtra un succès foudroyant.
    L’année précédente il publie « Atala, ou les amours de deux sauvages dans le désert », court roman extrait d’une œuvre monumentale intitulée « les Natchez ». 
    « Atala » est une histoire d’amour contrariée, dans un décor exotique, la Louisiane, inspiré du séjour américain de l’auteur.
    Chactas, jeune indien natchez, est capturé par une tribu ennemie. Sa délivrance est le fait de la fille du chef, la jeune vierge Atala.
    Les deux sauvages en fuite sont inéluctablement attirés l’un vers l’autre, mais l’arrivée d’un missionnaire les empêchent de succomber à leur désir.
    Atala devant obéir à un vœu de chasteté prononcé en son nom par  sa mère à sa naissance, elle choisit de s’empoisonner
    plutôt que de trahir la promesse maternelle.

    - Stendhal auteur du roman publié en 1830, "le rouge et le noir" ...
    avec julien Sorel et Mme de Rénal qui s’aimeront et mourront tous les deux.
    L'action se passe sous la Restauration, à Verrières, une petite ville du Jura.
    Julien Sorel a dix-neuf ans. C'est un jeune homme d'origine modeste. Il est le fils d'un charpentier brutal. Sa condition le prédestine aux travaux de force. Mais Julien Sorel, ambitieux, rêve de gloire et s'évade dans la littérature .
    Il est fasciné par le prestige de Napoléon, et se verrait bien épouser une carrière militaire (le rouge). Mais sur les conseils de l'abbé Chélan, le curé de son village, il envisage d'entrer au séminaire (le noir). Cela lui parait en effet la seule voie judicieuse d'ascension sociale "dans une société frileuse où la naissance roturière est redevenue un handicap après le grand brassage égalitaire opéré par la Révolution et l'Empire".



    Le Rouge et le Noir de Claude Autant-Lara (1954), avec Danielle Darrieux et Gérard Philipe


    Julien est engagé par Monsieur de Rénal, le maire légitimiste de la ville. Il juge nécessaire d'avoir recours au service d'un précepteur pour soutenir son rang.
    Julien Sorel ne tarde pas à tomber sous le charme de Mme de Rénal et devient son amant.
    Grâce à la tendresse qu'elle lui manifeste Julien connaît alors un bonheur éphémère. A l'occasion de la visite d'un roi à Verrières, Julien le cœur empli de joie et de fierté défile à cheval, dans un bel uniforme. Cette soudaine ascension sociale fait jaser dans la petite ville.
    La maladie de son jeune fils réveille les remords de Mme de Rénal, qui se croit punie par Dieu ; tandis qu'à l'inverse cette crise morale décuple l'amour de Julien.  M de Rénal, mis au courant de l'adultère, oblige Julien à quitter verrières. Ce départ n'altère en rien l'amour profond que lui porte Mme de Rénal, et qui ne se démentira pas.

    Julien décide de se rendre au séminaire de Besançon.
    Il se retrouve pourtant parmi des séminaristes qui sont pour la plupart frustres et grossiers. Il y passe des moments pénibles jusqu'à ce que l'abbé Pirard lui propose de devenir le secrétaire du Marquis de la Mole.
    Julien quitte le séminaire, puis rend, au prix d'une dangereuse escalade, une dernière visite de nuit à Mme de Rénal. Il doit abandonner à l'aube cette femme plus passionnée que jamais et s'enfuir sous les coups de fusil vengeurs de M. de Rénal.
    Il part pour Paris afin de prendre ses fonctions auprès du Marquis de la Mole.

    Le marquis de La Mole remarque très vite l'intelligence et la personnalité hors du commun de Julien.
    Ce dernier est à la fois fasciné et plein de mépris vis à vis de ce monde aristocratique qu'il découvre. Il fait la connaissance "d'une jeune personne fort bien faite qui vient s'asseoir vis à vis de lui. Elle ne lui plut point. " Cette jeune femme est Mathilde de la Mole, la fille du marquis. Lors d'un bal donné à l'hôtel de Retz, Julien s'attire l'admiration de Mathilde. Elle ne tarde pas à s'éprendre de lui.

    Mathilde lui donne un rendez vous nocturne dans sa chambre et se donne à lui. Puis quelques jours après, elle le congédie comme un domestique , lui avouant qu'elle ne l'aime plus et que son imagination l'a trompée.
    Rendue jalouse, Mathilde de la Mole se rend compte qu'elle est amoureuse de Julien. Elle lui avoue qu'elle est enceinte et prévient son père de son souhait d'épouser son secrétaire. Julien est immédiatement convoqué par le Marquis. Il parviendra à calmer son courroux et Mathilde réussira à convaincre son père de la laisser épouser Julien. Le marquis fait anoblir Julien, qui devient ainsi le Marquis Sorel de Vernaye, et lui permet d'obtenir un brevet de lieutenant.

    Julien s'apprête à épouser Mathilde de la Mole, lorsqu'une lettre de madame de Rénal adressée au Marquis de la Mole dénonce l'ambition et l'immoralité de son ancien amant.
    Julien, ivre de colère, se rend de Paris à Verrières, entre dans l'église et tire, en pleine messe, sur son ancienne maîtresse, sans toutefois la tuer.
    Emprisonné, rendu à sa solitude, Julien se rend compte qu'il n'a jamais cessé d'aimer Mme de Rênal. Il médite sur sa destinée et mesure l'étendue de la vanité de ses efforts de réussite sociale. Jugé, il est condamné à mort. Malgré les interventions pressantes de ses deux maîtresses, il renonce à faire appel. Son exécution capitale précède de quelques jours la mort de Mme de Rénal.
  • Mise en chanson de poèmes d'amour :

    1. "il n'y a pas d'amour heureux". Sur un poème d'Aragon

                 - "Il n'y a pas d'amour heureux" est un poème de Louis Aragon.  Aragon y exprime sa conception de l'amour comme un absolu inaccessible. Il y fait également de nombreuses références à la Résistance, notamment dans la dernière strophe.
Il a été mis en chanson, ôté de sa dernière strophe, par Georges Brassens, sur une mélodie identique à celle de La Prière, et cette chanson a été chantée au moins 60 fois par divers artistes, comme Hugues Aufray, Barbara, Catherine Sauvage, Nina Simone, Françoise Hardy, Keren Ann, Youssou N'Dour ou Danielle Darrieux (dans le film Huit Femmes)...

 


Georges Brassens - "Il n'y a pas d'amour heureux" (Le Grand Echiquier - J. Chancel)

     2    -"La chanson de Prévert" par Serge Gainsbourg.


La Chanson de Prévert (Cover) - Serge Gainsbourg

 

      3     - Si,"il y a  des amours heureux", répond Bourvil sans rire, même si en vieillissant on ne sait plus où on s'est fondu avec l'autre moitié.