Gustave Courbet :
né à Ornans, Doubs, le 10 juin 1819 et décédé à La Tour-de-Peilz, près de Vevey
en Suisse, le 31 décembre 1877. Peintre français, chef de l’école « réaliste » et l’un des précurseurs de l’art moderne, il fut aussi un ardent socialiste, disciple de Proudhon. Membre de la Commune de Paris en 1871, il dirigea la démolition de la colonne Vendôme, symbole du bonapartisme ; mais il appartint à la minorité du Conseil de la Commune, s’opposa à la création d’un Comité de salut public et se désolidarisa des violences finales des communards. Après l’insurrection, il fut condamné à six mois de prison, enfermé à Sainte-Pélagie de juin 1871 à mars 1872, et au paiement des frais de restauration de la colonne Vendôme (plus de 300 000 francs-or). Pour échapper à la ruine, il se réfugia en Suisse en juillet 1873. Il avait atteint un art réaliste et naturaliste dans un style vigoureux.

Courbet ou l'invention du réel

Courbet fut un peintre  réaliste du 19è (il  sera réaliste à partir de 1849), dont le parcours est allé du romantisme au pré-impressionnisme ; Courbet se libère des salons officiels et décide de faire sa propre carrière en peignant pour des acheteurs privés et il refusera les commandes de l'État . Ce fut un peintre engagé qui fréquenta, franc-comtois comme lui, Proudhon. Il apparait souvent grossier et force le trait et amplifie son accent franc-comtois qui effraie les parisiens qu'il est amené à fréquenter.

EN 1848, il ne participe pas aux évènements qui aboutiront à la 2ème République, mais les massacres de cette époque le font sortir de son indifférence. Il deviendra rapidement et définitivement un disciple de Proudhon qu'il fréquente beaucoup.
Cet engagement le mènera jusqu'à la Commune.
Ce tournant réaliste se révèle déjà dans des peintures peintes à Ornans (sa ville natale du Jura dans laquelle il revient se ressourcer périodiquement) tel dans l'après- dînée à Ornans qui précède l'enterrement.

L'après-dînée à Ornans - Gustave Courbet

L'après-diner à Ornans

Il peint avec une grande vérité ses familiers du lieu. Le mouvement réaliste est lancé en opposition avec le Romantisme.
Ce peintre est aussi un politique qui organisera ces "travailleurs" dans une fédération voulant refléter la réalité sociale.

Portait de1853 représentant Proudhon, de son compatriote franc-comtois Gustave Courbet

Proudhon avait fréquenté Courbet pendant la  Révolution de 1848.
Sur ce portrait Proudhon porte une blouse d'artisan, signe d'appartenance à la classe laborieuse mais il est également entouré de livres, signe de sa qualité d'intellectuel.
Il est aussi entouré de ses enfants, absorbés par le jeu.
Proudhon, l'inspirateur des anarchistes est loin d'être féministe, il rejette l'émancipation des femmes qu'il considère comme inférieures sur tous les plans, lui qui veut l'égalité dans la société, ne l'appelle pas de ses vœux dans la famille qu'il veut très hiérarchisée et la laisse en dehors de sa critique sur l'autorité et reste soumis au préjugé de don temps.

Proudhon fut le Grand rival de Karl Marx. Souvent qualifié de socialiste utopique face au socialiste scientifique.
Il est souvent réduit à la formule qui révèlerait son caractère anarchiste : "La propriété, c'est le vol.", alors qu'il voyait dans l'anarchisme un ordre sans propriété de l'État. Proudhon a été en lutte contre toutes formes d'autorité et a défendu un modèle de société libertaire.
Proudhon préconisa des modèles politiques alternatifs, la coopérative, le fédéralisme, il fut le précurseur de l'économie solidaire et du crédit à taux zéro pour financer des projets économiques.
Il préconisait la propriété, principe indispensable à la liberté quand cette propriété s'appuyait sur le travail alors qu'au 19è, elle était très inégalitaire et a justifié l'exploitation, parce qu'accumulée dans les mains d'une minorité. Les ouvriers sont dépossédés par les propriétaires, des richesses produites par leur travail en commun. La plus-value collective devrait revenir aux ouvriers. Les propriétaires du capital qui s'arrogent cette propriété, commettent un vol.
La propriété doit permettre la juste disposition de son travail. Proudhon intègre à son projet les règles du marché, la liberté du travail et la concurrence considérée comme une force motrice de la société.

Il voyait dans la démocratie, un moyen de renforcer l'État et l'illusion que la majorité reflété la volonté générale.
Après la victoire électorale de Napoléon III, il constate que le suffrage universel est contre-révolutionnaire. Voter ne doit  porter au pouvoir un gouvernement nécessairement liberticide. Pourtant Proudhon sera élu parlementaire en 1848 mais avec le souci de ne pas participer au pouvoir et de défendre les classes laborieuses absentes du Parlement.

1865 Portrait de Mme Proudhon par Courbet et de Pierre Joseph Proudhon

File:Madame Proudhon- Courbet.jpg[Courbet - Pierre Joseph Proudhon]

Portrait de la mère de Courbet

Portrait de Proudhon par Courbet

Courbet et la commune de Paris :

Titre : Autoportrait en buste de profil à la pipe
Description :
Auteur : Courbet Gustave Année création : 1871

Gustave Courbet (1819-1877) - Autoportrait1871 au musée d'Orsay

Cet autoportrait est l'un des rares souvenirs directs que Courbet a laissé des événements liés à la Commune et à son écrasement. Ce fusain fut exécuté juste avant l'arrestation de l'artiste, le 7 juin 1871.
Autre communard peint par Courbet :

Fichier:Jules Vallès.jpg

Portrait de Jules Vallès par Courbet

Courbet emprisonné à Sainte - Pélagie :

Portrait de l'artiste à Sainte-Pélagie.

Accusé d'avoir activement participé à la Commune, d'avoir usurpé des fonctions publiques en tant qu'élu au Conseil de la Commune (16 avril 1871) et de s'être rendu complice de la destruction de la colonne Vendôme, votée le 12 avril et renversée le 8 mai, Gustave Courbet (1819-1877) est arrêté le 7 juin 1871. Son procès devant le troisième Conseil de guerre commence le 7 août suivant. Après deux mois d'audiences, le jugement est prononcé le 2 septembre : le peintre est condamné à six mois de prison et 500 francs d'amende.

Après la répression qui suivit la Commune, peintre vieillissant, il s'exilera en Suisse ( non pas à Statt, mais à La tour-de-Peilz). Là malgré un bon accueil, il sera en proie à l'alcoolisme, l'obésité et la maladie. Il recevra encore la visite de quelques communards exilés, mais il n'a plus Ornans, où résident ses amis, sa famille et ses sœurs.

gustave courbet a puisé son inspiration auprès de ses sœurs. en grandissant

Les Trois sœurs de Courbet

Le réalisme de Courbet et son inspiration.

Les cribleuses de blé.

Les cribleuses de blé

A Ornans durant l’hiver 1853-1854, Courbet immortalise une scène de la vie paysanne, dont il a choisi les modèles parmi les membres de sa famille. Au centre, sa sœur Zoé crible le blé au moyen d’un grand van ; assise en retrait, Juliette, seconde sœur du peintre, sépare manuellement les grains de la paille ; à droite enfin, un jeune garçon identifié comme son fils naturel examine le mécanisme du tarare, appareil à cribler par ventilation.

Voir l'article de Larousse.fr pour en savoir plus sur Courbet.