Notre vie n'est pas complétement comme un fleuve. Nul ne s'y baigne plusieurs fois. Tous vont à la mer . Ils suivent leur pente. Il faut suivre la sienne. Longue descente alors qu'il grossit grâce aux affluents, grâce au ruissellements... grâce à l'apport des autres, qui croisent notre route, par hasard.
Nous, nous pouvons bifurquer, nous avons le choix entre plusieurs routes à des moments cruciaux :
- au moment du choix des études supérieures, devenus grands, majeurs aux yeux de la loi. On peut faire comme les autres, si on ne connaît pas sa pente.  On devrait écouter davantage le philosophe, "connait toi toi-même", ou le cours de philo de terminales (fin de l'adolescence, qui nous surprend, tant jusqu'ici, on était surprotégé par sa famille, par la société toute entière qui nous infantilisaient ; alors on suit ses amis ou non, sans les trahir, sans trahir sa pente protectrice (qu'il est doux d'être protégé des ogres jamais rassasiés ! ).
- au moment de l'entrée dans la vie active, la vraie vie, comme si on n'était pas actif quand on étudiait. Il est vrai que maintenant on va nous payer pour assister au cours. On deviendra de vrais actifs, ceux de l'Economie générale.
En réalité ces 2 moments sont 2 choses distinctes, en tout cas qu'il faut, à mon avis bien distinguer :
-  Etudier, c'est apprendre à devenir autonomes, à s'affranchir des contraintes qui nous étouffent, apprendre à être nous-mêmes, à nous connaître, savoir qui on est, quelle vie on veut vraiment ; bref, faire ses humanités, devenir un hominidé, un homo sapiens qui se distinguent des choses inanimées, des animaux fidèles et domestiqués. La formation dite generale est évidemment indispensable (pas de formation, même professionnelle sans formetion générale).
- l'entrée dans la vie active, est une entrée dans la vie professionnelle où nous subirons pleins d'injonctions contradictoites : "Obéir à la hiérarchie, aux petits chefs que les grands souhaitent le moins nombreux possible pour accroitre le productivité, c'est à dire l'argent qu'ils vont mettre dans leurs poches, obéir et être autonome en même temps ! Faire comme si on pouvait incorporer en même temps cette obéissance et cette autonomie, pour atteindre une productivité maximum.
Mais entrer dans la vie active c'est aussi avoir des revenus, pour lesquels on est prêt à accepter n'importe quoi. Avoir des revenus, n'est-ce pas devenir autonome ? C'est obtenir u ne autonomie financière qui est nécessaire mais heureusement pas suffisante pour sortir de l'esclavage dans lequel on risque de se complaire, et où on risque de nous enfermer, même implicitement.