Yes we can change the economy, but at what price ? It is possible !

Les ressources naturelles s'épuisent ( les matières premières ne sont pas inépuisables sur une Terre limitée et coûte de plus en plus à produire),
Les catastrophes naturelles ou pas sont toujours là (séisme, inondations, éruption volcanique, rupture de barrage et accidents de toutes sortes...) détruisant des centrales produisant de l'énergie nucléaire comme la centrale de Fuhushima au Japon et pas si sûre que cela ailleurs à Tchernobyl, à Three Mile Island  ou même en France et que faire des éléments radioactifs ? (Après accidents  ou des déchets en temps paisible de fonctionnement),
notre économie productiviste et notre mode de vie réchauffant l’atmosphère en rejetant son CO2 (même si quelques uns le conteste), avec toute l'énergie fossile consommée.
Certes, prenant conscience des menaces qui pèse sur notre environnement, nos gouvernants ont pris un certain nombre de mesures limitant la gourmandise en énergie, des moteurs des machines que nous consommons. Exemple les produits ménagers que l'on appelle "les produits blancs" (réfrigérateurs,...) doivent posséder une étiquette énergie apposée depuis 1995. Entre cette date et 2007, la consommation en énergie des réfrigérateurs a diminué de 60 % sur le marché français.
Ils pourraient aller plus loin dans leurs politiques  énergétiques sans changer de système économique, s'ils n'obéissaient pas aux différents lobbies dont les lobbies pétroliers.
On est largement revenu des bienfaits de l’économie planifiée et l'URSS  n'était pas un modèle de pays soucieux de l’environnement.
Les dirigeants actuels ont l'habitude d'édicter des règles, des codes... qui limitent la liberté des propriétaires quand ils mettent en jeu le bien-être et la survie des citoyens notamment en matière de constructions, dans le domaine du travail, de la santé ou de la sécurité, même si parfois ils sont un peu opaques et peu démocratiques. Il ont usé avec parcimonie de l'instrument fiscal qui permet de changer efficacement les comportements des individus, par exemple ils sont revenus en France sur l'écotaxe qui devait être payée par ceux qui émettaient trop de CO2, comme promis dans le Grenelle de l'environnement. Cette imposition permet en outre de financer la recherche dans le domaine de l'environnement où nous sommes très en retard face à des pays qui ont fait le choix de ne pas développer l'énergie nucléaire.(Cf l'Allemagne).

Pour éviter le pire, la communauté internationale s'est fixée comme but de diviser par deux les émissions de gaz à effet de serre avant 2050 à l'échelle de la planète.
La France a pris des engagements ambitieux en signant, en 1997, le protocole de Kyoto :
- notre pays s'est ainsi engagé à stabiliser ses émissions de CO2 sur la période 2008-2012 à leur niveau de 1990.

Vous voulez retourner à la bougie ?

- pourquoi pas, ça fait fête. Et puis les SDF qui ne dérangent pas les logés, ne peuvent même pas s'éclairer à la bougie.

On est revenu des bienfaits de la consommation à outrance, de la Société de consommation qui devait apporter le bonheur en même temps que les femmes se libéraient des tâches ingrates.
Les plus jeunes ont constaté que le bonheur n'arrivait pas avec la multitude d'objets de le société de consommation , de la société d'abondance qui avec le progrès partagé par les classes moyennes de plus en plus nombreuses, devait mettre fin aux inégalités entre les classes. Les gaullistes parlaient de la 3ème voie.
Certains n'ont pas attendu la fin des trente glorieuses pour critiquer la société de consommation. Celle-ci a émergé vers les années 60 et au début des années 70 avec des auteurs comme Henri Lefébvre et Herbert  Marcuse dont le livre  "l'homme unidimensionnel" a été publié en 1964.
Aux États--Unis cela a donné le mouvement hippie, Mai 68 en France. La jeunesse ne voulait pas "perdre sa vie à la gagner" et on a vu fleurir le ministère du "temps libre", l'important était plus de s’épanouir en organisant mieux ses loisirs. En 1972, le club de Rome  avec le MIT publiait déjà "Halte à la croissance". De nombreux auteurs participaient à, cette critique dont Alain Bosquet et Ivan Illitch.
 Pour la première fois un écologiste se présentait à la présidence de la république, René Dumont.

Mais progressivement avec le choc pétrolier de 1975 et la montée continue du chômage, ainsi qu'avec la compétition économique mondiale puis la mondialisation, les écologistes n'ont plus été entendu que sur le réchauffement climatique causé par l'activité humaine et sa croissance exponentielle mais aussi sur la santé alimentaire et la croissance de l'utilisation des pesticides et des OGM.
Le discours sur le nucléaire, énergie soi-disant propre car ne dégageant pas de gaz à effet de serre s'est répandu, d'autant que la France vendait à l'étranger son expertise dans ce domaine nucléaire (EDF vantait et vendait ses centrales,ainsi qu'AREVA qui retraitait les déchets radioactifs de la planète, avec l'expertise du CEA sur la sécurité nucléaire). Ce discours est devenu moins critique.

Les événements japonais qui ont beaucoup marqué les esprits, ont largement relancé le débat sur le développement du nucléaire tant à droite qu'à gauche et sur la croissance économique même repeinte en vert comme le tente la droite et le patronat.


Non seulement il faudra  produire et consommer autrement en faisant plus d'économie d'énergie, mais il faudra en outre  partager peut-être plus ?
En tout cas c'est fini d'augmenter les inégalités sans complexe ou le discours sur "le travailler plus"et sans que personne ne bronche trop.
Les riches veulent continuer de consommer au-delà de ce qu'il est possible et raisonnable (le 4 X 4 est l'exemple emblématique), car ils auront les moyens de dépolluer après avoir gaspillé des biens rares qui seront devenus plus chers sans que cela ne pèse trop sur leur budget.
Ils préféreront adopter ce comportement collectif suicidaire, car les pauvres mourront avant eux.
 Ce qui vaut pour les individus vaut aussi pour les nations. Les nations pauvres, elles qui gaspillent le moins n'ont pas envie de lutter contre la pollution à la même proportion que les nations riches. "Rattrapons notre retard après on verra bien".

Bref, c'est pas gagné.

LIRE L'ARTICLE consacré au livre de Philippe Simmonot sur Médiapart.

Et le livre ci-dessous, "le choc de la décroissance" que le site de Decitre résume ainsi :

"Alors que 20 % des humains s'accaparent plus de 80 % des ressources naturelles de la planète, que les capacités de celle-ci à absorber les pollutions que nous émettons ont largement été dépassées et que les ressources fossiles s'épuisent, avons-nous encore le choix, dans les pays riches, entre croissance et décroissance ? La croissance " verte ", " propre ", " dématérialisée ", ou le " développement durable ", présents dans la bouche de toute notre représentation politique, ne sont-ils pas autant d'opérations cosmétiques qui nous empêchent de regarder la réalité en face et nous conduisent à accentuer une folle fuite en avant ? Un enfant de cinq ans comprend qu'une croissance infinie est impossible dans un monde aux ressources limitées ; pourtant, de cette réalité, notre société fait un véritable déni.
Sans relais dans les grands médias, des intellectuels, des militants et quelques rares hommes et femmes politiques tracent de nouvelles perspectives et réfléchissent à l'incontournable décroissance économique des pays riches. Ils théorisent leurs idées et les expérimentent aux niveaux individuel, collectif et politique. Ils cherchent aussi à mettre en lumière les écueils et les dérives de cette perspective en rupture profonde avec l'idéologie d'un monde sans limites qui traverse désormais notre société.
L'auteur, un des acteurs majeurs de ce mouvement en France, fait partager ici son analyse pour une décroissance, certes en rupture radicale avec l'imaginaire de la société de consommation, mais profondément inscrite dans les grands mouvements d'émancipation de cette société."

Sur ce même site (auquel vous pouvez accèder en cliquant ici, sur cette phrase), l'auteur est présenté ainsi :

Vincent Cheynet est né en 1966.
Parallèlement à des engagements associatifs et politiques, il a été pendant une dizaine d'années directeur artistique dans une multinationale de la publicité avant de se retourner contre son ancien métier. En 1999, il fonde l'association et la revue Casseurs de pub. En 2003, il crée le journal La Décroissance, le journal de la joie de vivre, un mensuel dont il est le rédacteur en chef.