On nomme aussi les néo-impressionnistes, les divisionnistes ou les pointillistes ; ils emploient des couleurs pures peintes directement sur la toile et forment des petites touches contigües. Le spectateur placé à distance du tableau opère alors "un mélange optique", voit les couleurs complémentaires atténuées. Ainsi un jaune posé près d'un rouge, se violasse légèrement.
C'est une technique de peinture utilisé par des peintres issus de l'impressionnisme. Cette technique est née en France sous l'impulsion de Seurat notamment puis de Paul Signac.

Ceci est le premier tableau de Seurat, peint de cette manière :

Fichier:Baigneurs a Asnieres.jpg

Georges Seurat (1859-1891) "Une baignade à Asnières" - 1887

Puis Signac en 1892 reprend cette technique et devient le nouveau leader de ce mouvement européen. la technique évolue un peu, les points deviennent plus gros :

Fichier:Signac - La Calanque edit.jpg

Paul Signac "les Calanques" - 1906

 

- Pissarro, période pointilliste :

Vers les années 1884 -1885, il fait la rencontre de Signac et de Seurat qui l'initient à leurs nouvelles méthodes pointilliste, sans pour autant adhérer totalement à leur approche par trop systématique.

    Pissarro travaille dans ce style durant quelques années mais sans que ses toiles trouvent  d'acquéreur

    Soucieux avant tout de retranscrire la poésie de la nature, Pissarro en revient après ces expériences à une peinture exaltant la beauté de la lumière.

camille_pissarro_-_chemin_de_fer.jpg

"Voie de chemin de fer vers Dieppe" - Camille Pissarro -1886

- Maximilien Luce :
Il a répondu à l'invitation de son ami Signac. Il appartient au même mouvement pictural que lui. Arrivé dans le sud, il découvre Saint-Tropez, sa lumière, sa nonchalance.
Il se revendique de l'anarchisme comme Rivarol, guillotiné pour plusieurs meurtres, l'année où Luce arrive à Saint-Tropez. Luce semble ignoré cet événement et peint la vie tranquille de Saint-Tropez et ses pêcheurs du vieux bassin. Il réalise un tableau que vous pourrez voir sur cette vidéo.

Ce tableau est exposé, à l'occasion de la rétrospective consacré à Maximilien Luce, au musée des Impressionnistes de Giverny jusqu'au 31 octobre. Renseignements sur le site : www.mdig,fr .

http://www.ouest-france.fr/photos/2008/10/12/P862172D721170G_apx_470_.jpg

Maximilien Luce -" Le vieux Bassin de Saint-Tropez"

Au premier plan un voilier que les marins appellent une tartane. Ses voiles blanches sont hissées et animent ce Vieux Bassin où se promènent beaucoup de badauds. Dans ce tableau se mêlent les lignes obliques des quais et celles des façades aux lignes verticales du mat ou du clocher.
L'ombre  des personnages et des façades est violette (celles noyées de  soleil sont dorées). L'eau du port miroite et frissonne. Le marin au tout premier plan nous regarde comme pour nous inviter a pénétré dans ce tableau.
Les stores des boutiques sont colorés et ressemblent à ceux d'aujourd'hui.

Ce port va attirer de nombreux peintres : Matisse, Bonnard, Marquet, Dufy, Picabia, Pégurier...

Fichier:Paul Signac Port de Saint-Tropez.jpg

Paul Signac "Port de Saint-Tropez"

A côté des adeptes du pointillisme, Signac s’intéresse à toutes les recherches novatrices et accueille leurs auteurs avec bienveillance et les encourage. Ainsi, il prête la villa La Cigale, en contre-bas de La Hune à Henri Matisse, durant l’été 1904. Ce séjour a une importance capitale pour histoire de l’Art. Matisse confronte sa démarche et son travail sur la couleur, aux théories de Seurat dont Signac est le fidèle défenseur. Il semble qu’il soit particulièrement impressionné par les œuvres de Cross dont la palette chatoyante transpose les paysages du Midi avec un lyrisme éloigné de la vérité chromatique. Matisse peint alors plusieurs toiles : Madame Matisse en kimono (Boston), une vue de Saint-Tropez, une autre de la Place des Lices (Copenhague). Il brosse sur la plage des Canebiers, des esquisses qu’il va utiliser pour peintre le célèbre Luxe, Calme et Volupté. De jeunes créateurs y découvrent une nouvelle manière et une nouvelle nécessité de peindre, tel Raoul Dufy. Durant ce même été 1905, ce sont les « fauves » qui retiennent particulièrement l’attention ; Albert Marquet et Charles Camoin, qui ont entrepris un périple entre Cassis et Menton, s’arrêtent longuement à Saint-Tropez.

 

Né à Paris le 13 mars 1858, Maximilien Luce travaille d'abord comme apprenti .
Il a 13 ans lorsque le peuple parisien s’insurge lors des journées de la Commune de Paris.
Il gardera toujours le souvenir de cette période avec un engagement personnel auprès de ses amis anciens communards. Fils d'ouvrier, il aspirera toujours à un idéal égalitaire, en mettant en scène dans son œuvre les ouvriers les plus humbles ceux des chantiers et des aciéries, mais aussi les petits métiers, le rémouleur, les batteurs de pieux, les cireurs de planchers.

Maximilien LUCE

Luce - "Paysage à Saint-Tropez" - 1892