1. La peinture académique, le néo-classicisme , l'orientalisme.

La peinture académique (1830-1880) est la peinture produite sous l'influence d'une Académie des Beaux-arts ou par un  système des Beaux-Arts.

La peinture académique recouvre les courants  qui dominent la peinture occidentale du milieu du 19éme, sous l'influence des Académies d'Europe dédiées aux Beaux-Arts et en particulier de l'Académie des Beaux-Arts de Paris, alors la plus rayonnante. Ainsi, parmi les artistes emblématiques de la peinture académique, figurent les peintres français du Second empire :

- William Bouguereau et Jean-Léon Gérôme.

L'académisme est caractérisé par un goût très fort pour les thèmes historiques et le goût pour l'orientalisme. La peinture académique emprunte au néoclassicisme de David ou d'Ingres sur le plan thématique, stylistique autant que technique (glacis).. 

L'application du mot « pompier » à l'art académique, apparue auXIX ème siècle (1888 d'après le Robert) pour le tourner en dérision, est sans doute une allusion aux casques brillants de certains personnages des grandes compositions de l'époque, qui rappelaient ceux des sapeurs-pompiers.

Achat d’une esclave chrétienne par des arabo-musulmans.
Toile de Jean-Léon Gérôme datant de 1866.

 

A mesure que s’ouvrent les portes de l’Orient, les échanges, missions et voyages, notamment d’artistes, se multiplient et donnent un élan prodigieux à cet orientalisme.
En fait, il ne s’agit pas d’un mouvement pictural à part entière, ni d’une école, ni d’un style, mais d’un sous-genre qui débute en France, les peintres gardent leurs styles originels. Certains restent dans l’académisme pur, d’autres évoluent vers des styles plus novateurs.

Fichier:Le Bain Turc, by Jean Auguste Dominique Ingres, from C2RMF retouched.jpg

Le bain turc d'Ingres peint en 1862

Pour réaliser ce tableau, Ingres n'a recours à aucun modèle, mais s'inspire des nombreux croquis et tableaux qu'il a réalisés au cours de sa carrière. On retrouve ainsi des figures de Baigneuses et d'Odalisques qu'il dessinait ou peignait le plus souvent seules, sur un lit ou au bord d'un bassin. La figure la plus connue recopiée dans le tableau est La Baigneuse de Valpinçon, qui est reprise quasiment à l'identique et constitue l'élément central de la composition. De même, l'odalisque aux bras levés qui s'étire au premier plan fut peinte d'après un croquis représentant la femme de l'artiste - Madeleine Chapelle (1782-1849) - réalisé en 1818. L'épaule droite de cette dernière est abaissée, alors que son bras est relevé


Jean-Auguste Dominique Ingres,
La Baigneuse, dite de Valpinçon, 1808

File:Jean-Paul Flandrin - Odalisque with Slave - Walters 37887.jpg

L'esclave et l'odalisque - 1842

Pour  Émile Zola, cet art est par ailleurs empreint du moralisme bourgeois de son époque et d'un sens jugé hypocrite de l'érotisme

         2- les pré-impressionnistes (parmi lesquels figurent, tous les précurseurs de l'impressionnisme).

Entre 1820 et 1850, la peinture française connaissait de prestigieux mouvements artistiques, avec

  • la révolution romantique (Géricault, Delacroix),
    puis la révolution réaliste(Courbet, Millet, Manet) et
    naturaliste des peintres de l'Ecole de Barbizon (Daubigny, Rousseau, Troyon, Corot).

 

Sous l'influence des paysagistes britanniques Bonington, Constable, Turner,

  • le paysage allait devenir un genre à part entière dans la peinture française, dont Corot sera le représentant le plus illustre.

Courbet, Corot et Delacroix, représentent alors l'avant-garde de la peinture française, et vont constituer les modèles dont tous les impressionnistes vont s'inspirer à leurs débuts.

Le romantisme :

C'est un mouvement culturel qui a commencé vers 1775 et a duré jusqu'en 1850 après s'être complétement imposé aux gens de lettres et aux artistes après 1825. On a voulu réagir contre les excès du classicisme trop rationnel, trop sec et redonner le goût à la jeunesse, au rêve, à l'imagination. Ce mouvement n'est pas typique de la France, l'Allemagne, l'Angleterre et l'Italie l'ont connu avant la France.
Après la recherche du bonheur du XVIIIème siècle, on est très intéressé au contraire par le malheur, l'amour méconnu, la mort, les accidents terribles.

Théodore Géricault, peint ce tableau entre 1817 et 1819.


  Il fait référence à un épisode tragique de l'histoire de la marine française,
le naufrage de la frégate Méduse en 1816.
Ce tableau est actuellement conservé au musée du Louvre, à Paris.

On redécouvre la couleur, l'Orient, le sentiment de l'instant, le mouvement, la fascination avec la mort.
Delacroix
 est le peintre romantique par excellence.

Delacroix, Le Bon Samaritain, (1849. Paris. Collection privée).0

Ce tableau illustre le moment où le Samaritain hisse le blessé sur son cheval

Le réalisme :

Le réalisme est un mouvement du xixe siècle qui se déroule environ de 1830 à 1870. Il fait la transition entre le romantisme et l'impressionnisme. Il étudie la réalité dans son authenticité.
La révolution de Juillet contre la Seconde Restauration a des répercussions dans le domaine artistique : les conventions néoclassiques alors en vigueur sont rejetées et le réalisme s'affirme. Là où le néoclassicisme se référait à la pensée antique d'un idéal parfait, équilibré, mesuré, le réalisme veut montrer ce qu'il représente de manière objective. On peut rapprocher cette pensée des avancées techniques qui avaient alors lieu lors de la Révolution industrielle. Appliquant une méthode dérivée de la méthode scientifique, l'artiste s'attache alors à représenter ce qu'il voit et non plus des sujets académiques. Les paysans ou les gens du peuple deviennent des sujets de tableaux.
Il y a trois peintres fondamentaux : Jean-Baptiste Corot, Gustave Courbet et Jean-François Millet

Fichier:Courbet Sleep.jpg
Le sommeil - Courbet

 

Édouard Manet, le chemin de fer - 1873

Les naturalistes :

Pour mieux comprendre cette école du naturalisme, il faut la comparer au réalisme, ces deux variantes d’un même concept se réunissent autour d’un axiome, le goût du réel et de la scène présente qu’ils s’attachent à reproduire selon les mêmes canons. Cette notion de Réalisme et de Naturalisme est issue des écrits de Zola qui furent à l’origine de la naissance de ce mouvement pictural bicéphale. Toutefois, réalisme et naturalisme s’en éloignent picturalement quant au traitement de cette réalité, notamment quant aux conditions historiques politiques et socioculturelles qui émergence de cette époque. Même si les réalistes contestent la thématique traditionnelle des écoles antérieures, ils valorisent eux-aussi l’individu sans distinction qu’ils incluent dans les nouveaux mécanismes humains et sociaux.

Le Réalisme vise à représenter la réalité telle qu’elle est, sans chercher à l’idéaliser, par opposition au Romantisme. Le Naturalisme, par contre, consiste à décrire les choses comme un scientifique décrirait la nature, mais le naturaliste renforce ou développe certains caractères du Réalisme (il grossit le trait, dirait-on, un peu à la manière d’un scénariste un peu partisan !).

 

Fichier:Les foins.jpg

les foins de jules Bastien-Lesage 1877Huile sur toileH. 160 ; L. 195 cmParis, musée d'Orsay© RMN (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski

 

Site du musée d'Orsay :http://www.musee-orsay.fr


"Petit-fils de Millet et de Courbet" selon Zola, Jules Bastien-Lepage s'est fait une spécialité des scènes agrestes, loin des mièvreries pastorales dont le Salon abondait. Les foins suscita l'enthousiasme de Zola, qui y voyait le chef d’œuvre du naturalisme en peinture."


3 - L'école de Barbizon

Ce sont plutôt des réalistes-paysagistes qui peignent la forêt en plein air comme les impressionnistes.

 L'appellation tient son nom du village de Barbizon, situé en lisière de la forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne), autour duquel certains artistes peintres affluèrent pendant près de cinquante ans entre 1825 et 1875.

Il faut attendre 1890 pour voir le terme d'« école de Barbizon » apparaître, dans l'ouvrage du critique d'art écossais David Croal Thomson intitulé : The Barbizon School of Painters. Depuis, ce terme est remis en cause par les historiens de l'art qui contestent l'idée qu'il y aurait eu une « école » à Barbizon. On aurait plus affaire à un ensemble de peintres aux styles très différents, qui, à des époques très diverses, ont trouvé une source d'inspiration dans la forêt de Fontainebleau.

 

J. Coignet, Les Peintres sur le motif en forêt de Fontainebleau.

4 - les impressionnistes (le style impressionniste)

Les impressionnistes n'ont pas véritablement constitué une école, telle qu'a pu l'être, par exemple, entre 1830 et 1860, l'École de Barbizon, installée dans la forêt de Fontainebleau .

Les œuvres des grands peintres réputés impressionnistes sont en réalité diverses et bien différentes entre elles. S'il y a bien un style 'impressionniste" - dont Pissarro, Monet, Sisley sont les représentants les plus typiques -, chaque peintre suit sa propre recherche, son propre cheminement individuel.

   Pissarro, Louveciennes  - Claude Monet, route de Giverny en hiver - Cl. Monet, régate à Argenteuil

Sysley, "Port-Marly"
  

Point d'école donc qui aurait codifié un style de peinture unique, mais autant d’œuvres singulières qui se sont élaborées, pour un temps au moins, au sein du "mouvement impressionniste". Celui-ci peut être vu davantage comme la démarche d'un "groupe de peintres", aux personnalités artistiques propres, ayant en commun leur rejet de la peinture superficielle et leur recherche - picturale entre autres - d'une nouvelle manière de représenter le monde réel, et solidaires dans leur combat contre l'exclusion dont ils seront les victimes de la part des institutions - Académie des Beaux-Arts et Jury du Salon -, et de la plupart des critiques.

Cette non-reconnaissance les conduira, de guerre lasse, à organiser, sur une période  de 12 ans de 1874 à 1886, leurs propres expositions (8 au total), ce qui constitue une première et l'originalité marquante du mouvement.

On discute encore aujourd'hui de savoir si Degas, ou Cézanne, qui apparaît bien davantage comme un précurseur du XX ème siècle, sont bien des peintres impressionnistes...La question n'est pas nouvelle puisque Monet écrira peu de temps avant sa mort :"... je reste désolé d'avoir été la cause du nom donné à un groupe dont la plupart n'avaient rien d'impressionniste ".

Les itinéraires des peintres du groupe impressionniste doivent donc bien être considérés individuellement et restent prépondérants.

D'autre part l'histoire du mouvement fut relativement brève, et certains des peintres qui ont accompagné ce mouvement dès son commencement, comme Renoir, Cézanne, Degas, Guillaumin, évolueront ultérieurement de façon nettement distincte. Sans parler évidemment des deux grandes météores dont la route a croisé pour un bref moment le mouvement impressionniste, Gauguin et Van Gogh.

5 - Les postimpressionnistes

Le postimpressionnisme est un ensemble de courants artistiques qui, durant la période allant approximativement de 1885 à 1915, diverge de l'impressionnisme ou s'oppose à lui (néo-impressionnisme, synthétisme, symbolisme, nabis...).

  • Parmi tous ces peintres qui sont allés au-delà de l'impressionnisme, je citerai :

L'inclassable Van Gogh qui a croisé les impressionnistes, mais qui a suivi son propre chemin jusqu'à creuser sa tombe.
Autres peintres de ce courant :

  • Cézanne, Degas, Gauguin et son synthétisme
  • L'école de Pont-aven
  • Renoir
  • Bonnard
  • Toulouse-Lautrec

et des peintres que je n'ai pas classés : ...

Afficher l'image d'origine

Nature morte à la commode de Cézanne en 1885

Contrairement aux autres peintres de son époque, Paul Cézanne réalise des natures mortes, rendant à ce genre les lettres de noblesse qui ont été les siennes, avec le portrait et le paysage, pendant des siècles.

 

Degas - L'étoile ou la danseuse sur scène    -   Autoportrait de Gauguin -    G. Seurat, "le cirque", vers 1891

A partir de 1884, beaucoup d'artistes rejettent  la spontanéité des impressionnistes et défendent une peinture plus construite.

C'est le cas de Gauguin (1848-1903) qui part à Tahiti où il est ébloui par la beauté exotique de l'île. Il choisit des couleurs vives qu'il applique de façon uniforme.
Quant à Seurat qui s'attache à l'analyse scientifique de la lumière, il est le chef de file du courant pointilliste

Le Pointillisme est une manière de peindre de certains impressionnistes. Le pionnier et le théoricien fut Georges Seurat. Le pointillisme est basé sur des faits scientifiques : le mélange de points colorés. Ce mouvement regroupe Signac et  Pissarro à une période, à sa manière.

L'école de Pont-Aven :
Pont Aven abrite déjà plus d'une centaine d'artistes venus du monde entier dans le sillage du peintre américain Robert Wyllie, arrivé vingt ans plus tôt. Mais Gauguin, en véritable précurseur crée un mouvement nouveau dit du « synthétisme ». C’est au bord des rives de l’Aven que le peintre découvre l'énergie des couleurs. Il revendique la simplification extrême des formes : « Peignez ce que vous voyez, non ce qui est ! », clame-t-il. En ralliant autour de lui une vingtaine de peintres de nationalités diverses, parmi lesquels Émile Bernard, Paul Sérusier, Charles Filiger, Émile Schufferecker, Meyer de Hann et bien d’autres, il porte sur les fonds baptismaux l’École de Pont Aven.

Image

Paul Gauguin : les 4 bretonnes (1886)

 

renoir, terrasses à cagnes

Après avoir tiré les leçons du pleinairisme impressionniste, Renoir se tourne, à l'aube au XXe siècle, vers des paysages exclusivement méditerranéens, comme une référence à la terre antique. "Terrasse à Cagnes", 1905

Les nabis (illustré par le Nabi japonisant, P.Bonnard)  :

Partie de croquet, Pierre Bonnard
Peintre postimpressionniste, dessinateur et illustrateur français (1867-1947). Il faisait partie du groupe des « Nabis », qui désiraient exprimer une idée plutôt que de représenter le réel. Ce mouvement a pour caractéristiques l’exaltation de la couleur, la simplification de la forme et la suppression du relief. L’artiste était également marqué par la vogue du japonisme, une tendance qui décrit une conception différente de la perspective et de l’espace. Le tableau est sans doute inspiré par les estampes japonaises dont le peintre était très amateur. J’aime beaucoup l’audace des textures et la superposition des différents éléments du tableau.