En juin 1907, Renoir achète le domaine des Collettes à Cagnes-sur-Mer, où se trouvait une vieille ferme. Parmi les oliviers centenaires, il construisit un atelier vitré qui lui permet de continuer à peindre à l'abri, tout en se donnant l'illusion du plein air que ses infirmités désormais lui interdisent. Le motif préféré du peintre, au sein de la propriété, était sans conteste la ferme, avec le splendide tilleul. Ici, la façade est comme humanisée, parsemée de touches jaunes et ocre rose renvoyant aux tonalités de la chair. Cette maison est devenue depuis 1960 le musée Renoir.

 

Paralysé, cloué dans un fauteuil roulant, les mains déformées, jamais il ne perdra le goût de peindre. Ses thèmes préférés en cette fin de vie seront :

  1. Les paysages méditerranéens (de sa ville, de sa demeure)
  2. les gens qu'il aime,
  3.  les nus féminins.

Pierre-Auguste Renoir, Nu assis.

Sans revenir à un coup de pinceau purement impressionniste, il va infléchir le trait, abandonner la rigueur tout en conservant le modelé de ses sujets.

  • Renoir peint Cagnes avec des tons chauds, témoins de son amour pour le village et la chaude lumière du sud.


Les terrasses de Cagnes

  • La guerre n'épargne pas la famille Renoir.


Pierre et Jean sont mobilisés en 1914. Pierre est blessé dès les premiers jours du conflit. Puis c'est au tour de Jean. Aline se rend alors à son chevet. C'est au retour d'un voyage exténuant effectué à Gérardmer où son fils cadet est hospitalisé qu'Aline
, la radieuse jeune femme des canotiers, la mère attentionnée, la femme de Renoir, désormais fatiguée, souffrant de diabète, s'éteint à Nice, le 27 juin 1915, dans un appartement que les Renoir louent, 1 place de l'église du voeu. Elle a cinquante-six ans. On l'inhume alors dans le cimetière du château à Nice.

  • Fin 1919, il quitte Cagnes pour se rendre au Louvre. De retour, le 30 novembre, il commence une petite nature morte. Il la termine mais avec elle sa vie s'achève. Deux médecins, sa cuisinière, La Grande Louise, et ses fils sont près de lui. Il s'éteint aux "Collettes" le mercredi 3 Décembre 1919.


Après la mort de Renoir, Matisse qui lui rendait souvent visite à Cagnes continue à peindre dans le jardin des Collettes mais ce jardin lui paraît bien triste désormais en 1920. Ce paysage représente la Venus Victrix de Renoir en plâtre blanc. La statue est vue ici de face avec des tonalités joyeuses, le rose vif des fleurs vient ponctuer une profusion de verdure. L'impression que Matisse a conçu cette oeuvre comme un hommage est confirmée par la vigne vierge qui envahit le socle de la statue, synonyme d'abandon. De plus, des feuilles vertes dissimulent les traits de Vénus dans une sorte de rappel de la tradition funéraire où les pleurantes ont souvent les yeux cachés par un voile.

Henri Matisse : Le jardin de Renoir à Cagnes 1918-1920


En guise de conclusion, voir une vidéo de France 3 sur une exposition "Renoir au 20ème siècle", c'est à dire à la fin de sa vie. Cette exposition s'est tenue en 2010 au Grand Palais. Cliquez ici et patientez  le temps que l'image se charge.