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Il faut distinguer les peintres qui ont représenté des animaux dans leurs œuvres et ceux qui s'en sont fait une spécialité, que l'on nomme à ce titre "peintres animaliers". Parmi les animaux on distingue souvent les animaux de compagnie (chats, chiens...), les animaux domestiques (les animaux de la ferme...) et les animaux sauvages (ceux qui ne sont pas domestiqués dans nos contrées ou qui peuplent les espaces qui leur appartiennent.

  • Les animaux peints sur les murs des grottes préhistoriques restent un mystère.

Qui étaient ces artistes ? De qui tenaient-ils leur art ? Pourquoi peignaient-ils ces fresques ? Pour qui ces gravures étaient-elles destinées ? Comment des hommes dits « primitifs » ont-ils pu peindre un cheval harnaché ?

L'artiste préhistorique a représenté principalement la faune de son époque, délaissant la flore, les éléments géologiques, et ses propres outils. Sans que l'on sache pourquoi, les représentations humaines sont rares...

Les animaux, en général de grands herbivores, forment la catégorie de loin la plus nombreuse, la plus connue parce que la plus spectaculaire, celle aussi où la qualité artistique est la plus accomplie. En nombre les chevaux et les bisons sont largement dominants.


Bisons et chevaux de la grotte  Chauvet (environ 30 000 ans avant J.C.)

 

  •  Les animaux peints durant l'antiquité

 Les Grecs ont  contribué à développer ce genre de peinture même si c'est plutôt dans la  sculpture que l'art animalier s'est exprimé. Le goût pour les bêtes peintes apparaît aussi dans les mosaïques et les peintures de Pompéi.

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Fresque de Pompéi de - 1 siècle avant JC

  • La religion et la représentation des animaux au moyen-âge

On rencontre donc de nombreux animaux, réels ou monstrueux, dans les  livres de la Bible :

- lions (de Judas, de Daniel, de Salomon, de saint Marc…),
- baleine de Jonas,
- béliers, bouc,
- agneaux du sacrifice, licornes,
- ânes compagnons de la vie du Christ,
- taureau de saint Luc,
- aigle de saint Jean,
- dragons de l’Apocalypse,
- colombes…

Leur symbolique est complexe, ambiguë (tantôt positive, tantôt négative) : ils incarnent souvent l’affrontement entre le Bien et le Mal.

Animaux rentrant dans l'arche de Noé - Vers 1410 -

 

  •  Bestiaire de la renaissance :

1ère Renaissance : le quattrocento.

Saint_George_and_the_Dragon_by_Paolo_Uccello 1458_1460 version de Paris

 Saint Georges terrassant le dragon de Paolo Uccello entre 1456 et 1460

 Les lois de la perspective sont encore enfreintes. Où Uccello a-t-il placé le point de fuite qui est unique ? Pourtant cette perspective venait juste d'être inventée. A moins qu'il ait donné plusieurs visions de la même scène, vue de 3  endroits différents !

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Giuseppe Arcimboldo 1528-1593 Portrait aux poissons et aux coquillages

L'eau  de la série de 4 éléments (la terre, le feu, l'eau, l'air).

 

Arcimboldo a composé son visage de poissons, de crustacés, de reptiles et de corail. Un requin aux dents acérées représente la bouche. La joue est une raie et un coquillage exotique figure l'oreille où est accrochée une perle. La tête est orné de corail rouge, une amulette qui protège du danger. Les carapaces du crabe et de la tortue forment une armure. Un collier de perles blanches et une boucle d'oreille atténuent la brutalité du tableau et rappelle la puissance de l'empereur. L'accumulation de poissons et d'animaux morts, entassés, crée un malaise accentué par les teintes froides, (gris brun noir).
  • Les animaux exotiques au XVII ème siècle, une peinture baroque


    "La chasse au tigre" de Rubens -1616

Les monarques européens ont toujours aimé la chasse.
Excités par les récits des grands voyageurs,ils révèrent de chasse exotiques. Rubens,nommé peintre officiel de la cour des Pays-Bas espagnols, se vit commander 4 tableaux représentants la chasse :
_ la chasse au tigre
- la chasse au sanglier
- la chasse à l'hippopotame et au crocodile
- la chasse au lion.

Problème : il ne s'était jamais rendu dans les contrées  où l'on rencontre ce type d'animaux pour un chasse ou un safari et les zoos n'existaient pas. Il rassembla quelques documents.
Il réussit à leur donner plus de réalisme et d'intensité que s'il avait participé à ces chasses.

 

  • Au 18 ème sont représentés dans les tableaux que quelques animaux de compagnie ( des chats, des chiens...) et des animaux morts, dans les natures mortes comme dans celles de Chardin.

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Jean-Baptiste-Siméon Chardin (1699-1779)
"Raie ouverte"

  •  Au 19ème d'autres artistes s'inspireront  du travail de Rubens pour honorer leur propre commandes de chasses exotiques qui seront remis à la mode par l'orientalisme du 19ème.
    Delacroix passera maître dans cet art.

Eugène Delacroix : tigre -1832 ; Cheval sauvage terrassé par un tigre - 1828 et jeune tigre avec sa mère

 

Son contemporain et néoclassique confrère, David, sera amené à peindre des chevaux en qualité de"premier peintre" de Bonaparte.

Le Premier Consul franchissant les Alpes au col du Grand Saint-Bernard (1801)


Puis vinrent les précurseurs de l'impressionisme, les réalistes, ceux qui reproduisait la nature :

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Courbet et sa "truite"                                     Une nature morte de Manet :

"le rouget et l'anguille"

 

 

"Le chevreuil chassé aux écoutes" de Courbet ( printemps 1867)

La chasse est l'une des occupations favorites de Courbet. Elle lui permet d'observer la nature et les animaux sauvages. Tant en Franche-Comté qu'en Allemagne, lors d'un séjour en 1859, il y trouve matière à des compositions qui plaisent immédiatement au public. Ainsi, au Salon de 1868 Le chevreuil chassé aux écoutes, printemps reçoit un accueil unanimement favorable de la critique.

 Des chevaux toujours, avec Rosa Bonheur, peintre animalière de ce siècle. Très célèbre de son vivant dans le monde entier elle rencontre la reine Victoria et Buffalo Bill...Elle peignait avec un soin quasi-photographique, détaillant les animaux dans leur milieu.

Le marché aux   chevaux - 1835. De Rosa Bonheur

Foire aux chevaux par Rosa Bonheur

Rosa Bonheur - Foire aux chevaux - 1853. 

Metropolitan Museum of Art, New York

On terminera ce 19ème siècle par une toile de 1898 qui représente encore un cheval, mais un cheval vert .

"Vert, ça n’existe pas.
- si, avec le reflet de l'herbe du pré sur sa robe blanche."
C'est le synthétique Gauguin qui peint en 1898 ce qu’il croit voir et non la réalité.Il y a la photographie pour ça.

Le cheval blanc

1898 – 140 cm x 91,5 cm

1898 Paris, Musée d'Orsay

"Derrière l'animal sacré, deux cavaliers nus s'éloignent en chevauchant à cru leurs montures. L'échelonnement de ces trois motifs animés dans le paysage accentuent la vision verticale et sans profondeur de la scène. Pour accentuer son caractère décoratif, Gauguin a utilisé une palette somptueuse. Les verts, du vert prairie à l'émeraude, et les bleus profonds contrastent avec des orangés, des roses et les teintes cuivrées de la peau des cavaliers."

Ce tableau est exposé au musée d'Orsay à Paris et a procédé à son analyse : http://www.musee-orsay.fr/index.php?id=851&L=0&tx_commentaire_pi1%5BshowUid%5D=254&no_cache=1

Un cheval pointilleux du pape du pointillisme, Seurat:

Le cirque - 1891

 

rat travaillera tout l'hiver 1890-91, jour et nuit, à la réalisation de ce grand tableau particulièrement complexe (40 personnages), désirant le présenter au prochain 8ième Salon des Indépendants de mars 1891.Seurat l'y exposera, partiellement inachevé. Il meurt subitement pendant l'exposition, à l'âge de 31 ans d'une angine infectieuse.Signac dira alors: "Notre pauvre ami s'est tué par trop de travail".

L'oeuvre de Seurat, réalisée sur moins de dix années de peinture, représente effectivement une énorme somme de travail, compte tenu de la méthode scientifique de Seurat, à l'opposé de la spontanéité impressionniste, avec ses multiples dessins ou "croquetons" préliminaires (jusqu'à trente pour la Grande Jatte) et sa technique pointillt fut incontestablement à l’origine d’une importante révolution en peinture et on peut se poser la question de savoir où son art l’aurait conduit s’il avait vécu plus longtemps.

L'oeuvre de son ami Paul Signac allait évoluer vers des touches plus larges et la libération des couleurs portées à leur paroxysme, dont le Fauvisme allait s'inspirer.


 

  • Enfin le 20ème siècle avec ce peintre naïf français auquel j'ai pensé avant de réaliser cet article.
    Tout le monde a reconnu Henri Julien Félix Rousseau que l'on appelle plus communément le Douanier Rousseau
  1.  Pour réaliser les animaux, Henri Rousseau utilisait un album de "Bêtes Sauvages" des Galeries Lafayette. Jaguars, panthères, flamants ont donc été copiés, voire reproduits à l'aide d'un pantographe.
Néanmoins, la promenade au Jardin des Plantes, qui comportait déjà à l'époque une ménagerie, a pu inspiré nombre de ses tableaux, en particulier Joyeux farceursqui représentent plusieurs singes.
     

 

 "La guerre" et ses auxiliaires - Autoportrait de l'artiste chevauchant un tigre (le rêve) - la raison.

"Pour peindre, il s’évertue à reproduire ce qu’il voit et essaie de faire coïncider ce qu’il voit avec ce qu’il sait des faits. L’exotisme abonde dans son œuvre même si Rousseau n'a pratiquement jamais quitté Paris. Son exotisme est imaginaire et stylisé, issu du jardin des plantes du jardin d'Acclimatation, des revues illustrées et des revues de botanique de l’époque.

On lui reprochait ses portraits de face de personnages figés, son manque de perspective, ses couleurs vives, sa naïveté et sa maladresse mais « Les nostalgiques de l'enfance, les traqueurs de merveilleux et tous ceux qui entendaient naviguer loin des normes s'emballèrent. Ils virent en ce douanier un passeur, un homme à la lisière entre raison et fantasme, entre civilisation et sauvagerie.»

2 - Des animaux morts de Chaïm Soutine :

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3 - Des animaux volants permettant à Dali de régler ses comptes avec son papa :

Il était le fils de Felipa Doménech et de Salvador Dali notaire de Figueras. On disait de son père que c’était un homme autoritaire et qu’il avait causé la mort du frère aîné de Dali, appelé également Salvador, né en1901 et décédé deux années plus tard. Les parents de Dali furent très troublés ; par la suite ils comparèrent les deux enfants et habillèrent Salvador avec les vêtements de son aîné, lui donnant les mêmes jouets et le traitant comme la réincarnation de leur fils mort et non comme un individu à part entière.

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La statue du poisson. L'homme et l'enfant

 

4 - Les animaux surréalistes de Magritte :

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Le poisson (ou l'invention collective) - (1935)

 

La grande famille - (1963) - Magritte