Petit bilan après  presque 2 années de blog.

Contrairement à ce que je voulais croire, ce travail est solitaire comme la plupart des boulots de la vie d'adultes.
Je lis peu de blogs moi-même (la presse me suffit).
Peu de commentaires aux articles. Commentaires parfois élogieux, parfois déçus de n 'avoir pas lu ce qu'on voulait lire.
Je rédige des articles dans la catégorie "Beaux-arts".Je m'intéresse surtout à la peinture. Les toiles  embellissent l'écriture.
De quelles toiles s'agit-il ?
Celles du peintre du Dimanche (des croutes) ou de l'artiste d'avant-garde incompris ou la grande peinture conservée dans les musées et qui fait l'objet d'une grande exposition rétrospective où l'on fera la queue pour entre-percevoir quelques œuvres.
"J'y étais". Snobisme ou véritable attirance ?
Il me semble que je suis plus fasciné par les peintres, leur vie, le processus de création, plutôt que par leur création elle-même.

Le mot Beaux-arts a disparu en partie du vocabulaire d'aujourd'hui. Ça fait académique, 19è et avant, pas art contemporain. On sent que Beaux- arts est connoté avec beauté, beauté du thème, beauté du traitement.
Maintenant tout se vend : des critiques, des marchands nous disent ce que cela vaut, le marché a le dernier mot.
Les grands de ce monde (les nobles mécènes d'abord puis les très riches entrepreneurs) veulent avoir dans leur cour ces artisans, se faire tirer avantageusement le portrait et les riches d'aujourd'hui veulent avoir une fondation à leur nom qui soutient les artistes ou pour orner leurs murs de toiles de contemporain achetées fort cher. Mais c'est un bon placement !

Nous avons un ministre de la culture depuis Malraux, pas un ministre de l'art ou des beaux-arts. D'ailleurs il voulait partager cette culture, faire venir les masses laborieuses voir les œuvres de leurs contemporains. Comment appeler ces temples que les pauvres fuyaient en majorité parce que ces lieux leur semblaient fréquentables que par les élites de la république.
"Maison de la culture", ça sentira la soupe comme à la maison, voilà qui est démocratique, qui met l'art à la portée de chacun.

Il serait peut-être temps d'illustrer mon propos par une comparaison des productions artistiques :

 

 

 

 

 

 

http://lh5.ggpht.com/_oMDONrjMF4k/SkaEjOSmAUI/AAAAAAAADe0/7ALpsRzRcRk/DSCN0065.JPGpeinture abstraite

Lequel voulez-vous pour l'admirer tous les jours ?

et avec des maisons de la culture, la grande idée de la résistance et de la 4ème république

 

Fichier:Maison de la Culture MC2 - Grenoble.JPG

Le volcan (Maison de la culture du Havre) dessinée par Oscar Niemeyer, l'architecte de Brasilia et celle de Grenoble.

Nommé ministre des Affaires culturelles en 1959, Malraux relance cette notion, qu'il avait créé pour la première fois en 1930
Le 17 novembre, il annonce aux députés qu'une maison de la culture par département devrait voir le jour avant trois ans, afin que « n'importe quel enfant de seize ans, si pauvre soit-il, puisse avoir un véritable contact avec son patrimoine national et avec la gloire de l'esprit de l'humanité »

Fichier:Musée Malraux Le Havre1.jpg

Musée des Beaux-Arts André Malraux, Le Havre, Normandie  réalisé de 1959 à 1961

 Il fut le premier musée de France à être reconstruit après la Seconde Guerre mondiale.Il fut mis en service en 1961. Inauguré par André Malraux, le musée abritait la première Maison de la Culture de France (jusqu’en 1967 où celle-ci sera transférée au Théâtre de l'Hôtel de Ville puis au Volcan.

En mars 1961, la Commission de l'équipement culturel et du patrimoine artistique du IVe plan acte l'ouverture de vingt maisons en quatre ans. Dès lors, Malraux en fait la pierre angulaire de sa politique, « modernes cathédrales », pour rendre effectif l'objectif de « rendre accessible les œuvres capitales de l'humanité au plus grand nombre de Français », mentionné dans le décret de création du ministère des Affaires culturelles.

On profite des projets déjà engagés pour les faire inclure dans le nouveau concept, au prix de lieux mal adaptés, et un ensemble hétérogène. On s'appuie également sur les structures déjà existantes en province, particulièrement les théâtres nés de la décentralisation théâtrale, du fait de la proximité des missions et de leur bonne implantation sur le terrain. Mais Lyon, et  Strasbourg déclinent la proposition pour se concentrer sur le théâtre.

La première maison de la culture est inauguré en 1961, au Havre, initialement prévue pour être un musée, ce qui oblige les spectacles à se dérouler sous un chapiteau. Mais en dix ans, seules sept sont effectivement ouvertes.(D'après Wikipédia.)
Cela a-t-il changé les pratiques ?
Non, en effet toutes les enquêtes montrent que le fossé en tre les classes populaires et les classes aisées s'est élargi. Les associations socio-culturelles qui s'adressent en priorité aux classes défavorisées pour démocratiser la culture ,propose des activités souvent dévalorisées par les représentants de la culture légitime, par les professionnels eux-mêmes.

Effectivement la décentralisation dramatique et le théâtre public subventionné fut davantage soutenue que les arts plastiques. Il a fallu attendre la création des FRAC et leur politique d'achat de la production d'artistes contemporains.

L’installation du FRAC Haute-Normandie, en 1998, dans le bâtiment "Trafic" à Sotteville-lès-Rouen, a constitué un moment important pour sa visibilité dans la cité et le rayonnement de ses activités.
Le lancement du site Internet du FRAC Haute-Normandie permettra notamment de faciliter l’accès à la présentation des différentes expositions et projets, en cours ou passés, ainsi que la prise de connaissance des œuvres de la collection. La mise en place d’un centre de ressources artistiques et professionnelles constitue quant à lui un nouvel outil pour une meilleure connaissance de la scène artistique haut-normande.

La culture, (qui semble plus démocratique que l'art et les beaux-arts -il reste cependant beaucoup de musées des beaux-arts-, si on en croit le projet du ministère de la culture relayé par les directions régionales) est souvent opposée à Nature ( en philosophie principalement, sous-bassement d'une définition plus sociologique).

.(Ci-dessous,  à droite le musée des Beaux-Arts d'Ajaccio)

Le musée des Beaux-Arts  de Rouen occupe une situation privilégiée au coeur de la ville, dans un bâtiment construit en 1877.   Peintures, sculptures, dessins et objets d'art de toutes écoles du XVème siècle  à nos jours sont présentés dans un parcours chronologique. Pérugin, Gérard David, Martin de Vos et même Véronèse  ouvrent ce parcours dans lequel s'inscrit un ensemble exceptionnel d'icônes russes du XVIè au début du XIXè siècle. Le XVIII è siècle réunit les oeuvres de Fragonard, Lancret, Hubert Robert et bien d'autres artistes. Pour le XIXe siècle, on a Ingres, Monet en passant par un bel ensemble du Rouennais Géricault. On peut aussi découvrir les oeuvres de Delacroix, Corot, Gustave Moreau, Millet, Degas...

Un agent du musée des Beaux-Arts d'Ajaccio a subtilisé quatre toiles, dont un Poussin et un Bellini, pour "faire valoir ses droits auprès de la mairie", au sujet d'un litige sur son logement.
Les toiles ont ensuite disparu de sa voiture, où il affirme les avoir dissimulées. L'homme a été déféré au parquet lundi matin et devrait être mis en examen.

Poussin,Nicolas. Midas se lavant dans le Pactole - Midas bathing in the river Pactolos. File:Bellini-Vierge-à-l-Enfant-Ajaccio,Fesch.jpg

Nicolas Poussin "Midas se lavant à la source du Pactole"        -          "Vierge à l'enfant" de Giovanni Bellini

Deux des tableaux volés le 19 février 2011 au musée des Beaux-Arts d'Ajacci


La culture désigne alors toute activité humaine qui soude les hommes entre eux, qui les distingue d'un autre groupe humain (sont englobés outre les arts et lettres, les modes de vie et les droits fondamentaux tels les valeurs, les croyances, les traditions... ce qui constituent le patrimoine matériel, et immatériel d'un groupe humain).
Je fais confiance à tous ceux qui donne leur vie pour cette culture, qui y consacre toute leur vie, qui la fonde sur des valeurs reconnues en tant que telles par les autres, ceux qui les partagent.

Des institutions culturelles ont été fondées pour sauvegarder ce patrimoine, et je n'en évoquerai qu'une seule l'UNESCO.*

L'UNESCO quésaco ?

 

   

CIMG0243

Une artiste contemporaine et sa production de céramiques   -     L'UNESCO à paris
dans un four en papier
L'UNESCO a établi en 1972 une liste du patrimoine mondial composée de sites, monuments, œuvres d'art... Environ plusieurs centaines. Elle a aussi défini un patrimoine immatériel : la France a vu ainsi reconnaitre son patrimoine culinaire par l'UNESCO.(Ce qui a poussé les experts à rendre un avis favorable au dossier hexagonal, c'est que la gastronomie est ici une institution, une manière de vivre, un rituel ! Partout dans le monde s'installe la bouffe lance-pierres : on mange pour survivre, un bol de riz ici, un hamburger par là, avalé à la va-vite en bagnole ou dans le métro. En France, on prend le temps.)

On voit ainsi que la notion de culture est assez vaste, elle s'étend à la gastronomie !

Elle fait cependant souvent peur aux individus qui l'assimilent volontiers à la culture générale qu'il faut maitriser pour faire partie de l'élite.
La culture générale est la connaissance des humanités héritées des grecs :disciplines philosophiques, littéraires, historiques...Tout ce qui apparait inutile face à la sciences, à la technique, à la technologie, à l'économie...
Plus récemment, l'« utilité » de la culture générale a été remise en cause par le  président Nicolas Sarkozy, lorsqu'il critiqua l'épreuve de synthèse dans les concours de la fonction publique, se demandant si des questions sur le roman, "La princesse de Clèves" permettaient de bien recruter les fonctionnaires.

On développe même la culture d'entreprise aujourd'hui. Les collaborateurs d'une entreprise doivent partager des valeurs communes, un discours commun ; on voit apparaitre des récits sur l'histoire de l'entreprise que l'on doit partager. L'objectif est de renforcer l'image de l'entreprise auprès des consommateurs potentiels.


Aux États-Unis on a l'impression que les pouvoirs publics s'engagent moins dans le soutien de la culture sans négliger ce qu'il y  a lieu d'appeler les industries culturelles. Ces industries sont florissantes mondialement (cinéma,dessins animés, musique notamment).
Le mécénat des grandes entreprises y est plus développés qu'en Europe. Ces entreprises ont des collections d'œuvre d'art (Musée Guggenheim...) et alimentent   des grandes fondations  comme Ford, Carnegie,...


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Musée Guggenheim à New-York                           -             Bibliothèque Carnegie à Reims (Si l'austérité et la sobriété sont souvent de mise pour les bibliothèques, nul doute qu'à Reims, on sait
renverser les préjugés. Construite en l'honneur d'Andrew Carnegie,
la bibliothèque éponyme est un bijou de raffinement 
Art déco aux finitions qui lui confèrent des allures de
temple majestueux. Tout, des fenêtres aux tables
et des lampes aux chaises souffle un vent de poésie
d'un autre monde dans l'univers secret de la lecture.