René Magritte est un peintre surréaliste  belge,  né en 1898 à Lessines, dans le Hainaut et mort en 1967 à Bruxelles.
Un épisode va marquer son enfance, le suicide de sa mère en 1912.

Co-fondateur du groupe surréaliste belge en 1926, il rencontre André Breton à Paris, en 1927.

il n'a que 14 ans à la mort de sa mère et va habiter avec son père à Charleroi où il sera élevé essentiellement par des gouvernantes.
Il commence à prendre des cours de dessin. Il sera étudiant dans cette ville de Charleroi et lira entre autres,

  • Stevenson ( célèbre pour son roman "l'île au trésor"),
  • Allan Edgar Poe (qui a donné aux nouvelles ses lettres de noblesse et est considéré comme l'inventeur du roman policier),
  • Maurice Leblanc (écrivain né à Rouen, qui créa le personnage d'Arsène Lupin),
  • Gaston Leroux (Son personnage Rouletabille, jeune apprenti reporter, à l'intelligence déductive hors du commun, qui apparaît pour la première fois dans le Mystère de la chambre jaune, chef-d'œuvre d'ingéniosité qui inspirera les surréalistes)...


Il découvre à l'Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, le cubisme, le fauvisme et le Futurisme.
Quelques temps après, en 1924, il découvre le dadaïsme.

Le dadaïsme, est un mouvement intellectuel, artistique et littéraire qui a marqué son époque (début du 20 ème siècle);
Avec à sa tête des artistes faisant fi des conventions et autres règles préétablies du genre, la propagation de son courant fut telle qu'en quelques années seulement, le mouvement Dada s'étalait de façon internationale. 

Son « principe » s'avère des plus intrigants : dans un
  contexte chaotique, ravagé par la Première Guerre mondiale, jouer à la manière de l'enfant avec les convenances, décontenancer par le biais de l'humour et de la créativité, oser l'extravagance et la dérision dans le but de dédramatiser. 

Les artistes adhérant au mouvement dadaïste possèdent tous les même dénominateurs communs : esprit irrévérencieux et léger, capacité de pouvoir créer de toutes les façons possibles, recherche de la liberté sous toutes ses formes. 


Et en 1927, il rejoint le groupe surréaliste de Bruxelles. Il y aperçoit André Breton, Paul Eluard, Max Ernst, Salvador Dali.
C'est tout naturellement qu'il part rencontrer les membres parisiens de ce courant, et notamment  André Breton qu'il avait déjà vu à Bruxelles.
La rencontre est plus que décevante, et Magritte ne va plus bouger de Belgique, ce qui ne l'empêchera pas de connaître un succès international.
Son œuvre est en effet beaucoup plus révolutionnaire qu'il n'y paraît : l'image n'est pas la réalité, c'est une illusion, un simulacre inutile... Voilà en tout cas le message qu'il veut faire passer dans ses toiles, sur le mode de l'ironie.
Magritte a également illustré les Nécessités de la vie de Paul Eluard et les Chants de Maldoror de Lautréamont.

Le 2 juin 2009, s'est ouvert sur la place Royale à Bruxelles, dans l'Hôtel Altenloh entièrement rénové, à deux pas de la Grand-Place et du Palais Royal, le plus grand musée consacré à Magritte au monde, le Musée Magritte Museum. (Cliquez ici pour voir le site officiel du musée).
Inauguré le 20 mai 2009, le Musée Magritte a ouvert ses portes au public le 2 juin 2009 dans un bâtiment de 2.500 m² appartenant aux Musées royaux des beaux-arts de Belgique.

Qu'est-ce que le surréalisme ?

"Le surréalisme est un mouvement artistique qui annonce son existence officielle par l'apparition du manifeste surréaliste en 1924. Le mouvement doit son nom au poète français Guillaume Apollinaire qui en 1917 utilise le terme sur-réaliste pour nommer une forme d'expression qui dépasse le réalisme. Dans son origine, le surréalisme est essentiellement littéraire : le terrain d'essai des surréalistes, avec l'écrivain et poète français André Breton comme chef de file, consiste à mener des expériences incommensurables avec la langue. Ce principe est rapidement adopté par les arts plastiques, la musique, le cinéma et la photographie. Le surréalisme se développe à Paris, alors capitale mondiale de l'art, qui exerce une forte attirance sur les artistes venus d'Europe et des Etats-Unis. Dès 1924, la Belgique est le premier pays autre que la France où naissent les premières initiatives qui mèneront à l'établissement d'une scène surréaliste. Au mois de novembre 1924, Paul Nougé, Camille Goemans et Marcel Lecomte diffusent leur série de tracts Correspondance à un nombre limité de destinataires. Quelques mois plus tard, au mois de mars 1925, Edouard Léon Théodore Mesens et René Magritte éditent l'unique numéro de la revue Œsophage.

Le surréalisme trouve son origine dans des sentiments de révolte et d'aversion à l'égard des atrocités de la Première Guerre mondiale, qui caractérisent également dada. Ceci explique entre autres le rapport entre le surréalisme et le mouvement dada: le surréalisme naît partiellement de dada, et il se développe parallèlement à celui-ci. Dada se manifeste en Belgique de façon sporadique, en décalage par rapport au mouvement dada tel qu'il se développe à Zürich, Paris ou Berlin. Autant les surréalistes que les dadaïstes préfèrent le spontané, l'inconscient et le jeu au rationnel. Pour les deux mouvements c'est le processus créatif qui prime, et non pas l'objet d'art en tant que résultat artistique. La plus grande divergence entre dada et le surréalisme est leur vision du passé: alors que la créativité du dadaïsme avait comme objectif la destruction et la rupture radicale avec le passé, le surréalisme ne propose pas de destruction mais des alternatives positives pour le passé.

Le mouvement surréaliste vise à déclencher une révolution de l'existence humaine, y compris ses aspects personnels, culturels et sociaux, en libérant chacun de la rationalité. Les ouvrages de Sigmund Freud sur la liberté d'association, l'analyse des rêves, le désir et l'inconscient sont d'une importance phare pour les surréalistes: leurs méthodes artistiques pour libérer l'imagination en sont inspirées. Max Ernst utilise le frottage et le collage, Man Ray développe les rayographes, lorsque Joan Miró et Salvador Dalí créent des images symboliques composées d'éléments disparates et inattendus. Alors que la peinture de René Magritte montre également des images oniriques, la comparaison avec l'œuvre de Miró ou de Dalí reste difficile. Magritte refuse l'utilisation du terme symbole pour qualifier les objets qui apparaissent dans sa peinture. Ce sont des objets dont l'association inappropriée provoque l'effroi : ce sont des objets bouleversants, tels que définis par son ami le poète belge Paul Nougé. Dès le début, le surréalisme français et belge se sont engagés dans des voies différentes: l'automatisme et les expériences analytiques pour les Français, l'ancrage dans une réalité pour les Belges.

La première exposition de groupe, La peinture surréaliste, se tient en 1925 à Paris. René Magritte qui en 1926 peint ses premières toiles à caractère surréaliste, ne participe pas à cette exposition, mais sera présent lors de la plupart des expositions surréalistes qui suivent. Le surréalisme se diffuse à l'étranger pour atteindre une renommée internationale grâce aux expositions qui ont lieu - entre autres - à La Louvière (1935), Londres (1936), New York (1936), Tokyo (1937) et Paris (1938). L'immigration aux Etats-Unis d'un grand nombre de surréalistes en raison de la Seconde Guerre mondiale exerce une influence importante sur l'art américain: l'œuvre de l'action painter Jackson Pollock par exemple doit ainsi être compris par les méthodes surréalistes comme le mouvement automatique.

La fin du mouvement surréaliste est un point de discussion: certains historiens d'art voient la Seconde Guerre mondiale comme la fin du surréalisme, d'autres croient que la mort d'André Breton en 1966 ou la mort de Salvador Dalí en 1989 signifient la fin du mouvement. D'autres encore remettent en question le fait que le mouvement surréaliste se soit bel et bien éteint. Ceci est également le cas en Belgique où des historiens d'art distinguent, depuis 1924 jusqu'aujourd'hui, plusieurs générations de surréalistes."

Voici quelques œuvres de Magritte :

Les vacances de Hegel - 1958 :

«Les vacances de Hegel» par René Magritte

 

La condition humaine :

Paysages 106

"La vie est comme tout tableau : pour sembler belle, elle a besoin d'être vue à distance."  Gustave Flaubert
«
Les titres des tableaux ne sont pas des explications et les tableaux ne sont pas des illustrations des titres.»[ René Magritte ]  - Écrits complets

 

Le Blanc-seing, (1965) René Magritte.

Dans ce tableau, toutes les perspectives sont des parallèles. Ce tableau paraît très réel grâce à la perspective très réussie des troncs d'arbres, des frondaisons. Par exemple, une ligne de fuite passe en diagonale par  la patte arrière droite du cheval, le pied de la femme, la tête du cheval et une branche.
Si l'on se place sur la droite du tableau, on a l'impression que le cheval sort de la forêt.
Quand on se place face au milieu du tableau, on n'a plus cette impression de voir sortir le cheval   de la forêt.
Le tableau est plus ou moins réel selon la place de l'observateur et donc des lignes de fuite qu'il aperçoit depuis cette place.
Dans ce tableau, Magritte "casse" la perspective et la réalité en faisant apparaître des arbres et le paysage en arrière plan devant le cheval, ce qui donne l'illusion que le corps du cheval est coupé.

Le "blanc seing"de Magritte est une illusion d'optique, comme nous les trouvons dans le surréalisme. D'ailleurs c'est le cas avec toutes les œuvres de Magritte. Il démontre que les images sont trompeuses (décalage entre fiction et réalité).

La temporalité narrative

Magritte, Le temps traversé (1939)

 

"La reproduction interdite (portrait d'Edward James)" 1937, René Magrittemagritte.jpg
Huile sur toile, 79 x 65,5 cm, Museum boymans-van Beuningen, Rotterdam

La Reproduction interdite (1937) montre un homme de dos regardant un miroir, qui ne reflète pas le visage de l’homme mais son dos.

La peinture n’est pas un miroir de la réalité. Peintre de la métaphysique et du surréel, Magritte a traité les évidences avec un humour corrosif, façon de saper le fondement des choses et l’esprit de sérieux. Il s’est glissé entre les choses et leur représentation, les images et les mots. Au lieu d’inventer des techniques, il a préféré aller au fond des choses, user de la peinture qui devient l’instrument d’une connaissance inséparable du mystère. « Magritte est un grand peintre, Magritte n'est pas un peintre », écrivait dès 1947 Scutenaire.

 

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Les amants (1928)

La présence de ces voiles peut signifier qu'ils s'aiment sans se voir ; ou qu'ils se connaissent déjà et n'ont donc pas besoin de se voir pour s'aimer ; ou que se voir n'est pas important pour s'aimer .
Ceci pourrait également être inspiré par le fait que le corps de la mère de Magritte, qui s'est suicidée dans les eaux de la Sambre  alors qu'il était adolescent, fut retrouvé le visage couvert d'un tel tissu.