D'abord, qu'est-ce qu'on entend par Restauration ?

C'est le nom que les historiens donne au régime qui vit la restauration de la dynastie des bourbons sur le trône de France après Napoléon 1er, en 1814  jusqu'en 1930.

Deux rois vont se succéder :
les frères de louis XVI, d'abord Louis XVIII jusqu'en 1924, puis Charles X (le dernier frère de Louis XVI) jusqu'en 1830 , date à laquelle une nouvelle révolution éclate (La Révolution de Juillet à la faveur de laquelle un nouveau régime, la monarchie de Juillet, succède à la Seconde Restauration ; cette révolution se déroule sur trois journées, les 27, 28 et 29 juillet 1830).
Le peuple parisien se soulève, dresse des barricades dans les rues, et affronte les forces armées, commandées par le maréchal Marmont, au cours de combats qui font quelque 200 tués chez les soldats et près de 800 chez les insurgés.Charles X et la famille royale fuient Paris. Les députés libéraux, majoritairement monarchistes, prennent en main la révolution populaire et, au terme de l’« hésitation de 1830 », conservent une monarchie constitutionnelle, au prix d’un changement de dynastie.


Charles X abdique en faveur de son petit-fils, mais c'est finalement Louis Philippe d'Orléans qui est désigné par la bourgeoisie pour lui succéder.

La maison d’Orléans, branche cadette de la maison de Bourbon, succède à la branche aînée ; Louis-Philippe Ier est proclamé « roi des Français » et non plus « roi de France ».

Donc, la Seconde Restauration est le régime politique de la Francede 1815 à 1830. 


Louis XVIII :

Mais, qu'est devenu Louis XVII ?
Il est né  le 27 mars 1785. Et mort à Paris, le 8 juin 1795.
Louis-Charles, fils cadet de Louis XVI, était devenu l'héritier du trône à la mort de son frère aîné, le 4 juin 1789.

Le 21 janvier 1793, à la mort de Louis XVI, la reine Marie-Antoinette s’agenouille devant son fils devenu Louis XVII.
Les grandes puissances européennes le reconnaissent comme tel.
Mais l'enfant n'a pas le loisir de jouir de son titre.
Il est enlevé quelques mois après à sa mère Marie-Antoinette et élevé dans l'enceinte de la prison du Temple.

Suite à la mort en prison du petit Louis XVII, son oncle, le frère de Louis XVI, comte de Provence, devient pour les royalistes le souverain légitime. Âgé de 40 ans, en exil à Vérone, en Italie, il prend le nom de règne de Louis XVIII.

 Portrait de Louis-Charles, futur Louis XVII, attribué à Élisabeth Vigée-Lebrun (National Gallery)Portrait de Louis XVII attribué à Vigée-Lebrun.

 

 

 

 

 

 Autoportrait (Mme Vigée-Lebrun)

 

 

 

 

Donc Louis XVIII a été proclamé roi à la mort de Louis XVII.

Il avait déjà fuit la france aux mains des révolutionnaires, en 1791. Il s'est exilé dans toute l'Europe, notemment en Italie, en Allemagne, en Pologne et en Angleterre. Il tente de constituer en France des réseaux royalistes., en Vendée et dans le Midi.
Il est appelé sur le trône par le Sénat, en 1814 lorsque Napoléon abdique.

Il accorde alors une Charte Constitutionnelle aux Français, lassés par la guerre mais qui veulent néanmoins conserver les acquis de la révolution.
 
Le 19 mars 1815, le roi Louis XVIII quitte Paris pour l'exil, laissant le champ libre à l'ex-Empereur Napoléon 1er, de retour de l'île d'Elbe
.


Le 20 mars 1815, Napoléon entre dans Paris par la barrière d’Italie pendant que Louis XVIII s’enfuit par la barrière de Clichy. Ce dernier va s’exiler à Gand pendant la période que l’histoire appelera les Cents-Jours.
Le 18 juin 1815, les rêves de Napoléon s’effondrent : c’est la défaite de Waterloo.
Le 22 juin il est contraint d’abdiquer et est exilé à Saint Hélène.

Le 8 juillet 1815, Louis XVIII est de nouveau à Paris. Il applique une politique réactionnaire sous l'influence des "ultras".  X'est la période de la "terreur blanche".
Louis XVIII
conseillé par Decazes , mise sur l’élection d’une chambre plus modérée en 1818, susceptible de ramener la sérénité en France.
Il empêche les royalistes menés par son frère le comte d’Artois de pratiquer des représailles contre les Bonapartistes. Il tente de jouer la réconciliation nationale en nommant des ministres modérés.

Decazes s'insinue dans les bonnes grâces de Louis XVIII, qui finit par lui porter un attachement extravagant, l'appelant son « cher fils », le couvrant de bienfaits, embrassant avec ardeur ses amitiés et inimitiés politiques et privées.
Appelé, le 24 septembre 1815, à remplacer Fouché, il conservera le portefeuille de la police pendant toute la durée du ministère Richelieu : il s'y fait l'instrument de la politique royale tendant à combattre le parti ultra-royaliste afin de rallier les éléments hostiles à la monarchie. Il accentue encore cette politique lorsque, après la retraite de Richelieu en 1817, il devient le véritable chef du gouvernement, d'abord comme ministre de l'Intérieur, puis comme président du Conseil (nov. 1819).
Au début de 1820, voyant l'échec de sa tentative, il négocie un rapprochement avec la droite.
Mais l'assassinat du duc de Berry (13 févr. 1820), dont il est rendu injustement responsable (« Le pied lui a glissé dans le sang », dira Chateaubriand), oblige Louis XVIII à se séparer de son favori, qu'il fait duc et ambassadeur à Londres.
L'arrivée au pouvoir des ultras, en décembre 1821, met fin à sa carrière politique, bien qu'il siège à la Chambre des pairs jusqu'en 1848. Le centre métallurgique de Decazeville est sa création.

Devenu infirme, mené adroitement par sa favorite Mme de Cayla, Louis XVIII va laisser peu à peu son frère et futur roi Charles X prendre le pouvoir. Le nouveau ministère composé d’ultra-royalistes menés par le comte de Villèle gardera le pouvoir jusqu’en 1827. Le libéralisme est terminé, la France interviendra même en Espagne pour y écraser le régime libéral.

Louis XVIII

Louis XVIII pendant la "Terreur blanche"

En 1824, le 16 septembre, à quatre heures du matin, Louis XVIII s'éteint, rongé par une gangrène infectieuse aux jambes. Son frère, lui succède et devient Charles X.

 

Charles X :

Dernier frère de Louis XVI, Charles est aussi appelé Duc d'Artois, émigre dès 1789 et devient le chef des "Ultras".

Les "Ultras" sont les nobles qui défendent l'ancien régime.
Il tentera et échouera un débarquement à l'île d'Yeu en 1795. Ce débarquement sera un désastre et il abandonnera les insurgés à leurs sorts et rentrera en Angleterre.

Fichier:François Pascal Simon Gérard 006.JPG

Baron François Gérard (atelier de)
(1770-1837) Vers 1825

Huile sur toile - 1,62 m × 1,30 m (la toile a été réduite)

 

La représentation du roi et de l’empereur reste esthétiquement conforme aux critères qu’a instaurés le portrait de Louis XIV peint par Rigaud (1701). Alors que les régimes sont extrêmement différents, les représentations officielles des souverains successifs demeurent visuellement les mêmes : les conditions et l’exercice du pouvoir ont beaucoup évolué entre 1776 et 1825, mais les codes officiels n’ont pas ou que peu changé. Comme si, précisément, l’image ainsi fixée du souverain, si décisive dans l’affirmation et l’exhibition du pouvoir royal, servait à stabiliser symboliquement la nature du pouvoir. Ce n’est qu’après la révolution de 1830, quand Louis-Philippe, puis Napoléon III troqueront le grand habit du sacre contre l’uniforme militaire, que le portrait royal ou impérial connaîtra une véritable évolution.

 

En 1824, il se fera sacré à Reims afin de restaurer l'ancien régime et dédommagera les "émigrés" ( "Le milliard des émigrés") et fera revenir les jésuites pour s'octroyer les faveurs de l'Eglise.

Contraint par le succès électoral des libéraux (1827) d'appeler Martignac (1828), il subit ses concessions libérales puis le renvoie au profit de Polignac et de son ministère ultra (1829).
À ses menaces l'opposition libérale réplique par l'adresse des députés (mars 1830) qui proclame avec force leurs droits intangibles. Le roi renvoie la Chambre et, devant le nouveau succès électoral des libéraux (juillet 1830), signe quatre ordonnances (25 juillet) suspendant la liberté de la presse, dissolvant la Chambre, restreignant le droit de vote.
La révolution parisienne qui s'ensuit (27-29 juillet) l'oblige à abdiquer (2 août 1830) et porte au pouvoir Louis-Philippe I
er.


Louis-Philippe Ier :

Il descend de Philippe d'Orléans, fils de Louis XIII et frère de Louis XIV

 

Louis-Philippe

 

Franz-Xaver Winterhalter (1806-1873) est chargé du portrait officiel de Louis-Philippe en 1839. Il est représenté en pied devant une vue du parc de Saint-Cloud. Vêtu de son uniforme de lieutenant général, il pose un peu de trois quarts, le regard tourné vers le spectateur, et serre sous son bras gauche son bicorne orné de la cocarde tricolore. La main droite est posée sur la charte de 1830 placée sur une table à côté de la couronne fermée, du sceptre et de la main de justice. Louis-Philippe porte l’écharpe de moire rouge, les croix et la plaque brodée de la Légion d’honneur, modifiée sous la Restauration, où figurent des drapeaux tricolores. « Roi bourgeois », Louis-Philippe rompt volontairement avec l’ostentation et les fastes de l’Ancien Régime.

Louis-Philippe 1er apparaît comme le «roi-bourgeois» par excellence.
Sa vie paisible aux Tuileries, auprès de la reine Marie-Amélie et de leurs cinq fils, reflète les aspirations de la bourgeoisie de son époque.

Son règne est une longue période de paix et de relative prospérité durant laquelle, fait exceptionnel, n'apparaît aucun impôt nouveau. Honoré de Balzac témoigne dans son oeuvre romanesque, la Comédie humaine, de la petitesse d'esprit des rentiers et des propriétaires de cette époque.

La présidence du Conseil est assurée par des hommes de qualité, en particulier l'austère François Guizot qui jette les bases de l'éducation publique mais sous-évalue les aspirations à plus de démocratie.

Louis-Philippe 1er, dans un souci d'œcuménisme, restaure le palais de Versailles, à l'abandon depuis le départ de Louis XVI, en octobre 1789, et y installe un musée de l'Histoire de France, avec, au fronton, l'inscription : «À toutes les gloires de la France». Il organise aussi le retour des cendres de Napoléon (15 décembre 1840) et fait élever, à l'est de la capitale, les colonnes du Trône, qui rappellent l'entrée solennelle de Louis XIV et Marie-Thérèse à Paris (tous les rois, à leur avènement, jusqu'à Louis XVI, procèdent à une «entrée solennelle» dans la capitale).

 

JPEG - 56.8 ko

Horace Vernet (1789-1863)
Le roi Louis-Philippe entouré de ses 
cinq fils sortant par la grille d’honneur du château de Versailles après 
avoir passé une revue militaire dans 
les cours le 10 juin 1837
, 1846
Huile sur toile - 367 x 394 cm
Versailles, châteaux de Versailles

 

La  «monarchie de Juillet», à l'image du souverain, s'affiche résolument pacifique. La seule guerre notable de cette époque est la conquête de l'Algérie. Louis-Philippe noue par ailleurs une relation cordiale avec Victoria, souveraine de l'ennemie héréditaire.

Le roi est visé par de nombreux attentats dont celui de Fieschi, le plus meurtrier, en 1835, qui débouche sur une restriction de la liberté d'expression. Les ouvriers, tels les canuts de Lyon, se révoltent en vain contre l'écrasement des salaires.

Les bourgeois libéraux, quant à eux, rêvent d'épopées et vivent dans le souvenir de la Grande Révolution et de Napoléon 1er. Leur nostalgie est alimentée par le «Retour des cendres» ; leur opposition à la monarchie de Juillet se nourrit des caricatures qui ridiculisent la personne du roi et des scandales qui discréditent les grandes familles (ainsi le meurtre horrible de la duchesse de Choiseul-Praslin par son mari pendant l'été 1847). Au terme d'une brève révolution, ils finissent par renverser le régime et imposer une IIe République...

 

Barricade à Paris en février 1848, par Horace Vernet

La Révolution française de 1848 est la seconde révolution française du XIXe siècle ; elle se déroule à Paris les 23, 24 et 25 février 1848. Sous l'impulsion des libéraux et républicains et suite à une fusillade malheureuse, Paris se soulève à nouveau et parvient à prendre le contrôle de la capitale. Louis-Philippe, refusant de lancer l'assaut sur les Parisiens, est donc contraint d'abdiquer en faveur de son petit-fils le 24 février. Mais les révolutionnaires imposent un gouvernement provisoire républicain, tuant la Monarchie de Juillet, créant la Deuxième République le 25 février 1848.

 

Cette seconde République fait donc suite à la monarchie de juillet juqu'au sacre de Louis Napoléon Bonaparte qui deviendra l'Empereur Napoléon III, souverain du second empire, le 2 décembre 1852.

Avant, Louis Napoléon Bonaparte fut élu Président de cette deuxième république, en décembre 1848.
Un texte, une constution a été élaborée par une assemblée constituante dominée par les républicains modérés (environ 500).  les monarchistes, qui vont former le parti de l'ordre, sont 200. Les républicains radicaux totalisent environ cent députés. Les socialistes disparaissent de l'Assemblée (seul Armand Barbés est élu).
Ce texte voté le 5 novembre 1848 prévoit qu'à côté d'un président de la République, chef de l'exécutif, élu pour quatre ans au suffrage universel masculin et non rééligible immédiatement, siège une Assemblée législative élue pour trois ans au suffrage universel toujours masculin, qui vote les lois et contrôle le gouvernement. 

Louis napoléon Bonaparte, derrière lequel se range le parti de l'ordre, est élu avec plus de 75 % des voix, tandis que Cavaignac, représentant les républicains (avec Lamartine et Ledru-Rollin) , n'arrive que second avec 19 % des voix.
C'est dire si la chambre élue en avril 1848, ne correspond plus avec la majorité présidentielle.

Une nouvelle élection législative est acceptée pour mai 1849.

Le parti de l'ordre gagne ces élections (53 % des voix, 64% des élus), les démocrates-socialistes progressent (25 % des voix) alors que les républicains modérés sont laminés (11 % des voix). Au grand effroi des conservateurs qui voient l'avancée du « spectre des rouges », la France se divise politiquement et ce pour longtemps.

Bonaparte tente d'obtenir de l'assemblée une révision de la constitutionqui lui permettrait de se représenter en 1852.
Il ne parvient pas à convaincre l'assemblée qui refuse la révision. Il ne lui reste plus que la solution du coup d'État.
Les conjurés préparent l'opération, qui doit avoir lieu fin septembre. À la suite de l'hésitation de certains conspirateurs, elle est finalement reportée.

Le 2 décembre, l'armée occupe Paris et le président dissout l'Assemblée dont une partie des députés sont arrêtés après une résistance rapidement matée, rétablit le suffrage universel et convoque les électeurs à un plébiscite pour l'approbation du coup de force et l'établissement d'une nouvelle constitution.

Les Français confient à Louis-Napoléon Bonaparte le droit de modifier la Constitution de 1848. Le  7 novembre 1852, l'Empire est rétabli.

 

le 20 Décembre, à une écrasante majorité (92%), les français approuvent le coup d'Etat et confient à Louis-Napoléon le pouvoir pour 10 ans. Le 21 Novembre 1852, ils approuvent l'Empire à 97% des voix. c'est la fin de la Seconde République.