Dali avait été inscrit à l' Académie San Fernando par son père (Son père lui impose, comme condition pour être peintre, d’aller étudier à Madrid, à l’École des beaux-arts, afin d’obtenir un diplôme de professeur. Dalí l’accepte. La mère de Dalí meurt en février 1921.

A Madrid, en 1922, Dalí assiste à l’École spéciale de peinture, sculpture et gravure - Real Academia de Bellas Artes de San Fernando - et il habite à la Residencia de Estudiantes)..
Il y fit la connaissance de deux artistes avant-gardistes, Luis Bunuel et Federico Garcia Lorca.
Puis quittera la peinture quelque peu après sa rencontre avec Bunuel et Garcia Lorca  avec lesquels il se lie d'amitié.
Il prendra ses distances avec Lorca, au fur et à mesure où il se rapprochera des surréalistes.
Dali et Bunuel feront les deux films surréalistes ensemble avant de se brouiller, "Un chien Andalou" en 1927 et " l'âge d'or" en 1930.

Autre exil :
- départ de la maison familiale, à côté de Cadaquès, Dali refusant tout compromis avec son père concernant sa liaison avec Gala ; il s'établira à Port-lligat, dans un petite maison de pêcheurs, avec celle qui deviendra sa muse et ne le quittera plus dés lors, Gala, l'ex femme d'Eluard, le surréaliste venu lui rende visite avec son  épouse et leur fille, Cécile.


La crique de Port Lligat et la maison-musée de Dali

Il connaitra des divergences avec les surréalistes et il rompra avec eux  en 1934. Ceux-ci lui reprochent son monarchisme et ses rapprochements ambigües avec la doctrine hitlérienne. Il avait montré son goût pour des objets décadents ou surréalistes qu'il confectionnait avec du pain, geste envers lequel nombre de ses amis surréalistes y virent une défiance vis à vis la pauvreté ouvrière, et ce qui irrita les plus pro-communistes d'entre eux.
En 1931, Dalí réalise sa première exposition individuelle à la Galerie Pierre Colle de Paris où il expose son œuvre "La persistance de la mémoire"

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La persistance de la mémoire par Dali en 1931

Le tableau (24x33cm.)représente les célèbres montres molles devant un paysage de Catalogne. Dalí a voulu représenter le mou opposé au dur sur cette peinture . Dalí a d'abord peint le décor de cette toile, un paysage désertique de Port Lligat. Après sa première esquisse, il ne savait pas comment compléter le tableau, il se souvint de la mollesse du camembert qu'il avait mangé plus tôt. Appliquant sa méthode surréaliste, dite par lui-même paranoïa-critique, il laissa la mollesse du camembert se présenter à son imagination et réinterpréter sa hantise de la mort, comme mollesse du temps, en montres molles.
Sur le sol à droite, apparaît une nouvelle évocation du "Grand Masturbateur".

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Le grand masturbateur peint en1929 qui reprend toute ses obsessions d'enfance et fait allusion à sa nouvelle sexualité avec Gala.

(Voir une vidéo de ce tableau mettant l'accent sur des détails qui nous échappent, en cliquant ici)

Il reprend cette évocation  de la mémoire vingt ans plus tard, sous l'influence manifeste de sa lecture artistique des avancées scientifiques (de la physique quantique en particulier), avec une toile intitulée "Désintégration de la persistance de la mémoire".

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Désintégration de la persistance de la mémoire - Dali - (1952)

Il participe à la première exposition surréaliste aux États-Unis qui a lieu au Wadsworth Atheneum de Hartford.

Dali et son ami Bunuel exposent à New-York leurs films surréalistes :

La première exposition surréaliste eut lieu à New-York en 1932.
Dali y participera activement en y exposant des poèmes et le scénario, du film que Bunuel a réalisé, le chien Andalou.
Il réalise aussi des projets de décor de ballets.
Il écrit dans la revue "le Minotaure", il fait paraître un article intitulé " De la beauté terrifiante et comestible de l'architecture modern styl".

 

 

 

Réédition en 1981 en fac-similé des 4 premiers numéros de la célèbre revue  "Minotaure", fondée en 1933 par Albert Skira et Tériade qui fut le lieu de rencontre de toutes les avant-gardes littéraires et artistiques:  arts plastiques, poésie, musique, architecture, ethnographie et mythologie, spectacles, études et observations psychanalytiques. Environ 300 pages, 700 illustrations, 20 planches en couleur. Ont collaboré à  cette revue Picasso, Man Ray, Salvador Dali, Nadar, Brassai, André Breton, Paul Eluard, Michel Leiris, Jacques Lacan, Man Ray etc.

 

 

Véritable exil (Il ne se battra pas pour un camp ou un autre) :

Il fuira la guerre d'Espagne, voyagera en Europe (notamment à Londres où il fait un première exposition exclusive) et s'établira à Paris où il connaitra une grande notoriété.

Puis il fuira en Amérique du nord, la seconde guerre mondiale.
Il pense que c'est un endroit où son avenir financier sera assuré.
En 1939, il prépare une exposition new-yorkaise, en parallèle il s'affiche dans la mode et réalise encore des décors. Dali devient effectivement très en vogue en Amérique, mais l'exil proprement dit, avec son épouse Gala, ne commencera véritablement qu'en1940.
Dali a des activités artistiques multiples et ses affaires, gérées d'une main de maître par Gala sont florissantes, ils vivent tous deux dans le luxe et l'opulence. Renouant avec une peinture plus classique, il réalise de nombreux portraits de nobles locaux.

La découverte de l'Amérique par Christophe Colomb - Dali - 1959

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A New-York, il rencontre Walt Disney avec lequel il collabore sur le film "Destino" qui ne sera jamais terminé.

http://www.frange-et-moustache.fr/wp-content/uploads/2010/01/dali-disney2.jpgAfficher l'image d'origine

Parallèlement, en 1944, il rencontre aussi Hitchcock pour lequel il réalise des décors, dans le film :"La maison du Dr Edwards"

Il a aussi écrit un scénario pour les Marx Brothers intitulé "Girafes on horseback Salad". Ce film ne sera jamais réalisé mais il en reste que quelques bribes.

Cela marque la fin de son ambition cinématographique américaine, avec les plus grands mais sa collaboration a mal fini ou a été de courte durée. Mais ce n'est pas la fin de son exil.
Il rentre en Europe en 1949 et visite Rome en 1950.Il y rencontre le pape pie XII et après avoir exploré les thèmes religieux il s'abandonne au mysticisme espagnol, il peint des sujets célestes et sacrés.

Au début des années 70, il rentre à Figuéras où il se consacre à son musée construit dans sa ville natale, dans l'ancien théâtre.Il est inauguré en août 1974.

http://imagesetautres.hautetfort.com/images/medium_musee_dali_a_figueras.jpgAfficher l'image d'origine

Au musée Dali à Figueras

L'oeuvre de Salvador Dali est marquée par 2 tableaux majeurs durant les années  60 : "la pêche aux thons" (1966-67) et "le torero hallucinogène (1968-70)".

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"le torero hallucinogène (1968-70)".

Le général Franco meurt en 1975 et sa république (la république franquiste n'est dissoute qu'en1977).

En 1978 il reçoit des honneurs dont la plus haute distinction de la nation espagnole, la grande croix d'Isabelle la catholique.

En 1982, Gala meurt.
En 1983, il peint son dernier tableau "la queue d'aronde" et crée les parfums Dali.

Il meurt le 23 janvier 1989 et il repose dans la crypte de son musée de Figueras. Fin de l'exil.