L'Italie n'a qu'à peine plus de 150 ans. 

Garibaldi est à l'origine de l'unification de la nation Italienne.

Comme vient d'éclater en Sicile un soulèvement contre le roi des Deux-Siciles, établi à Naples, Garibaldi quitte son asile de Caprera et proclame urbi et orbi sa volonté d'unir les Deux-Siciles à la couronne piémontaise, celle de Victor-Emmanuel II (prince du Piémont, duc de Savoie, roi de Sardaigne, comte de Nice).

Victor Emmanuel II

Il rassemble un millier de volontaires à la chemise rouge (1089 exactement) et s'embarque à Gênes pour la Sicile. C'est le début de l'épique «expédition des Mille». Cavour laisse faire, avec le secret espoir qu'elle échouera...

 

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L'entrée de Garibaldi à Messine


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Camillo Benso, comte de Cavour


En débarquant à Marsala le 11 mai 1860, à l'ouest de Palerme, les Chemises rouges sont désappointées de n'être pas accueillies par le peuple comme ils l'espéraient. Ils marchent néanmoins vers Palerme. Jouant d'audace, Garibaldi s'empare de la Sicile, s'attribue le titre de dictateur au nom du roi Victor-Emmanuel II, traverse le détroit de Messine et marche vers le Nord, avec des visées sur Rome ! Il entre à Naples le 7 septembre 1860, au lendemain de la fuite du dernier roi des Deux-Siciles.
Giuseppe Garibaldi chevauche à la rencontre du roi Victor-Emmanuel II et le hèle d'un retentissant : «Je salue le premier roi d'Italie !» Il ne reste plus qu'à légitimer par un plébiscite la soumission de l'Italie méridionale au roi Victor-Emmanuel II. La capitale du royaume est transférée de Turin à Florence, en attendant Rome. Enfin, le 14 mars 1861, le Parlement italien donne à Victor-Emmanuel II le titre tant espéré de roi d'Italie.

 

Umberto Ecco dit que les italiens ne partagent que la langue.

La "Ligue du nord" souhaite faire sécession. la "Ligue du nord" est un parti régionaliste dirigé par son secrétaire Umberto Bossi, qui avant d'être séparatiste a gouverné avec la droite de Berlusconi.

 

La Savoie et Nice ont rejoint la France à peu près à la même époque (mars 1860), donc il y a peu de temps, à l'issue d'un vote.

Pourquoi les bretons, les basques, les vendéens sont-ils devenus français (on imposa aux provinces vivantes le français comme on l'imposa aux colonies. Parfois l'instituteur était sommé de punir le gamin qui par inadvertance utilisait la langue de ses parents).Toutes ces provinces ont constitué de force la nation française, même si certains se réclame encore du séparatisme.
Depuis quand fait-on partie de la nation française, depuis les gaulois, depuis la constitution du domaine royal, depuis l'an1 , c'est-à-dire depuis la 1ere République ? (Chez les révolutionnaires l'idée de nation est lée à la citoyenneté).

Je me suis posé ces questions lorsque j'ai abordé la peinture au 17è siècle. Pouvais-je parler d'Italie ou pire du Benelux, de l'Allemagne. La France, cela paraissait moins incongru.
Finalement j'ai parlé des villes italiennes, de la Belgique et de la Hollande au lieu de Bénélux.
J'ai gardé l'Allemagne et la France.

Voila le débat sur la nation, la nationalité, le nationalisme, les étrangers, les sans-papiers relancé. A-t-il eu vraiment lieu ? Cà a l'air problématique pour moi qui se dit universaliste comme les chrétiens d'ailleurs.(Le sont-ils ceux qui veulent imposer la messe en latin ? ). J'ai écrit un article à cet époque.

Je me suis souvenu d'un livre écrit par un copain,  susceptible de m'éclairer sur ce sujet,(" Du Printemps des peuples à la Société des nations", publié par les éditions de "La Découverte").

 

Du Printemps des peuples à la Société des nations

 

Une nation est constituée par un ensemble de personnes vivant sur un territoire commun. Ainsi la nation française est constituée des personnes de nationalité francaise qui ont un passeport français et la France est sur un territoire compris entre des frontières qui le délimite. La nation française est reconnue par un organisme international : l'O.N.U.
La nation est comme un individu : elle naît puis elle est reconnue.
2 questions : Quand naît-elle ? Comment est-elle reconnue ? Et de plus cette nation sera confrontée à la question de son unité. Au cours de son histoire les groupes évolueront (division ou intégration) son territoire aussi ( annexion ou indépendance d'une partie qui fait sécession).

Ainsi la nation française naîtra avec Clovis et les francs.(Clovis fut considéré dans l'historiographie comme un des personnages historiques les plus importants de l'histoire de France ; le courant républicain en fit le premier roi de ce qui était devenu la France à partir du xiiie siècle, et la tradition monarchiste vit en lui le premier roi chrétien du royaume des Francs.)

 

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Le baptême de Clovis 1er (peinture du 15è siècle)

Dans un livre écrit en 1999 Anne-Marie Thiesse, directrice de recherche au CNRS pense que le concept d'identité nationale vient des minorités nationales.  Elles l'auraient utilisé pour être moins discriminées.  Ce concept aurait besoin que l'on désigne un ennemi pour exister. Cette pensée semble pertinente quand on songe que l'extrême-droite et la droite républicaine stigmatise les musulmans pour être élus en 2012.

Les États-Unis avec la ratification de la constitution en1789 et l'élection du premier Président, Georges Washington.

Le royaume d'Italie est donc né en 1871, et avec lui l'état italien uni à l'issue d'un long processus historique et géographique ( péninsule italienne ayant une identité culturelle autour de la république romaine qui ira jusqu'à dominer tout le bassin méditerranéen. Puis son influence déclinera au début du Moyen-age laissant la place aux royaumes barbares. Les Francs domineront la France et les Lombards venus du centre de l'Europe la péninsule Italienne.
Les villes renaitront  à la période médiévale avec le commerce et les foires  En Italie, participeront à cette renaissance, les villes du nord : Turin, Milan, Pise, Sienne, Florence, Gènes, Vérone et Venise.
Puis l'Italie sera divisée en royaume jusqu'au royaume d'Italie de Victor-Emmanuel II.

 

Les nations sont administrées par un État, généralement défini par une loi suprême , la Constitution qui elle-même définit le chef de l’État, sa désignation, ses prérogatives et ses devoirs : défendre la patrie (le territoire commun aux citoyens, c'est-à-dire à ceux qui ont la nationalité du pays en question).
Cela nécessite de définir le terme de pays.

La Lybie pourtant nation reconnue par l'ONU est-elle véritablement un Etat-nation?
Elle obéit à quelqu'un qui dit ne pas être le chef de l’État : Ainsi Muammar  Kedhafi a pris le pouvoir lors d'un coup d'Etat fomenté par l'armée.
La Lybie serait constituée de tribus qui n'obéirait qu'à leur chef de tribus. Kedhafi serait lui-même qu'un chef de tribus.
Certains journaux parlent du peule Lybien.

 

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Muammar Kedhafi en 2003

L'Allemagne  et l'Angleterre ne voudraient plus être des nations composées de communautés (minorités étrangères accueillis par le pays en question).

En France la laïcité s'impose à tous, yc à une religion nouvelle, celle des musulmans qui est une religion récente. D'où le débat posé par Sarkozy, débat intéressant au moment où l'extrême-droite xénophobe a le vent en poupe en Europe, mais posé au moment où Sarkozy accroît les inégalités et veut faire diversion et veut redorer le blason de la religion catholique.

 
L'ONU reconnaît 192 pays en 2010 mais pas la Palestine reconnue seulement par; Cette reconnaissance revêt une dimension politique. En 2012 on a vu la création d'une nouvelle nation avec le référendum qui a créé le "Soudan du Sud". Peut-être assistera-t-on à une autre scission moins démocratique celle-la, puisque en côte d'Ivoire Laurent Gbagbo ne veut toujours pas céder sa place de chef d’État à celui qui a gagné les dernières élections, aux yeux de la communauté internationale, Alassane Ouattara. Les velléités de sécession  entraînent souvent les peuples vers la guerre civile.

Ouattara :

Alassane Ouattara espère bientôt récupérer le pouvoir © Abaca

Car c'est bien la guerre civile qui risque d'advenir en côte-d'ivoire sur les bases d'un opposition politique entre l'ancien chef d'état et celui qui vient d'être élu. Leur opposition ne repose pas sur une haine atavique entre 2 ethnies ennemies, l'une sudiste et catholique, l'autre nordiste et musulmane, ni même entre autochtones et allogènes car la côte-d'ivoire est une terre de métissage, un melting-pot trans ethnique et multiconfessionnel. On ne sait pas bien qui s'opposerait en cas de conflit intérieur entre les partisans des 2 camps.
L'opposition est bel et bien politique. Les partisans de Ouattara font prévaloir une conception républicaine de la citoyenneté fondée sur l'égalité de tous les Ivoiriens, loin de l'absolutisme dont se réclame Laurent Gbagbo.

Le sahara occidental n'est pas reconnu par l'ONU. Elle considère qu'il s'agit d'un Territoire non autonome.
Cette ancienne colonie espagnole n'a toujours pas trouvé de statut définitif sur le plan juridique, plus de trente ans après le départ du Maroc qui revendique sa souveraineté sur l'ensemble du territoire.
Devenu un enjeu global illustrant la rivalité entre le Maroc et l'Algérie, le dossier saharien bloque toujours la construction de l'Union du Maghreb arabe (UMA).

Les nations semblent aujourd'hui dépassées par des entités internationales ou supranationales qui organisent les nations qui y adhérent. En fonction de leur influence on pourrait  citer: L'ONU, l'OIT Organisation Internationale du Travail), l'OMS, le FMI, la  CE, l'OMC, le G8, le G20...
Ainsi la nation française est parfois en conflit avec la CE (Communauté Européenne). La France fait partie de cette communauté qui a voulu se doter d'une constitution comme les nations, mêmes fédérales ( comme c'est le cas aux états-Unis, en Allemagne, ou en Espagne). Elle y a renoncé devant l'hostilité de certains peuples soucieux de garder une indépendance de plus en plus factice.

Certains phénoménes naturels ou dus aux activités humaines (tels les nuages radioactifs) ne connaissent pas les frontières. C'est le cas des systèmes économiques qui ont la planète entiére comme terraiin.
Certaines religions sont également universelles et on voit poindre des conflits entre ceux qui obéissent aux lois des nations et ceux qui considèrent les lois universelles comme seuls principes à suivre..

Les individus pour constituer un groupe commun qui constitue une nation unie, ont besoin d'un "roman national", de héros (les héros du "roman national" sont Vercingétorix, Astérix, ce sacré Charlemagne, Saint-Louis qui a toujours son hôpital, le Roi- soleil, Napoléon, Pétain, Pasteur, Victor Hugo...tous ceux qui sont entrés aux invalides), d'histoires. Ainsi sous la troisième république, l'école nous a appris que nos ancétres étaient les Gaulois. On faisait remonter à eux la nation française. Cette fiction était aussi inculquée aux colonies conquises sous cette même république. Elle dura jusque vers les années 60. Depuis on est sommé de réinventer cette fiction fruit du passé que nos prédécesseurs nous ont légué.

 Alors que depuis toujours la France a été une terre d'émigration, de mixité, recevant bon gré mal gré des personnes à la recherche de conditions meilleures à qui l'on faisait faire les sales besognes que les français de souches boudaient. Elles s'est donc construite avec des gens divers, au passé différent.
Quoi de communs entre les Gaulois, les Francs et les Romains, quoi de commun entre les polonais, les italiens, les espagnols et les portuguais ? Les identités sont multiples et changeantes. En fait nous ignorons nos immigrés successifs et nous préférons idéaliser notre nation, cet hexagone parfait quand on y ajoute l'Alsace et la Lorraine que la troisiéme république nous a appris à reprendre au prix d'une 1ère guerre mondiale. Nous apprenions que notre nation hautement civilisée devait élever les races inférieures des colonies.
Le roman national se révèle n'être qu'une fiction, au moment où la croissance se ralentit, au moment de la décolonisation.
Ces 2 phénomènes s'accentuent aujourd'hui où l'on parle du déclin de l'occident devant les pays émergents que l'on ne dit plus sous-développés, au moment où les révolutions dans les pays arabes nous font entrevoir que ces peuples aspirent aussi à la démocratie.
On a oublié que ces français d'origine  maghrébine ou subsaharienne sont nés à Trappes ou à Sarcelles et plus généralement dans les HLM s de nos banlieues qui ont remplacés les bidonvilles de leurs parents. Le nouveau roman national sera long à faire passer surtout si on occulte nos anciennes colonies et si l'on ne résigne pas à être une "nation moyenne", de seulement 60 millions d'individus sur ce territoire commun qui ne fut pas toujours immuable.
Les études secondaires se sont démocratisées et avec leur développement, l'idée que l'individu devait être armé pour réussir ; on l'a mis au centre du système scolaire à la place de la République et de Dieu qui ne fait plus peur. Mais le jeune français n'est pas accueilli dans la société française. Il est devenu rien là où il était tout.


France où ceux qui ne

chante pas la marseillaise sont souvent ceux qui sont restés dans leur banlieue, qui n'ont jamais eu les moyens de découvrir le territoire national, qui n'ont appris à l'aimer qui n'ont jamais vu la mer ni une église romane. Pour les français de ces quartiers défavorisés, la France se résume à leur cité et le pays au mille fromages à des marques dans les hyper marchés.
Pourtant la nationalité a à voir avec le territoire, le sol où a lieu mon histoire vécue, sinon je garde d'autres images mythiques, celle du pays d'origine dont les parents ont la nostalgie.
Être né et habiter en France en permanence fait-il de nous des Francais. ?


ha

La nation fait de plus en plus de place à des concepts mondiaux, à des valeurs mondiales partagées par les peuples, aussi divers soient-ils, comme les droits de l'Homme, le droit d'ingérence, le droit des peuples à manifester, à être informer, à être représenté, éduqué, le droit d'être préservé des pollutions de l'atmosphère, la conscience que les ressources sont limitées dans une planète qui n'est pas infinie ...Que reste-t-il à l'identité nationale ?