Au Moyen-Âge (à cheval sur la fin du XV ème  siècle et le début du 16 ème), les navigateurs  (d'abord les Espagnols et les Portugais) avaient des instruments rudimentaires et très peu de connaissances maritimes ou astronomiques.

L'expression « grandes découvertes » désigne les découvertes maritimes des XV° et XVI°s, alors que le monde connu des occidentaux se limite à l’Europe, une partie de l'Asie, les côtes africaines, où Inde et Chine sont symboles de richesses.

La diffusion du savoir grâce à l'imprimerie, (invention  1452-53)  les échanges avec les arabes mais aussi l'esprit d'aventure et l'ambition de certains vont contribuer à d'importants progrès dans l'art de la navigation et la construction navale.

Les techniques de navigation se sont enrichies, en voici les principales :

vers l'an 1300, les Italiens créent la boussole à partir du principe de l'aiguille aimantée qui indique le pôle magnétique.
Ce principe depuis longtemps connu des chinois est introduit en Europe par les Arabes.

Instrument dérivé de l'astrolabe planisphérique, utilisé par les marins Portugais dès le XVème siècle.
L'astrolabe nautique permet de calculer sa latitude après avoir mesuré la hauteur méridienne du soleil selon la formule : latitude = 90° + Déclinaison - Hauteur du soleil.

les portulans sont des cartes marines détaillées précisant le dessin des côtes et les courants maritimes permet d’optimiser le trajet)

Le gouvernail d'étambot, fixé à l'arrière d'une caravelle par des charnières, donnait un meilleur contrôle sur la direction du navire et réduisait l'espace nécessaire aux manœuvres tournantes.

C'est un bateau à voile, utilisé principalement par le Portugal et l'Espagne.
Elle possédait une large étrave et un château arrière haut et étroit. Elle associe des voiles carrées et triangulaires, remonte bien au vent malgré une faible surface de toilage, à bords hauts tout en restant un navire léger, à 3 mâts et 5 voiles lui permettant d'atteindre les 10 km/h, tout en ayant une soute suffisamment grande pour emporter des vivres.

S
i elle avait plus de deux mâts, le mât de misaine (à l'avant) portait une voile carrée.

C'est avec ce genre de bateau que Christophe Colomb entreprit ses expéditions vers le continent américain.

Réplique de la" Santa Maria" de Christophe Colomb


Les historiens de Colomb, en particulier au xixe siècle, ont souvent tenté d'expliquer le succès de son entreprise maritime par l'emploi de techniques nouvelles en matière de navigation, évoquant entre autres la boussole, le gouvernail d'étambot et la caravelle. Si Colomb a choisi la caravelle comme navire – type de navire déjà utilisé par les Portugais depuis le début du xve siècle dans leurs explorations de la côté africaine – c'est en raison de son coût d'armement relativement faible et de son faible tirant d'eau qui permet d'approcher des côtes sans risquer d'échouer


Les options qui s'offraient aux navigateurs pour rejoindre les Indes :

 

Les routes sont coupées depuis la prise de Constantinople en 1453, les Arabes contrôlant la l'accès par la Méditerranée. Cependant  Venise et le Caire continuent à ravitailler l’Europe. Mais leur positon de monopole poussent les concurrents à trouver nouvelles routes.
Pour trouver de nouvelles routes vers l'Inde et la Chine,  deux options s'offrent :

  • contourner le continent africain en longeant ses côtes, ou
  • tenter de gagner l'Asie par l'Ouest.



 Les grandes expéditions

 

Le rôle pionnier des Portugais

 

Trois raisons principales à cela :
tout d’abord, le Portugal possède une position géographique privilégiée, ensuite il s’agit de la volonté prince Henri le Navigateur et de l’Ordre du Christ (croix rouges des voiles de ses navires).

Au milieu du XV° c'est donc Henri le navigateur (roi du Portugal), qui cherche à diffuser le christianisme en contenant le bloc musulman, qui donne l'impulsion des grands voyages de découverte. Malgré son nom, Henri est davantage un inspirateur qu’un navigateur. Il en a cependant l’âme et crée une école (université de la mer) à Sagres (Cap St Vincent) qui réunit les meilleurs navigateurs européens.
L’un de ses explorateurs atteint le Cap Vert en 1444.
Ils explorent les côtes de l'Afrique de l'Ouest, découvrant, les îles Madères et les Açores (avec l’exploitation de la canne à sucre après 1430), le cap Bojador (1434), (construction Fort el Mine),
le golfe de Guinée permet rentabiliser : or, poivre et esclaves.
En 1486, Bartolomeu Diaz franchit Cap de Bonne Espérance.

La persévérance des Portugais est récompensée mois de trente ans après sa mort, en 1498, lorsque Vasco de Gama découvre la « route des indes » en contournant l’Afrique, par le cap de Bonne-Espérance atteint en 1488.
Les Portugais instaurent une sorte de monopole sur cette route maritime et s’installent par la force en Asie du S-E. Vasco de Gama,  parti Lisbonne juillet 1497, atteint Calicut en mars 1498, mais le commerce arabe y était déjà installé. Il ramène difficilement une cargaison poivre, et usera de son artillerie pour ramener des épices lors deuxième voyage en 1501.
L’installation en force dans toute Asie sud-est se fait sur les comptoirs de Ceylan et des îles des Moluques (1521) : l’importation de la cannelle, des clous girofle,  et de la muscade (épices les plus chères), dépasse  le tonnage de la filière arabo-vénitienne avec 8 caraques de 400 tonnes/an, ce qui fit la fortune Lisbonne.

Ensuite on a un abandon de la conquête,  hormis Goa et Macao. Cela s’explique par la faiblesse démographique du Portugal, le scorbut, et le fait que 20% des bateaux ne revenaient pas. Ensuite les Anglais et Hollandais les attaquent dès XVI°.

L’engagement du Portugal dans le Nouveau Monde se traduit alors par la découverte accidentelle en 1500 du Brésil par Cabral, on a aussi quelques comptoirs mais c’est surtout les plantations cannes à sucre et mines d’or et pierres précieuses, envoi de 200 000 colons pendant XVI° et d’esclaves. L’Empire durera jusqu’au XIX°.

 

Les Grandes Découvertes vont mener à l' empire espagnol.

Celui-ci se constitue grâce à la découverte des Amériques par Colomb en 1492. Il est le premier européen à traverser l’océan Atlantique.
Christophe Colomb
est né à Gênes en 1450 dans une famille d’artisans. C’est un marin expérimenté, frère cartographe qu’il rejoint au Portugal. Il est persuadé de gagne les Indes par l'Ouest, le roi Jean 2 du Portugal refuse de financer une expédition, ce que fera Isabelle de Castille reine d'Espagne. Parti avec 3 caravelles (la niña, la pinta, la santa maria) il aborde le 12 octobre 1492 à San Salvador puis à Cuba et Saint Domingue.
Nommé vice-roi des Indes et gouverneur général des îles et des terres fermes qu’il découvrait mais déçu de la faible présence d’or et d’épices, il propose aux rois catholiques de faire un commerce d’esclaves vers l’Europe.
Mais la reine d’Espagne préfère christianiser les indigènes sur place.  Des religieux héritent de cette mission. Mais la violence de 700 soldats et autant de colons du deuxième voyage (1493-1496) développe le travail forcé dans les plantations sucrières et les mines des Caraïbes que Colomb avait cru être le Japon. Il fera 4 expéditions, et décède en 1506. Il faudra attendre 1509 et le voyage d'Amerigo Vespucci, navigateur florentin, pour que les européens appellent ce nouveau continent Amérique.

Magellan est le premier à avoir fait le tour du monde en 1519, abordant le détroit qui porte son nom, et mais meurt avant la fin du voyage.

Herman Cortès et les aztèques

 Conquérant espagnol (Né à Medellín, province de Badajoz, Espagne, v. 1485 - Mort à Castilleja de la Cuesta, près de Séville, 1547). Hernán Cortés était de famille pauvre et originaire d'une province espagnole déshéritée. Il partit dès 1504 - il n'avait pas 20 ans - faire fortune "aux Indes". Il servit à Saint Domingue, alors administrée par la famille des Colomb, puis fit partie de l'expédition envoyée à Cuba sous la direction de Diego Velázquez de León. Il s'y distingua, et Velázquez le détacha auprès de Grijalva, un de ses lieutenants, qui avait pris possession des côtes du Yucatán. De là, en 1519, Grijalva envoya Cortés découvrir et conquérir le pays des Aztèques, l'Anahuac, autour de la ville de Mexico, dont il avait entendu vanter les richesses.

La conquête des Aztèques Le dévouement de Cortés à sa mission et sa fidélité au roi d'Espagne furent mal récompensés. Il avait engagé sa fortune personnelle pour financer la colonisation: quand il rentra en Espagne en 1540, on lui refusa tout remboursement et Charles Quint l'ignora. Cortés continua néanmoins de le servir dans les expéditions espagnoles sur les côtes d'Afrique du Nord, tout en vivant en grand seigneur. Il mourut au moment où il s'apprêtait à regagner la Nouvelle Espagne et il fut inhumé à l'hôpital de Jésus à Mexico qu'il fonda en 1521.

La conquête du Nouveau Monde par les conquistadors est rapide. En 1511, les Grandes Antilles (Cuba, Hispaniola, Porto Rico) sont conquises. Certaines légendes, notamment celle de l'Eldorado, poussent des aventuriers souvent issus de la petite noblesse castillane pauvre d'Estrémadure, à se risquer dans de périlleuses, lointaines et fréquemment mortelles expéditions. C'est avec quelques centaines d'hommes qu'Hernán Cortés conquiert le Mexique des Aztèques entre 1519 et 1521, et que Francisco Pizarro envahit le Pérou des Incas entre 1532 et 1534.

La supériorité technologique et l'audace des Espagnols, ainsi que la démoralisation (à laquelle participent des croyances comme le mythe de Quetzalcoatl) et les divisions des Amérindiens ont permis ces conquêtes exceptionnelles. À partir du Mexique, les Espagnols colonisent les Philippines (années 1560), où ils se heurtent aux limites orientales de l'Empire colonial portugais.


L'espagnol Vasco Núñez de Balboa découvre le Pacifique

 

L'espagnol Vasco Núñez de Balboa fait parti de ces aventuriers qui partent pour ces nouvelles terres à peine découvertes afin d'y gagner gloire et fortune.

Depuis peu, les espagnols ont lancé des expéditions dans le nord de l'Amérique du Sud et commencé à fonder des villages, notamment Santa María la Antigua dans le Golfe de Darién, entre la Colombie et le Panama actuels. 
Nommé gouverneur de cette région, Balboa apprend d'un indien Comagre l'existence d'un endroit dont les habitants échangeaient des perles et de l'or contre des tissus et des prisonniers, situé sur les rives d'un grand océan.
En janvier 1513, Balboa accompagné de guides indiens et de soldats entame la traversée de l'isthme. Après plus de deux semaines passées à traverser une forêt impénétrable, il arrive le 25 septembre au sommet d'une cordillère d'où il aperçut une mer qu'il appela «Mer du Sud», simplement parce qu'elle se situait au sud de l'endroit où il était. 
Balboa devenait ainsi le premier Européen à voir l'Océan Pacifique, et à le faire savoir, ouvrant une nouvelle étape dans la connaissance de la planète.

 

Les autres pays "découvreurs" :

L'Angleterre qui n'a pas encore pris part aux expéditions maritimes, confie à un vénitien, John Cabot, la tâche de découvrir par l'ouest une voie maritime vers la Chine.

Cabot et son fils Sébastien quittent Bristol le 2 mai 1497, à bord duMatthiew. Son idée est d'aller vers le Nord et de contourner par le haut le continent découvert par Christophe Colomb. Sept semaines plus tard, le Matthiew débarque ses occupants sur une terre déserte.Cabot la baptise "Prima Vista", probablement le Labrador actuel. Mais ni lui, ni son fils qui mènera d'autres expéditions ne découvriront la voie vers l'Ouest.

 

Si Magellan a découvert le passage au Sud de l'Amérique pour arriver aux Indes, certains pensent encore qu'il est possible de passer au Nord. Un navigateur français, né à Saint-Malo, Jacques Cartier se voit chargé par François 1er de rechercher, au nord du Nouveau Monde, un passage vers l'Asie.
Au cours des trois voyages qu'il effectue entre 1534 et 1542, Cartier ne découvre pas ce passage mais il remonte le fleuve Saint-Laurent, découvre Montréal et Québec, rencontre des populations amérindiennes tels que les Algonquiens et les Iroquois avec qui il établit des relations cordiales.

Il prendra possession de cette terre au nom du roi de France et la nommera "Canada" .
Entre 1541 et 1542, les premiers colons français qui devait peupler cette "Nouvelle France" apportée à la Couronne Royale, s'installèrent le long des berges du Saint Laurent.

 
Après 36 jours de voyage, à la fin de 149 Christophe Colomb arrive aux Bahamas. Il pense se trouver en Extrême-Orient, ce pourquoi les habitants seront, par méprise, appelés « Indiens ».