Les banquiers et leurs profits exorbitants nous rappellent sans cesse que nos gouvernants n'ont pas moralisé le capitalisme. C'était avouer enfin qu'il était immoral.
Mais est-il moralisable ?
C'était l'aspect bénéfique de la crise. Les usines n'ayant plus de commandes fermaient et licenciaient de nombreux salariés, même ceux qui s'étant sacrifiés, croyaient être épargnés.(N'est-ce pas les Conti ?)
Non,  décidément la crise n'a rien changé. Elle est d'ailleurs finie, elle est  derrière nous. On peut faire comme avant, même mieux. Ah oui, on avait promis de retrouver la croissance et des emplois verts à la pelle. La croissance, on révise nos chiffres à la hausse; eh faut pas oublié qu'on a un budget de l'État en déficit. Ça a été notre choix pour donner du revenu aux travailleurs. C'est normal  notre gouvernement est celui du pouvoir d'achat.
C'est oublier que l'on prévoit 600 000 personnes sans revenu en 2010, même pas les ASS ou le RSA ! Les travailleurs pauvres et sales sont de retour. Les gueules noires (ne concerne que les mineurs qui en tirent fierté) on  les appelait à l'époque où ils étaient nombreux. Maintenant les ouvriers (Lavilliers appelle ceux de la sidérurgie "les mains noires") sont 10 % de la population active et les riches sont encore plus riches et la classe moyenne, même si elle souffre en silence est encore pléthorique.

Alors tout va pour le mieux, rien ne changera. Après on s'étonnera que nos enfants ne rêvent plus à l'école qui leur ouvrait au moins la porte de l'ascenseur social. Aujourd'hui rien n'est moins sûr, même si le diplôme constitue toujours un sésame sur le marché du travail.
De quoi souffre notre société ?
De ses institutions héritées du 19ème siècle, où tout progrès perceptible était arraché par une classe ouvrière grandissante ; si croissante qu'on lui prédisait un destin florissant ; même au 20ème siècle le parti de la classe ouvrière  a fait plus de 20% des voix aux élections nationales. Maintenant, il fait un peu moins. Le parti socialiste ne sait plus où il habite. Il se crée plein de partis (parfois se sont des anciens ou des bouts d'anciens recyclés, le NPA,le Parti de Gauche, Europe Écologie mais alors qu'est-ce qu'on fait des verts au moment où ses thèses triomphent, le MODEM qui ne sait pas plus où il habite). Seul l'UMP semble résister, même si Frédéric Lefèbvre (un des porte-paroles de la majorité) a admis un  recul mais dû à la mortalité de ceux qui adhèrent aux idées du Parti, c'est dire si elles aussi sont vieillottes surtout lorsqu'elles sont inspirées par le parti J.M. Le Pen qui est encore vert malgré  tout, bien qu'il soit le non-écologiste de la bande.
Bref, on est actuellement dans une société où l'individu est enfin reconnu (grâce à mai 68 ?) mais dans une société où paradoxalement l'humain a disparu.

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Après la victoire de la notion de progrès éternel qui allait nous libérer, on produit plus en moins de temps, on n'a pas plus de temps libre pour ça. Nous assistons à l'hégémonie de la technique dans la plupart des domaines. Nous produisons des machines, des outils, des objets qui doivent nous rendre la vie plus facile. Nous avons tout aujourd'hui mais nous ne connaissons plus notre quartier, notre voisin, notre cousin, notre instituteur...
AU XIXème on a assisté à l'industrialisation des villes, même si la société Française est restée très longtemps rurale. Le décollage industriel du pays à commencer en retard par rapport aux pays voisins . En 1830, la société française est encore profondément rurale, plus de 80% de la population est rurale. Certes les paysans ont choisi la république et celle-ci a choisi la paysannerie qui lui permet d'occuper tout le territoire, même si cette paysannerie est foncièrement conservatrice et méfiante dans la nouveauté. En 1914, elle représente encore 60% de la population mais seulement 40% du PIB. La société est dominée par le clergé qui imprime sa marque jusque dans les fêtes où on honore le Saint Patron du lieu. On parle encore de fête patronale sans savoir pourquoi dans cette France libérée de la religion ( 1905 avait un peu de mal à être digéré.).
Ce carcan local ("ma parcelle, ma ferme, mon village, ma commune, son monument aux morts, son église")  va se briser.
La banque (que fréquente la femme de l'agriculteur cantonnée à la comptabilité de l'exploitation et à l'éducation des enfants), dans les années 1960, va permettre à l'agriculteur de se moderniser ou... de mourir.  Très vite l'agriculteur va se mécaniser,  adopter les pesticides et les engrais pour booster ses rendements et rembourser ses prêts .
Entre 1960 et 70 on a assisté à la mutation des campagnes qui passent en peu de temps  de l'autarcie séculaire à l'économie de marché et aux subventions de Bruxelles et de la politique de la PAC (Politique Agricole Commune).

Le 19ème est aussi l'époque où Pasteur découvre le microbe et le vaccin contre les  maladies microbiennes. La médecine progresse. On soigne mieux les maladies et l'espérance de vie ne fait qu'augmenter; encore aujourd'hui nous venons d'apprendre que l'espérance de vie a gagné deux mois pour les hommes et idem pour les femmes qui restent en tête bien entendu, avec une espérance de vivre en moyenne jusqu'à 84,5 ans (77,8 ans pour les hommes), souvent mal, enfermées dans une maison de retraite jusqu'à la mort, seules dans leur lit d'hôpital, assommées de morphine.
Progrès de la médecine, en oubliant qu'en amont il y a l'hygiène qui empêche les microbes de proliférer. On oublie que bien souvent, que la médecine ne sert qu'à réparer, qu'à soulager l'homme dont le destin est inéluctable, quel que soit les progrès de la médecine. "Il parait que l'on a trouvé le gène du vieillissement". Réflexion d'un vieux qui s'inscrit dans la valorisation actuelle du jeunisme et le refus de la vieillesse.

               Personnes âgées - seniors 

10% des malades admis à l'hôpital le sont parce qu'ils sont atteints de maladies provoqués par les effets secondaires des médicaments, et en plus ce type de patients risquent  d'attraper à hôpital des maladies nosocomiales ou d'être maltraités par du personnel hospitalier débordé. Jospin, l'ancien Premier Ministre d'Aubry , la dame des 35 Heures incriminées par son adversaire au sein du PS, Ségolène Royal, aurait reconnu que les 35 heures avaient désorganisé l'hôpital.

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L'hôpital est le temple des mandarins mondains de la médecine. Il n'est pas rare d'apercevoir un médecin suivi de sa cohorte d'étudiants. Il n'est pas rare qu'on se fasse tâter le corps sans que l'on vous adressât la parole au préalable. Après tout le patient est une illustration pour les étudiants qui reproduiront plus tard le même schéma ."Regarder le gros nerf" dit le médecin, en tâtant son bras chétif.
Cette histoire vraie "de nerf",  me fut raconter par Denis qui, du fait de sa maladie rare, fréquentait beaucoup ces endroits. Denis ne voulait pas incriminer ces médecins, il avait intériorisé sa place de patient mis entre les mains expertes de celui qui sait comment il faut soigner.

Le médecin n'avait pas en face de lui des patients qui avait appris à devenir des individus pensant, s'attendant à ce que ce médecin salue celui qu'il va tâter. Peut-être Denis n'est pas devenu un individu-patient qui se raccroche à des groupes de plus en plus variés qui deviennent autant d'obédiences qui fixent leurs propres règles. En tout cas, l'homme ne veut plus être réduit à un amas de chair, à une machine qui dysfonctionnerait.
La médecine est une profession libérale qui s'organise comme elle veut et que tout gouvernement ne doit pas oublier(N'est-ce pas Roselyne ?).
A-t-elle conscience des changements qui doivent s'opérer face à cet individu nouveau.
Le marché reste roi même s'il est quelque peu aménagé. Ce n'est pas en traitant le patient comme un client que les choses s'amélioreront.

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A l'hôpital la médecine à l'acte fera que les actes techniques seront toujours pris en compte au détriment de la parole considérée comme non productive. Or, c'est d'humain dont le patient a besoin, d'une parole qui soulage au même titre que le placébo.

En cherchant des images pour ceux qui ne veulent pas lire et pour les autres,je suis tombé(même pas mal) sur le site de Matin Wincler que je vous invite à visiter si  vous êtes intéressés par ces questions de réforme de la santé ou si vous voulez éviter que le trou de la sécurité sociale ne servent de prétexte  à notre gouvernement pour démanteler notre système de santé.

Alors, si vous souhaitez visiter ce site , cliquez ici.