On a vu que les ultra-riches peuvent utiliser leur fortune en créant des fondations qui portent leur nom : ainsi, ils apparaitront comme altruistes et paieront moins d'Impôt Sur la Fortune(ISF) et augmenteront leur notoriété. C'est tout bénéf. Pour payer moins d'impôt ils pourront domicilier leurs dividendes dans des "holdings familiales".

Leur religion peut aussi les encourager à accumuler, c'est un signe du Seigneur qui les aurait choisis, selon les jansénistes, avec leur doctrine de la prédestination ; les protestants pour réformer le religion catholique pensent que c'est de notre devoir de faire fructifier ce que le seigneur à mis à notre disposition mais que cette richesse ne doit  profiter qu'à nous et qu'elle doit être réinvestie. Cela expliquerait que le capitalisme se soit développer dans  les contrées plutôt protestantes. Enfin, c'est la thèse d'un sociologue fameux, Max Weber qui théorisa ce concept.
Inversement, chez les catholiques et les musulmans, la pauvreté est valorisée et il faut se garder des riches qui convoitise l'argent ; être riche serait un tabou bien français. Ce qui fait qu'on a tendance à cacher sa richesse qui est suspecte.
Alors qu'aux États -Unis ont aurait plutôt tendance à la mettre en avant tant sa grandeur mesure la grandeur de l'homme qui la possède. Le pauvre n'a eu que ce qu'il mérite, il n'a pas su faire fructifier ce que dieu à octroyer aux hommes. Le comble est atteint aujourd'hui aux États- Unis ou des prêcheurs évangélistes enseignent qu'être riche est une bénédiction et c'est un endroit où on est fier d'exhiber son bien.
Selon les catholiques, l'homme est insatiable et voudrait en avoir toujours plus ; c'est en ce sens que l'argent serait dangereux. Ainsi le livre de l'Ecclésiaste affirme : "qui aime l'argent n'est jamais rassasié d'argent". L'évangile montre un Jésus en guerre contre les possédants. Il chasse les marchands du temple et déclare qu'il "est plus difficile à un riche de rentrer dans le Royaume de Dieu qu'à un chameau de passer par le chas d'une aiguille".

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Longtemps les sociétés sous la domination de la religion chrétienne se sont méfiées des riches (cela n'a pas empêché le Vatican de s'enrichir, ce qui est dénoncé dans le livre ci-dessus)  et certaines professions ont été réservées aux  juifs, comme celle de banquier.
Les musulmans condamnent aussi le prêt à intérêts.

Ainsi le capitalisme serait l'enfant de Smith et de Calvin (ou de Luther).
Jésus a rappelé : "on n'a rien donné quand on n'a pas tout donné".
Des catholiques éminents faisant allégeance au pape allemand ("héritier du nazisme" selon le conseiller politique des présidents français, Alain Minc) qui condamne le sort réservé aux nomades en Europe et particulièrement en France, veulent moraliser le capitalisme comme les protestants, mais en protégeant les riches qui paieraient trop d'impôt et qui ferait qu'ils ne sont pas assez nombreux ou vont en Angleterre ou en Suisse, bref dans des paradis fiscaux où ils seraient plus protégés qu'en France ( Mme Bettencourt aurait songé à s'expatrier puis y a renoncé. Il est vrai qu'elle est bien protégée : elle ne déclare pas toute sa fortune au fisc et reçoit de l'État un chèque de plus de 30 million d'€, "au titre du bouclier fiscal",  elle est copine avec l'ami du ministre du budget, elle flirte avec le Président de la République, dont elle participe au financement de la campagne électorale... selon le journal Marianne).
Vive l'œcuménisme rejeté par tous les religieux radicaux.

Les champions des fondations (genre de mécénat) sont les États-Unis depuis très longtemps. Des noms me viennent à l'esprit :
- Rockfeller, le roi du pétrole a laissé sa fondation qui porte son nom
- Carnegie,  je me souviens de sa bibliothèque à Reims
- Terra qui créa un musée à Giverny pour faire connaître les impressionnistes américains qui partagèrent l'espace de Claude Monet, il créa un musée, repris depuis par le Conseil Général de l'Eure.

En France je pense à :
- la fondation d'Odon Valet, la troisième fondation de France. Il l'a doté de l'ensemble de sa fortune héritée de sa famille. Il vit à Paris dans un appartement qui lui appartient et touche sa retraite de professeur d'université ainsi que de ses droits d'auteur. Il est docteur en droit et en science des religions. Il a publié 25 livres.
Sa fondation offre des bourses aux étudiants méritants et nécessiteux du monde entier.
Il possédait plus que Tapie après avoir empoché son pactole du Crédit Lyonnais, il aurait pu s'acheter un château. Il n'en voulait pas.
Il voulait que sa fortune soit utile à ceux qui en avaient le plus besoin. Il transmis le goût d'apprendre en distribuant une centaine de bourse aux étudiants des écoles d'art et une autre partie de sa fortune à l'étranger ; puis il créa cette fondation pour distribuer utilement ces bourses jusqu'à épuisement du fonds.
Il est sans pitié avec les redoublants auxquels les bourses ne sont pas renouvelées. Il ne veut pas s'apitoyer, c'est dégradant pour les deux. II ne veut pas apparaître comme un symbole de vertu mais simplement comme un chrétien cohérent qu'il est et qui veut rentrer dans le royaume de dieu comme un pauvre, membre de la classe moyenne.
En France on pense à la fondation de l'héritière de l'Oréal, qui est actuellement à la une des journaux, elle, si discrète, la fondation Bettencourt-schueller (Schuller est le nom de son père qui fit prospérer l'Oréal) qui est la première fondation de France depuis un don de plus de 552 millions de francs (une peccadille), alors que l'ensemble des Français n'a donné que 1,7 milliard aux organisations caritatives de toutes sortes. Les particuliers dont Mme Bettencourt bénéficie d'une réduction fiscale de 66%, dans la limite de 20% du revenu quand elles font des dons à des oeuvres d'utilité publique.
En l'occurrence l'abattement dont elle a bénéficié était de 57 millions
Avec sa fondation, Mme Bettencourt sponsorise la culture, les documentaires écologiques .., par exemple les derniers films de Jacques Perrin et celui de Nicolas Hulot, le syndrome du Titanic. Elles fait d'importants dons aux défavorisés qui n'ont pas comme elle la chance de pouvoir se payer une île aux Seychelles. Elle finance des programmes d'insertion et de recherche médicale et apporte son soutien  à des associations de lutte contre l"illettrisme contre le sida.
Il n'y a décidément pas assez de riches et trop de pauvres. Mais il faut que ces riches paient peu d'impôts. Ce qu'ils font avec  bonne conscience. Ainsi Mme Bettencourt qui perçoit 280 millions de dividendes de la part de l'Oréal ne paie que 40 millions d'impôt (tous impôts compris). Elle paie peu d'impôt parce que les fiscalistes lui ont conseillé de créer une holding familial", la société Téthys qui reçoit l'ensemble des dividendes de l'Oréal. Cette société bénéficie de nombreux abattements (des niches fiscales à côté d'autres parfaitement légales ; seront-elles rabotées?). Elle n'avait pas besoin du bouclier fiscal, ni de dissimuler des comptes en Suisse, ni de sous-estimer le prix de ses propriétés. 

Ces Ultrariches vivent en général sur un grand pied et consomment sans compter et s'achètent une bonne conscience avec des fondations qui leur permettent de placer utilement leur surplus. Ils n'aiment guère l'Etat qui a trop tendance à redistribuer aux pauvres et à vouloir lutter contre les inégalités. Eux seuls savent comment utiliser leur argent, ils n'ont pas besoin de le confier à un État tout démocratique qu'il se prétendre.
Ainsi il existe des fondations qui financent les écoles privées y compris confessionnelle, le budget de l'État finançant l'École publique (c'est-à-dire l'Education Nationale, censée effectivement réduire les inégalités). Cette école est aujourd'hui, démantelée en douce (on ne peut encore apparaitre pour les inégalités quand on est un homme politique,) mais de manière cohérente. Les mesures qui sont prises actuellement relève d'une idéologie de droite décomplexée : suppression de 16 000 postes d'enseignants, classes surchargées à certains endroits, réseaux d'aide aux élèves en difficulté supprimés (suppression des RAZED), accélération des constitutions de ghettos avec la fin de la carte scolaire, suppression de la formation des maitre nouvellement recrutés, loi Carle de financement de l'enseignement privé par les municipalités...la liste exhaustive serait fastidieuse. Ce n'est rien à côté de qu'on prépare.Pour préparer ce désengagement de l'Etat, le le ministère est passé par Bayrou (Ex: prof.de lettres classiques) à Darcos (ex: Inspecteur général de l'Education nationale), puis à Châtel (ex: DRH d'entreprise) qui n'a que faire des humanités dans son entreprise France comme son big boss (Sarkozy) qui se plaignait qu'on ait donné un texte de la Princesse  de Clèves à un concours d'infirmière.

Sarkozy a du toupet quand il proclame à la France entière devant un journaliste qui n'exerce pas son droit de suite :"la France est le pays où l'on taxe le plus les contribuables aisés".

Aux USA, Bill Gates (le créateur de Microsoft) et Warren Buffett (respectivement la 2ème et la 3ème fortune du monde -le premier est un mexicain) consacrent déjà la moitié de leur fortune à des œuvres caritatives et incitent les autres riches à en faire autant, dans un article publié dans Fortune.
Bill Gates dirige la Fondation qui porte son nom, "Bill et Melinda Gates" et eux deux, le mari et la femme sont déjà très impliqués dans ces œuvres philantopiques.
Un philosophe français décrypte cette philanthropie en soulignant son égocentrisme, "il jette par dessus bord un peu de son or pour alléger sa conscience".
"L'indécence est partout. Elle est dans l'inégalité sur l'égalité, dans l'intelligence sur la bêtise, dans la richesse sur la pauvreté, dans la force sur la fébrilité, dans la beauté sur la laideur".
"si l'argent faisait le bonheur ça se saurait et l'on n'aurait pas autant de névrosés chez les riches qui ignorent que le problème et moins l'avoir que l'être. Il y a une véritable malédiction à l'hyper-richesse : elle condamne à vivre avec des parasites, des pique-assiettes, des hypocrites, des flagorneurs, des flatteurs, des courtisans, des adulateurs...".
"les riches ont la possibilité immédiate de devenir pauvres en le choisissant s'ils le désirent, ce qui n'est pas le cas des pauvres qui n'ont pas le choix.
Ainsi Odon Vallet transmet son héritage pour atteindre la vraie liberté qui est de ne pas être esclave de l'argent qu'on accumule.
Mais la plupart es propriétaires de fondations agissent pour leur compte et non pour la collectivité.