Croissance économique n'est pas synonyme de prospérité ou bien de progrès.
La croissance économique est-elle obligatoire ?

DÉCROISSANCE ET EMPLOI


Faut-il lui substituer la croissance verte comme certains écologistes le préconisent ? Si l'on va vers la décroissance, que va devenir alors l'emploi ? Les pays pauvres ont le droit d'avoir notre standard de vie. D'ailleurs on parle maintenant de pays émergents. Ils polluent encore bien moins que les pays riches. La pollution ne serait pas leur souci. La Chine commencerait cependant à se pencher sur la question.

 

On confond souvent bien-être et abondance matérielle. la Richesse nous permet de presque tout acheter, mais comme le dit la sagesse populaire :" l'argent ne fait pas le bonheur"". Parce qu’en fait on ne pas tout acheter avec l'argent, pas tout ce qui est immatériel ou affectif (pas les sentiments , par exemple ou les émotions).

La croissance a été permise grâce au productivisme de la révolution industrielle, où l'homme a été remplacé par la machine.
L'écologie n'est pas l'ennemi de l'emploi, même si elle ne sacralise pas le travail comme Hitler : "Arbeit macht frei". Cette devise est très partagée.

Ainsi lorsque l’agriculture biologique remplace l'agriculture productiviste, outre le fait que celle-ci ne pollue pas, il lui faudra plus d'heures de travail pour obtenir la même quantité de produits agricoles qui seront de meilleurs qualité. Dans tous les domaines où la productivité du travail baissera, il faudra une quantité de main-d’œuvre plus abondante.

CROISSANCE ECONOMIQUE ET DIMINUTION DES EMPLOIS
Qu'est-ce que le capitalisme ?
Sinon le remplacement de l'homme par la machine censée lui ôter la pénibilité du travail.
En réalité les capitalistes comprennent qu'avec des machines de plus en plus perfectionnées ils pourront produire toujours plus et donc s'enrichir toujours plus sans subir les revendications des ouvriers qui voudront être payée toujours plus, sachant que le gâteau du capitaliste augmente sans cesse. Les machines ou le capital, c'est la même chose.

La croissance sera nulle si on produit la même quantité d'électricité avec des énergies renouvelables à la place de l'énergie nucléaire et fossiles. On aura ni compter le stockage des déchets radioactifs qui pourront se réveiller plus tard, ni les émissions de co2. La productivité étant en baisse, certes il y aura plus d'emplois et des prix plus élevés (car on aura pas tout compter dans le prix de production).
Peu de personnes accompagnent les personnes âgées en france comparé à d'autres pays. Si une politique du bien-être (une politique du "care") des vieux est enfin mise en œuvre en France, les mesures de productivité de ce secteur nous dirons qu'elle a diminué. On ignorera que la qualité des soins aura augmenté et que les services aux personnes âgées seront mieux rendus.
Le gouvernement actuel cherche à accroître la productivité dans d'autres secteurs non rentables à ses yeux, en diminuant les personnels à l'école, dans les hôpitaux...par exemple ( en ne remplaçant pas par les mêmes quantités, les effectifs qui partent en retraite). On appelle cela la modernisation de l’État. Pour mieux faire remplir ces services par le privé qui ne se privera pas de donner à ses actionnaires de beaux dividendes en faisant marner pour pas chers des collaborateurs qui la ramèneront ou se mettront en grève pour s'amuser.

 LE PIB UN INDICATEUR DE PRODUCTION ET NON DE BIEN-ÊTRE
Pour améliorer le bien-être des personnes en respectant l'environnement et la santé, les producteurs seront amener à accroître la qualité, la fiabilité, la longévité des produits, à améliorer la proximité, la solidarité, ce qui accroîtra l'emploi dans certains secteurs même si on est amené à le réduire dans d'autres plus polluants et qui apportent un bonheur limité aux êtres humains. Les emplois à supprimer sont souvent hautement capitalistiques, les emplois créés devraient donc largement compenser ceux qui seront détruits.
Actuellement la richesse d'un pays est déterminé par son PIB/HAB par les biens et services produits quelles que soient leur qualité. Plus un pays a d'accidents, plus il produit, plus il est prospère. On ne regarde si on y vit plus longtemps en bonne santé  ou si les inégalités sont plus faibles, si le lien social est fort, si les crimes et délits sont moins fréquents, si la démocratie y est la plus forte ou pas. Jusqu'à un certain seuil de PIB il y a corrélation entre ce PIB et ces indicateurs de développement. Ce seuil est de 20000 dollars par habitant. Ces performances entre le PIB et des indicateurs plus qualitatifs sont liés jusqu'à un certain point.

Carte des pays, par PIB par habitant

Ainsi la santé d'un pays dépend de multiples facteurs.
Vit-on en meilleur santé aux États-Unis qu'en France ?

Beaucoup de pauvres aux États-Unis n'ont pas les moyens de se payer une assurance santé et se soignent très mal ; Obama a essayé d'y remédier avec de nombreuses difficultés mais y est enfin arrivé (4,1 millions d'enfants supplémentaires vont avoir accès à une couverture maladie aux États-Unis. Le président américain a  promulgué en février 2009, la loi adoptée par le Congrès, qui élargit le système  d'assurance maladie des enfants aux États-Unis. Grâce à ce texte, ce sont onze millions d'enfants qui bénéficieront du système, contre 6,7 millions aujourd'hui).
En France, la CMU (couverture Maladie Universelle) a été créée pour soigner gratuitement ceux qui n'avaient pas de couverture sociale (il suffit de résider en France de manière stable et régulière pour être couvert par la CMU).

L'espérance de vie y est plus élevée qu'aux États-unis qui viennent pourtant d'ouvrir leur système de soins aux plus pauvres. Mais cette ouverture n'est pas le seul facteur qui améliore la santé des individus. Cette santé dépend aussi de l'environnement de l'individu, de ses conditions de vie, de son niveau d' éducation...(l'alimentation, les conditions d''accès à l'eau potable,  son assainissement, l'hygiène, l’activité physique ont toute leur importance dans la santé).
Ainsi le Costa Rica où les habitants ne disposent que de moins de 10000 $ par an ( contre près de 400000 $ aux États-Unis) ont la même espérance de vie.

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Le modèle productiviste peut devenir à un certain niveau du PIB contre-productif : alimentation trop riche, pollutions de l'industrie, inégalités et violences sociales... peuvent à terme, à un certain niveau être nuisible pour la santé et le bien-être des individus.

De la même façon que l’écologie ne date pas de la catastrophe japonaise ( La première présentation d'un candidat écologiste à la présidentielle date de 1974. Il s'agissait de René Dumont qui fut invité dans mon lycée par un couple de prof d'histoire-géo.communiste. Ils étaient tous en avance sur leur temps. Dumont était le plus célèbre des agronomes français, bien connu pour son éternel pull-over rouge. Il a surpris les Français en se montrant à la télévision avec une pomme et un verre d'eau, pour leur expliquer avec des mots tout simples combien ces ressources étaient précieuses et en péril. Il prédisait l'inévitable hausse du prix des carburants.).

Les indicateurs qualitatifs ne viennent pas d'être découverts !

 Le BNB (bonheur national brut) a été défini pour la première fois en 1972 par le roi du Bhoutan.Son but étant de bâtir une économie qui servirait la culture du Bhoutan basée sur des valeurs spirituelles bouddhistes, parmi d'autres objectifs moraux.

Maintenant l'ONU a palé en 1990 de l'IDH (indice de développement humain), dans son PNUD (Plan des Nations Unies pour le Développement)..

L'IDH se base sur trois critères majeurs :

  • l'espérance de vie,
  • le niveau d'éducation et
  • le niveau de vie.


Patrick Viveret fut chargé sous Jospin de définir des nouveaux facteurs de richesses. Il est donc l'auteur du rapport "reconsidérer la richesse" 'à la demande du secrétaire d'État à l’Économie solidaire, Guy Hascouët (2001-2004).
Vous pouvez avoir accès à ce rapport en cliquant ici.
Il est aussi écrivain et l'auteur de :

  •  Attention Illich, éditions du Cerf, 1976.
  • Pour une nouvelle culture politique (en collaboration avec Pierre Rosenvallon), Seuil, 1978.
  • Évaluer les politiques et les actions publiques, la Documentation Française, 1990.
  • Démocratie, passions, frontières, éditions Charles Léopold Mayer, 1995.

Plus récemment, Sarkozy, en 2008, a demandé un rapport au prix Nobel d'économie (2001) sur le même sujet, Joseph E. Stiglitz.( il s'agissait de conduire une mission de réflexion sur le changements des instruments de mesure de la croissance française).

Tous ces rapports sont restés lettres-mortes et ont servi à caler les meubles de la République.

On l'a compris, il faut progressivement sortir de la croissance qui n'est plus possible et la mesure en est imparfaite.

D'ailleurs celle- ci avait été dénoncée à la même époque que les enjeux écologiques, avec le premier choc pétrolier, comme le montre ces quelques bouquins écrits dans les année 70 où on avait assisté à une remise en cause du travail et de la société capitaliste :

Club de Rome :"Halte à la croissance" (1974)            

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                          Ivan Illich

Illitch : le chômage créateur (1977)

Schumacher : small is beautifull (1973)

Gorz :  écologie et politique (1975)

 

Adret : travailler 2 heures par jour (1977)

*Gébé : l'an 01 (19673)

 

Il faut donc trouver un autre scénario que celui de la croissance, un scénario post-croissance où croissent les choses utiles et où décroissent celles qui sont inutiles et même nuisibles, voir impossibles à croitre indéfiniment parce que limitées et finies.

On est donc loin du retour à la bougie, lequel retour est d'ailleurs nuisible en terme de rendement énergétique et de réchauffement climatique. La croissance verte peut se révéler aussi néfaste, c'est par exemple le cas de la voiture électrique qui ne pose pas la question des la provenance du nucléaire ou de l'abaissement de la vitesse. C'est le cas aussi quand on pose une multitude de panneaux solaires sans se préoccuper de l'isolation du logement.

Toute l'économie est prête à se repeindre en vert pour trouver de nouveaux segments de consommation de ses produite repeints en vert. L'industrie automobile est prête pour vendre des voitures électriques et la grande distribution propose déjà des produits bio, même importés de très loin (des fraises en hiver par exemple, mais BIO).